Une infirmière à l’HGJ fait don de ses cellules souches pour aider à sauver la vie d’un inconnu

Emélie Elkrief, une infirmière clinicienne au sein de l’Unité de soins intensifs néonatals à l’HGJ, pendant le don de ses cellules souches en vue d’une greffe à un patient atteint de cancer
Emélie Elkrief, une infirmière clinicienne au sein de l’Unité de soins intensifs néonatals à l’HGJ, pendant le don de ses cellules souches en vue d’une greffe à un patient atteint de cancer

Un don « héroïque » pour un patient atteint de cancer

Fin décembre, Emélie Elkrief a parcouru des milliers de kilomètres en avion pour faire un don qui pouvait sauver la vie d’un parfait inconnu.  

Infirmière clinicienne au sein de l’Unité de soins intensifs néonatals de l’Hôpital général juif, Madame Elkrief s’est rendue aux États-Unis pour faire don de ses cellules souches à un patient atteint de leucémie. Bien qu’elle ne sache presque rien du donataire, la possibilité de prolonger la vie d’une personne était une raison suffisante pour qu’elle agisse.  

« Pour moi, la décision a été facile », dit-elle. « Si je peux aider une personne à se rétablir, je vais le faire ».

Maintenant, Madame Elkrief espère que son geste incitera d’autres personnes à envisager eux aussi de faire don de leurs cellules souches

Le parcours qui a conduit Madame Elkrief à faire ce don a commencé à Montréal, il y a quatre ans. Déjà infirmière à l’HGJ à cette époque, Madame Elkrief a répondu à un appel lancé dans les médias sociaux demandant de fournir un prélèvement de ses cellules souches pour aider une fillette atteinte de cancer. Madame Elkrief a effectué un frottis de sa paroi buccale et n’a plus entendu parler de rien.  

Mais, tout a changé en octobre quand un représentant du registre The Gift of Life Marrow Registry, un organisme sans but lucratif situé en Floride, lui a téléphoné pour lui dire qu’elle semblait compatible avec un patient atteint de leucémie. Cette nouvelle a lancé le compte à rebours vers une greffe qui pouvait sauver une vie.

Madame Elkrief a d’abord envoyé un nouveau frottis buccal à cet organisme, afin de s’assurer qu’elle était encore compatible. Une fois la compatibilité confirmée, et après une semaine complète d’examens, elle a obtenu le feu vert à la fin décembre. Quelques semaines plus tard, Madame Elkrief s’envolait vers la Floride.

Elle savait que pendant la pandémie, il était conseillé aux Canadiens d’éviter les voyages non essentiels. Cependant, pour elle un don de cellules souches pour sauver la vie d’une personne ne pouvait pas être considéré comme non essentiel. Madame Elkrief n’a également pas tenu compte de ses préoccupations personnelles concernant un voyage à l’étranger. Selon le résultat des études, plusieurs personnes qui font inscrire leur nom sur les registres de dons font marche arrière quand ils reçoivent un appel; Madame Elkrief ne voulait pas être l’une d’elles.

« C’était stressant de prendre l’avion », ajoute-t-elle. « Mais, malgré l’état du monde actuel et la folie de la COVID-19, je ne voyais pas comment je pouvais refuser de voyager, en sachant que je pouvais sauver la vie d’une personne ».

En Floride, elle a reçu des injections quotidiennes visant à favoriser la croissance des cellules souches de sa moelle osseuse. Le cinquième jour, elle était prête pour l’intervention, qui ressemble à un long don de sang. En effet, un cathéter, inséré dans le bras gauche de Madame Elkrief, était relié à un appareil qui recueillait les cellules souches de son sang. Ensuite, le sang était transfusé dans son corps par le biais d’un autre cathéter dans son bras droit.

L’intervention a causé un léger inconfort, et les injections ont entraîné des douleurs osseuses qu’elle décrit comme étant « déplaisantes, mais tolérables ». Il s’agissait d’un désagrément mineur comparativement à ce que le donataire éprouvait, explique-t-elle.

« Je savais que quelque chose qui venait de moi – mes cellules – pouvait peut-être aider une personne à combattre sa maladie ». Quand les gens me demandent ce qui m’a incité à faire ce geste, elle trouve une partie de sa réponse dans l’éducation qu’elle a reçue : « Faire du bien aux autres est une notion qui a été ancrée en moi depuis mon enfance. Traiter les autres comme je voudrais être traitée ».  

Ce don de Madame Elkrief a fait l’objet d’éloges de la part de Lucie Tremblay, la directrice des Soins infirmiers au CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal, qui considère ce don comme un « geste exceptionnel ».

« Comme pour une foule de vos collègues, les derniers mois n’ont pas été faciles. La COVID-19 exige beaucoup d’efforts de la part de l’ensemble des membres du personnel de soins infirmiers, que plusieurs ont qualifiés d’héroïques », a écrit Madame Tremblay à Madame Elkrief. « Le don de vos cellules souches porte ce terme à un tout autre niveau. Sachez que vous avez toute mon admiration ».

Madame Elkrief, qui termine sa maîtrise à l’université McGill pour devenir infirmière praticienne en néonatologie, espère que son geste incitera d’autres à s’inscrire dans un registre de cellules souches. « Je savais que quelque chose d’aussi simple pouvait changer la vie d’une personne », dit-elle, « grâce à un simple frottis buccal ».

Pour en savoir plus au sujet des dons de cellules souches, consultez le site de Héma-Québec  ou de La Société canadienne du sang

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