Mettre l’accent sur les aînés et la santé mentale

Docteur Soham Rej, psychiatre à l'Hôpital général juif, organisateur de la Journée académique en psychiatrie gériatrique dont le thème portait sur l’application de la technologie en soins gériatriques
Docteur Soham Rej, psychiatre à l'Hôpital général juif, organisateur de la Journée académique en psychiatrie gériatrique dont le thème portait sur l’application de la technologie en soins gériatriques

La Journée académique en psychiatrie gériatrique permet aux professionnels de la santé d’approfondir les questions de santé mentale propres aux personnes âgées

Un colloque consacré au thème de la santé mentale et des personnes âgées a réuni des spécialistes à l’Hôpital général juif. Le but était de partager des connaissances sur un sujet d’actualité : comment appliquer la technologie aux soins gériatriques.

Organisée par le docteur Soham Rej, psychiatre à l’Hôpital général juif, la Journée académique en psychiatrie gériatrique a attiré environ une centaine de professionnels de la santé depuis la tenue du premier colloque il y a trois ans.

« Le fait de réunir tous ces experts nous permet de mettre nos connaissances et nos expériences en commun, et de faire ressortir les pratiques les plus pointues pour traiter nos patients », explique le docteur Rej, reconnu comme un chef de file dans le domaine de la gérontopsychiatrie au CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal.

Selon le docteur Rej, la santé mentale gériatrique intéresse de plus en plus les praticiens, et le CIUSSS est le ‘terrain d’étude parfait’ parce qu’on y trouve les plus fortes concentrations de personnes âgées au Canada.

« Plusieurs collaborations et nouveaux projets sont déjà en oeuvre au sein de notre CIUSSS en vue d’améliorer les soins aux patients », dit-il. Il s’agit notamment d’essais cliniques portant sur la pleine conscience, la méditation, le yoga et l’éducation sanitaire, ainsi que des programmes cliniques enseignant les aptitudes de vie, l’exercice physique et le tai-chi.

Des programmes d’approche en santé communautaire sont également envisagés pour les aînés vulnérables, sous la direction d’Allana Goodman, ergothérapeute à l’HGJ, et de Rosanna Magnone, du Centre Cummings.

La gérontopsychiatrie est de plus en plus considérée comme une sous-catégorie de la santé mentale, dit le docteur Rej.

« Les thérapies qui sont efficaces sur les plus jeunes ne le sont pas nécessairement sur les patients âgés, souligne le spécialiste, en raison, dit-il, de facteurs comme la combinaison de médicaments, la fragilité du patient et la démence, ainsi que de divers aspects sociaux comme la perte d’un réseau de soutien de longue date causée par les décès ou l’incapacité. »

« Tous ces éléments contribuent à la complexité des plans de traitement à recommander », poursuit le docteur Rej, chercheur à l’Institut Lady Davis et professeur adjoint au Département de psychiatrie de l’université McGill.

Le colloque de cette année portait sur la technologie en santé gériatrique. « La technologie est très prometteuse, reconnaît le docteur Rej, mais la psychiatrie exige aussi une approche très humaine. Nous cherchons donc cet équilibre optimal. »

Le docteur Rej a lancé la Journée académique annuelle en psychiatrie gériatrique avec l’appui du docteur Karl Looper, chef du Service de psychiatrie de l’HGJ et codirecteur du programme de santé mentale du CIUSSS; et de la docteure Marilyn Segal, chef de la Division de gérontopsychiatrie de l’HGJ.

Selon son expérience et ses études dans le domaine, le docteur Rej croit que plus le réseau de santé sera sensibilisé aux enjeux de la psychiatrie gériatrique, plus les patients en bénéficieront. C’est pourquoi il co-présidera la Réunion scientifique annuelle de l’Académie canadienne de gérontopsychiatrie qui aura lieu en octobre à Montréal.