Un coup de pouce vers l’âge adulte pour les jeunes en situation de handicap

Dans le salon au site Mackay du Centre de réadaptation Lethbridge-Layton-Mackay, Philippe Harrison (au centre), l’un des éducateurs spécialisés du programme TranXition de notre CIUSSS, s’entretien avec Marina Tsimiklis et David Dessureault, deux des participants au programme.
Dans le salon au site Mackay du Centre de réadaptation Lethbridge-Layton-Mackay, Philippe Harrison (au centre), l’un des éducateurs spécialisés du programme TranXition de notre CIUSSS, s’entretien avec Marina Tsimiklis et David Dessureault, deux des participants au programme.

Un programme unique de notre CIUSSS aide les adolescents et les jeunes adultes à acquérir des compétences essentielles au sein de la communauté

Auparavant, David Dessureault était tellement nerveux lorsqu’il rencontrait de nouvelles personnes que son cœur battait la charade et que ses mains tremblaient. « J’étais très anxieux », dit-il.

Mais, ce n’est plus le cas. « J’ai beaucoup plus de confiance en moi », dit ce jeune homme de 24 ans, qui souffre d’arthrite juvénile et de la maladie de Crohn. « J’ai bien plus de contrôle. »

Les participants au programme TranXition lors d’une randonnée pédestre au Mont-Royal en décembre 2020.
Les participants au programme TranXition lors d’une randonnée pédestre au Mont-Royal en décembre 2020.

La situation a également changé pour Marina Tsimiklis, qui était mal à l’aise lors de nouvelles rencontres ou de nouvelles expériences. Maintenant, elle a « moins peur » d’essayer de nouvelles choses. « J’ai moins de mal à sortir de ma zone de confort », explique cette jeune femme de 22 ans qui a une déficience auditive.

Ces deux jeunes adultes ont en commun leur participation au programme TranXition, qui est géré par le CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal. Ce programme réunit dans un même groupe des jeunes en différentes situations de handicap et les aide à acquérir les compétences de la vie dont ils ont besoin pour affronter l’âge adulte.

Les adolescents et les jeunes adultes quittent les salles de classe et l’environnement de thérapie pour apprendre à évoluer dans le monde réel. Ils effectuent des tâches quotidiennes, comme acheter un café chez Tim Horton’s, faire une brassée de lessive, prendre le métro et demander leur chemin à un inconnu.  

« Chacun avait un handicap différent, mais nous avions tous une chose en commun : nous avions trouvé une manière de le surmonter, et c’est ainsi qu’un véritable lien s’est créé. »

Marina Tsimiklis, participante au programme TranXition

« Nous leur offrons la liberté et la possibilité de faire des choses par eux-mêmes  ̶  et de se sentir responsables de ces actes », explique Julianne Noseworthy, coordonnatrice clinique du programme TranXition. « Ils développent des outils qui leur permettront d’être indépendants et de passer à l’étape suivante de leur vie. »

L’aide qu’ils reçoivent les uns des autres est tout aussi importante que l’appui dont ils bénéficient de la part des spécialistes de notre CIUSSS. TranXition s’adresse aux jeunes de 15 à 25 ans qui ont des handicaps moteurs, linguistiques, visuels et auditifs, et les unit au sein d’un même groupe, ce qui rend ce programme unique au Québec. Ces jeunes tissent des liens avec d’autres jeunes adultes ayant des handicaps différents des leurs, mais ils découvrent rapidement que les choses qu’ils partagent sont plus nombreuses que celles qui les séparent.

Marina Tsimiklis se souvient d’une sortie dans un café avec son groupe au cours de laquelle les participants ont parlé ouvertement de leurs handicaps.  

« Chacun avait un handicap différent, mais nous avions tous une chose en commun : nous avions trouvé une manière de le surmonter, et c’est ainsi qu’un véritable lien s’est créé », dit-elle.  

Le programme TranXition a été élaboré en 2018, lorsque les gestionnaires du Centre de réadaptation Lethbridge-Layton-Mackay de notre CIUSSS ont cerné un écart entre les services à l’intention des clients pédiatriques et ceux visant les adultes. À ce jour, plus de 70 jeunes ont participé au programme, qui est financé par la Fondation Habilitas.

Les adolescents et les jeunes adultes, appuyés par une équipe clinique comprenant un ergothérapeute, un conseiller en orientation, un travailleur social et deux éducateurs spécialisés, sont accompagnés pendant une période délicate de leur vie. En effet, pour les adolescents et les jeunes en situation de handicap, être au seuil de l’âge adulte peut sembler être devant un gouffre, expliquent les spécialistes. La devise La vie commence là où votre zone de confort s’arrête reflète l’objectif du programme TranXition de tente de rendre cette sensation un peu moins terrifiante.

« Nous plantons des graines d’indépendance et de confiance en soi qui donneront à ces jeunes gens les moyens de participer à la société et à la communauté. »

Isabelle Cormier, chef d’administration de programme TranXition

Les jeunes participent à des activités comme faire une randonnée pédestre au Mont-Royal ou organiser et apprêter un repas. De plus, TranXition offre un programme de développement des compétences requises pour obtenir un emploi. 

« Nous plantons des graines d’indépendance et de confiance en soi qui donneront à ces jeunes gens les moyens de participer à la société et à la communauté », de dire Isabelle Cormier, chef d’administration de programme TranXition. « Nous ne faisons pas les choses pour eux, nous les accompagnons à distance et les laissons faires leurs propres erreurs. »

David Dessureault, par exemple, a eu la possibilité de jouer du piano pour les membres de son groupe, et ce geste lui a donné suffisamment de confiance en lui pour planifier un récital avec ses amis cet été.

« C’était stressant de jouer, mais je l’ai fait, et j’en suis fier », ajoute Monsieur Dessureault. « Nous avons instauré un sentiment de confiance au sein du groupe. Cela m’a vraiment aidé. »

Lui et Madame Tsimiklis ont tous deux exprimé leur gratitude pour l’appui et le dévouement du personnel de TranXition. Dans le salon des jeunes au site Mackay, situé sur le boulevard Décarie, Monsieur Dessureault et Madame Tsimiklis sont assis dans un fauteuil confortable pour faire le point sur ce qu’ils ont appris au cours de leurs séances et louer l’apport des membres du personnel qui les ont aidés. « Ils sont très patients et nous laissent toujours nous exprimer », souligne Madame Tsimiklis. « Il est clair qu’ils sont passionnés par ce qu’ils font, et c’est ce qui fait une réelle différence. »