Une nouvelle Équipe « sème de l’espoir » auprès des personnes souffrant de douleur chronique

Le kinésiologue Philippe Briand (à gauche) et le physiothérapeute Muneeb Khan, tous deux membres de l’Équipe de la nouvelle Clinique de douleur chronique au CLSC de Parc-Extension.
Le kinésiologue Philippe Briand (à gauche) et le physiothérapeute Muneeb Khan, tous deux membres de l’Équipe de la nouvelle Clinique de douleur chronique au CLSC de Parc-Extension.

Afia Akter a peine à se souvenir d’une période de sa vie sans douleur. Des élancements la réveillaient la nuit et l’accompagnaient le jour, l’empêchant de travailler, de porter ses sacs d’épicerie ou simplement de profiter des petits plaisirs de la vie quotidienne.  

Pourtant, récemment, cette femme âgée de 57 ans se trouvait au CLSC de Parc-Extension avec des balles d’exercice dans ses mains et le sourire aux lèvres, pleine d’espoir d’être sur la voie d’un avenir en meilleure santé.  

Le physiothérapeute Muneeb Khan (à droite) aide Afia Akter à la Clinique de douleur chronique pendant un exercice visant à améliorer son équilibre.
Le physiothérapeute Muneeb Khan (à droite) aide Afia Akter à la Clinique de douleur chronique pendant un exercice visant à améliorer son équilibre.

« Tout mon corps est douloureux », explique Madame Akter pendant une pause dans sa séance de thérapie. « Mais, depuis que je viens ici et que je fais des exercices, je me sens mieux. Et ça me plaît. »

Madame Akter est une patiente de la Clinique de douleur chronique à Parc-Extension, une nouvelle offre de service dotée d’un physiothérapeute, d’un kinésiologue et d’un(e) infirmier(ère) clinicien(ne) qui serait la seule clinique de douleur chronique située dans un CLSC à Montréal.

Relevant de la Direction des services de première ligne, la Clinique vient en aide aux personnes nouvellement arrivées, aux personnes à faibles revenus et à d’autres usagers vulnérables qui ont difficilement accès à la kinésithérapie privée et à d’autres services.

L’objectif de l’Équipe n’est pas de « guérir » la douleur de ces personnes, mais plutôt de leur offrir des manières de la gérer.  

« Plusieurs personnes souffrent en silence », note Boramey Pech, cheffe d’administration de programme, Maladies chroniques, auprès de Santé Québec Centre-Ouest-de-l’île-de-Montréal — Universitaire. « Nous leur disons : “la douleur n’est pas une fin en soi pour vous, nous allons vous montrer comment vivre avec elle.” »

« Nous donnons de l’espoir aux gens. »

Boramey Pech, cheffe d’administration de programme, Maladies chroniques
Afia Akter, qui est en compagnie du physiothérapeute Muneeb Khan, tient des balles d’exercice pendant une séance de thérapie.
Afia Akter, qui est en compagnie du physiothérapeute Muneeb Khan, tient des balles d’exercice pendant une séance de thérapie.

La douleur chronique est définie comme une douleur qui dure plus de trois mois, et pour certaines personnes, comme Madame Akter, elle peut persister pendant des années. Après avoir immigré du Bangladesh, en 2008, elle a travaillé dans une usine de vêtements, debout pendant sept heures à alimenter une machine à thermocoller. Des douleurs articulaires et musculaires l’ont contrainte à quitter son emploi, et depuis elle est incapable de travailler.  

Madame Akter a été orientée par son médecin de famille vers la Clinique de la douleur, où elle a été accueillie dans une salle de thérapie équipée d’un vélo stationnaire, d’un tapis roulant, de différents haltères et d’autres appareils. Dernièrement, lors d’une séance, Monsieur Khan a guidé Madame Akter pendant des exercices pratiques visant à l’aider à retrouver une capacité fonctionnelle pour les tâches quotidiennes. Elle s’est entraînée à saisir une barre pour renforcer sa capacité à tenir des objets comme un couteau de cuisine, et s’est tenue debout sur un coussin de mousse devant un miroir pour améliorer son équilibre, ce qui lui permettra de se tenir debout devant un comptoir ou de sortir.   

« Nous voulons aider les personnes à vivre leur vie quotidienne et à faire les choses qu’elles aiment et qui ont du sens pour elles », dit Monsieur Khan.

En raison de son caractère invalidant, la douleur chronique peut mener à la dépression, à l’isolement et susciter de l’anxiété. L’Équipe du CLSC encourage les patient(e)s à adopter de bonnes habitudes, qu’il s’agisse de marcher ou de monter des escaliers, ce qui peut avoir une incidence significative sur la qualité de leur vie et leur bien-être émotionnel.

« Certaines personnes peuvent développer une peur du mouvement », révèle Monsieur Briand. L’équipe s’efforce de décomposer les actions en mouvements simples, afin de les aider à surmonter cette peur et à prendre confiance en elles.   

« J’aime faire bouger les gens, parce que cela apporte d’énormes bienfaits. Les patient(e)s constatent les effets positifs sur leur santé, et c’est gratifiant pour nous. »

Philippe Briand, kinésiologue.

Après avoir aidé un(e) patient(e) à faire de l’exercice sur un vélo stationnaire, Monsieur Briand ajoute : « Nous essayons de créer une ambiance conviviale pour que ces personnes prennent plaisir à bouger, et que cela puisse se transposer dans leur vie quotidienne. »

La nouvelle Clinique, qui a ouvert ses portes en janvier, répond à un besoin croissant : environ un(e) Canadien(ne) sur cinq souffre de douleurs chroniques. En tant que service de première ligne, elle complète les soins plus spécialisés offerts au site Constance-Lethbridge de notre Établissement du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal — Universitaire, qui prend en charge les cas de douleur plus complexes. Ensemble, ces deux sites renforcent les soins offerts aux personnes souffrant de douleurs, conformément aux recommandations du plan d’action en douleur chronique du Québec.

La Clinique de Parc-Extension donne un accès plus rapide et plus simple aux usagers, réduisant ainsi la pression sur les Départements de médecine d’urgence et les autres services de santé, affirme Bernadette Thibaudeau, coordonnatrice, Maladies chroniques auprès de Santé Québec Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal — Universitaire.

« Elle comble une lacune », souligne Madame Thibaudeau.

« Dans bien des cas, les personnes n’ont pas besoin d’un hôpital, mais d’un service communautaire. »

Bernadette Thibaudeau, coordonnatrice, Maladies chroniques.

Et, les patient(e)s bénéficient d’une équipe passionnée par son travail, ajoute Madame Pech.

« Ce ne sont pas des faiseur(euse)s de miracles, qui vont éliminer votre douleur. Mais ces personnes peuvent vous donner un peu d’espoir », dit-elle. « Les gens voient qu’il y a une lumière au bout du tunnel. »