Nouveau rôle en première ligne pour les physiothérapeutes au Département de l’urgence à l’HGJ

La physiothérapeute Reshmi Varghese (à gauche) en compagnie de Lynn Gillespie, cheffe du Service de physiothérapie à l’HGJ, au sein du Département de l’urgence de l’Hôpital.
La physiothérapeute Reshmi Varghese (à gauche) en compagnie de Lynn Gillespie, cheffe du Service de physiothérapie à l’HGJ, au sein du Département de l’urgence de l’Hôpital.

Une initiative permet d’orienter certains patients du Département de l’urgence vers des physiothérapeutes, ce qui réduit le temps d’attente

Lorsqu’Erika Villatoro Zamora s’est présenté au Département de l’urgence à l’HGJ en raison de douleurs aiguës à l’épaule, elle prévoyait une longue attente. Après tout, les Départements d’urgence surchargés sont une réalité du système de soins de santé au Québec depuis plusieurs années. 

Cependant, Madame Villatoro Zamora a été surprise : elle a été soignée par une professionnelle des soins de santé à l’HGJ dans l’heure suivant son arrivée.

La physiothérapeute Reshmi Varghese soigne la patiente Erika Villatoro Zamora lors de la visite de cette dernière au Département de l’urgence à l’HGJ.
La physiothérapeute Reshmi Varghese soigne la patiente Erika Villatoro Zamora lors de la visite de cette dernière au Département de l’urgence à l’HGJ.

La raison de cette rapidité? Après le Triage, Madame Villatoro Zamora a été orientée vers une physiothérapeute de l’HGJ plutôt que vers un médecin. Par conséquent, cette femme âgée de 44 ans a reçu des soins de qualité supérieure avec un minimum d’attente dans l’un des Départements de l’urgence les plus occupés au Québec, grâce à une initiative qui obtient déjà des résultats prometteurs.

En effet, dans le cadre du projet de Physiothérapeute en pratique avancée (PPA) à l’HGJ, certain(e)s patient(e)s souffrant de difficultés musculosquelettiques, comme une entorse de la cheville ou des douleurs dorsales, sont orienté(e)s vers une physiothérapeute intégrée au sein de l’Équipe du Département de l’urgence. Lancée en mars 2023, cette initiative aide à réduire considérablement le temps d’attente des patient(e)s, tout en libérant les médecins urgentistes, ce qui permet à ces derniers de répondre à d’autres besoins médicaux.   

En novembre, le projet a été reconnu par un Prix d’excellence du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal lors de l’Assemblée publique d’information.

Près de 600 patient(e)s ont déjà bénéficié de cette initiative entre mars et novembre 2023, et leur temps d’attente au Département de l’urgence était en moyenne de 3,8 h, comparativement à 5,2 h pour les patient(e)s ayant un profile semblable avant le lancement de l’initiative.

« Les patient(e)s sont ravi(e)s du temps que je leur consacre, et d’être appelé(e)s rapidement », explique Reshmi Varghese, la physiothérapeute qui joue actuellement un rôle avancé au sein du Département de l’urgence. Elle se souvient d’un homme dans la trentaine qui s’est présenté au Département de l’urgence un matin d’automne après s’être tordu la cheville en jouant au soccer. Madame Varghese l’a évalué, elle lui a fait un bandage de compression, lui a donné des béquilles et enseigné des exercices avant de le renvoyer à son domicile, le tout en environ une heure.

« Il n’en revenait pas », dit-elle. Cet homme avait apporté son dîner et son souper, des collations et plusieurs livres pour l’occuper pendant ce qu’il pensait être toute une journée d’attente au Département de l’urgence. « Qu’est-ce qui s’est passé? Comment se fait-il que j’ai pu être soigné en une heure? » a-t-il demandé, incrédule.

Bien que l’initiative aide à soulager la surcharge du Département de l’urgence, elle souligne également les compétences de l’Équipe de physiothérapie à l’HGJ, de dire Lynn Gillespie, cheffe du Service de physiothérapie.

« À titre de physiothérapeutes, nous voulons tirer parti du maximum de notre expertise, et cette initiative en est un exemple », déclare Madame Gillespie.

« C’est une véritable source de fierté pour notre équipe. Nous avons travaillé d’arrache-pied pour en arriver là. »

Lynn Gillespie, cheffe du Service de physiothérapie.

Selon les données, les personnes souffrant de problèmes musculosquelettiques représentent environ 15 pour cent des visites au Département de l’urgence. Les physiothérapeutes sont non seulement en mesure d’évaluer ces patiente(e)s, qui peuvent éprouver des douleurs et avoir une mobilité restreinte, mais ces professionnels peuvent prescrivant des exercices et des analgésiques qui les mettront sur la voie du rétablissement. De plus, depuis 2020, les physiothérapeutes au Québec sont autorisé(e)s à prescrire des radiographies dans certaines circonstances.

Sur la photo, Julie Valiquette, conseillère-cadre à la pratique professionnelle, Direction de la réadaptation et des services multidisciplinaires (avec le prix), Lynn Gillespie, cheffe du Service de physiothérapie à l’HGJ (troisième de la gauche) et Meg Hoodspith, spécialiste en Activités cliniques, Département de l'urgence (quatrième de la gauche) acceptent leur Prix d’équipe pour la Physiothérapie en pratique avancée lors de l’Assemblée publique d’information du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal qui a eu lieu en novembre. 
Elles sont félicitées par (de gauche à droite) Alan Maislin, président du Conseil d’administration, le Dr Lawrence Rosenberg, président-directeur général, Lucie Tremblay, présidente-directrice générale adjointe, Beverly Kravitz, directrice des Ressources humaines, Communications, Affaires juridiques et Sécurité globale, et Gary Stoopler, directeur général adjoint.
Sur la photo, Julie Valiquette, conseillère-cadre à la pratique professionnelle, Direction de la réadaptation et des services multidisciplinaires (avec le prix), Lynn Gillespie, cheffe du Service de physiothérapie à l’HGJ (troisième de la gauche) et Meg Hoodspith, spécialiste en Activités cliniques, Département de l’urgence (quatrième de la gauche) acceptent leur Prix d’équipe pour la Physiothérapie en pratique avancée lors de l’Assemblée publique d’information du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal qui a eu lieu en novembre. Elles sont félicitées par (de gauche à droite) Alan Maislin, président du Conseil d’administration, le Dr Lawrence Rosenberg, président-directeur général, Lucie Tremblay, présidente-directrice générale adjointe, Beverly Kravitz, directrice des Ressources humaines, Communications, Affaires juridiques et Sécurité globale, et Gary Stoopler, directeur général adjoint.

Les patient(e)s sont également plus réceptif(ive)s que jamais à l’idée de consulter un(e) professionnel(le) de la santé autre qu’un médecin, note Madame Gillespie. « Il y a tellement de professionnels de la santé qui peuvent participer aux soins aux patients. Cela permet aux médecins de consacrer leur temps et leur savoir-faire aux personnes qui en ont le plus besoin. ».

Le projet est le fruit d’une collaboration entre plusieurs équipes de l’HGJ : l’Équipe du Service de physiothérapie qui a conçu le projet et l’a développé avec le groupe de Pratique professionnelle, les Équipes médicales et de soins infirmiers du Département de l’urgence, le Service de radiologie ainsi que d’autres équipes.  

Le Dr Alex Guttman, médecin au Département de l’urgence et partenaire clé du projet, et le Dr Stephen Rosenthal, également médecin au Département de l’urgence, considèrent cette initiative comme « un modèle qui peut être repris et élargi ».  

Selon le Dr Guttman, un(e) physiothérapeute peut passer plus de temps avec un(e) patient(e) qu’un(e)e médecin, et l’approche aux soins peut prendre la forme d’exercices ou d’autres méthodes qui n’exigent pas de médicaments.

« Plutôt que de soigner seulement la douleur, ces professionnels aident les patient(e)s à guérir », ajoute le Dr Guttman, qui est le directeur adjoint du Département de l’urgence, tout comme le Dr Rosenthal. « De cette manière, les patient(e)s bénéficient de soins musculosquelettiques de grande qualité, qu’ils ne recevraient pas nécessairement s’ils consultaient seulement un médecin. »

« Nous travaillons bien en équipe ».

Dr Alex Guttman, directeur adjoint du Département de l’urgence à l’HGJ

Pour évaluer le projet, le Service de physiothérapie a préparé un sondage officiel en collaboration avec la Direction de la qualité, transformation, évaluation, valeur, éthique clinique et organisationnelle et des soins virtuels. Cependant, les données empiriques indiquent déjà un niveau élevé de satisfaction des patient(e)s.

Madame Villatoro Zamora reflète ce sentiment. Après avoir été soignée par Madame Varghese dans la salle de consultation réservée au PPA au sein du Département de l’urgence, Madame Villatoro Zamora a dit que d’avoir été traitée par une physiothérapeute était aussi rassurant que d’être vue par un médecin. Elle a été évaluée, a effectué différents exercices et s’est déclarée satisfaite. « J’ai été diagnostiquée et soignée plutôt que d’attendre pendant toute la journée », ajoute Madame Villatoro Zamora. « C’est fantastique! »