Sans domicile? Sans problème pour les mains secourables des membres de l’équipe Connexion

Members of the Connexion team. Front row, from left, Brian Nichol, Emilie Gagnon, Jean-Luc St-Amour. Back row, Laure Coquatrix and Jamie Perzow. Missing: Daniel Silver
Members of the Connexion team. Front row, from left, Brian Nichol, Emilie Gagnon, Jean-Luc St-Amour. Back row, Laure Coquatrix and Jamie Perzow. Missing: Daniel Silver

Lorsque la pandémie de la COVID-19 a commencé, nous avons tous été encouragés à rester à notre domicile. Mais, qu’en est-il des personnes qui n’ont pas de domicile?

C’est le dilemme auquel étaient confrontés les sans-abri de Montréal. Avec moins d’endroits où s’abriter, plusieurs se sont retrouvés dans la rue. Et, c’est là que les membres de l’équipe Connexion du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal les rencontraient pour leur offrir un sandwich, une main réconfortante et un lien crucial aux soins de santé.

Beau temps mauvais temps, les six membres à temps plein de l’équipe Connexion mobile circulaient dans les rues pratiquement désertes. Ils se dispersaient dans les ruelles, les parcs et les stations de métro, pour aider certains des citoyens les plus vulnérables de la ville.  

« Ces sans-abri avaient faim et commençaient à être désespérés », explique Jamie Perzow, conseiller en soutien par les pairs et membre de l’équipe mobile. « Connexion était leur seule source de nourriture. Ils étaient très reconnaissants. Un couple m’a dit que j’étais un ange ».  

La plupart des gens associent les sans-abri au centre-ville de Montréal. Mais, selon Catherine Roberge, spécialiste en activités cliniques – Itinérance au sein de notre CIUSSS, et coordinatrice de Connexion, la pandémie a mis en lumière un problème à Côte-des-Neiges. Les centres de jours étaient fermés, et les personnes qui comptaient habituellement sur les refuges ou sur le divan d’un ami finissaient par dormir dans la rue. « Il y a toujours eu un sans-abrisme caché à Côte-des-Neiges, la pandémie l’a simplement rendu visible », dit Madame Roberge.  

En partenariat avec MultiCaf, qui exploite une cafétéria communautaire populaire dans Côte-des-Neiges, l’équipe Connexion a commencé à préparer l’aide dès le début de la crise pour s’assurer que les usagers habituels n’auraient pas faim pendant la pandémie. 

Chaque matin, des travailleurs comme M. Perzow venaient au centre de l’avenue Appleton et remplissaient leurs sacs de sandwiches, de lait et de fruits ou de légumes, reçus en don, avant d’aller les distribuer, bravant parfois la neige qui tombait encore au début de l’épidémie. Au plus fort de la pandémie, quand tous les habitants la ville semblaient s’être confinés à l’intérieur de leur domicile, les membres de Connexion étaient les seules personnes dans la rue, de dire M. Perzow.

« Je crois fermement que notre équipe a aidé à sauver des vies, simplement en distribuant des denrées essentielles », ajoute-t-il. « Certains n’avaient littéralement nulle part où aller et n’avaient pas d’argent parce qu’ils ne pouvaient pas mendier. Je suis certain que ces personnes dépendaient des services que nous offrions ».  

Ces rencontres fournissaient non seulement des denrées de base aux sans-abri, mais elles permettaient aussi aux membres du personnel du CIUSSS d’entrer en contact avec des personnes qui n’ont généralement pas accès aux services de soins de santé.

L’une de ces personnes, un homme d’environ 70 ans, passait ses journées dans l’entrée du métro Côte-des-Neiges. Les travailleurs sociaux de Connexion ont réussi à le faire admettre au Centre hospitalier de St-Mary. Cet homme a reçu un diagnostic de démence et, grâce à cette intervention de l’équipe Connexion, il habite maintenant dans une résidence de ressources intermédiaires.  

Dans certains cas, l’équipe a également distribué des trousses sécuritaires pour la consommation de drogues aux personnes ayant des problèmes de dépendance. D’autres sans-abri ont été référés au Service de santé mentale à l’Hôpital général juif. De plus, les deux infirmières de l’équipe et le médecin, qui offrait ses services à mi-temps, pouvaient fournir sur place des ordonnances pour des médicaments ou des traitements.    

L’équipe Connexion, un groupe membre du Programme de santé mentale et dépendance du CIUSSS, inverse la prestation de soins de santé, ajoute Madame Roberge. Habituellement, les usagers viennent demander les soins quand ils en ont besoin. Connexion apporte les soins de santé à ceux qui ne les recevraient pas autrement.

« Pour les membres de l’équipe, c’est une vocation », dit-elle. « Ils savent qu’il y a des besoins humains de base et que chaque personne a le droit de manger et d’avoir accès aux soins de santé. Il serait inhumain d’oublier ces personnes ». L’équipe Connexion s’assure que personne n’est oublié, même pendant une pandémie.