L’Hôpital Mont-Sinaï aide les personnes ayant des symptômes de COVID-19 persistants et leur offre de l’espoir

Luis Rosales, qui a eu la COVID-19 en février, reçoit un traitement de physiothérapie à l’Hôpital Mont-Sinaï du thérapeute en réadaptation physique Ivan Rivera (à gauche) et de l’ergothérapeute Sabrina Campisi.
Luis Rosales, qui a eu la COVID-19 en février, reçoit un traitement de physiothérapie à l’Hôpital Mont-Sinaï du thérapeute en réadaptation physique Ivan Rivera (à gauche) et de l’ergothérapeute Sabrina Campisi.

Un programme de réadaptation pour les cas graves de coronavirus dans la grande région de Montréal

La COVID-19 est entrée dans la vie de Luis Rosales lors d’une journée d’hiver, en février, et il vit encore dans l’ombre de ce virus. Tout a commencé par un mal de gorge et de la fièvre, mais très rapidement son état s’est aggravé et il a dû être transporté à l’Hôpital en ambulance en luttant pour survivre.

À l’Hôpital, un médecin lui a dit qu’il devrait être mis dans le coma. Monsieur Rosales lui a demandé « Pour combien de temps? ».

« Je ne sais pas », a répondu le médecin.

Sur la civière qui l’emmenait vers la salle de soins, Monsieur Rosales s’est mis à prier. « Je pensais que je vivais mon dernier jour sur terre ».

Heureusement pour lui, ce n’était pas le cas. En effet, dernièrement le séjour de réadaptation de Monsieur Rosales à l’Hôpital Mont-Sinaï était sur le point de prendre fin, l’étape finale d’un parcours ardu qui lui permettrait finalement d’être en mesure de rentrer chez lui. Le 23 juin, lors de son arrivée à cet hôpital à Côte Saint-Luc, il ne pouvait ni marcher ni se laver sans aide, et il était tellement faible qu’il s’écrasait dans son lit comme une poupée de chiffon quand il essayait de s’asseoir.

Maintenant, après des semaines de thérapie intense, Monsieur Rosales peut marcher et s’occuper lui-même de sa toilette; l’avenir qui semblait des plus incertains semble de nouveau prometteur.

« Quand je suis arrivé ici, j’avais l’impression d’être inutile », explique Monsieur Rosales dans une salle de physiothérapie à l’Hôpital Mont-Sinaï. « Maintenant, je sens mes muscles reprendre des forces. Je progresse tous les jours ».

L’Hôpital Mont-Sinaï, une installation membre du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal, a joué un rôle clé pendant la pandémie de la COVID-19 comme centre de réadaptation respiratoire pour les patients qui se rétablissaient de la COVID-19, y compris ceux qui avaient des symptômes persistants comme Monsieur Rosales.

Il s’agit d’un sous-groupe de patients qui ne guérissent pas de la maladie en quelques semaines comme la plupart de gens. Ces personnes sont confrontées à des problèmes de santé qui peuvent durer des mois, et à la suite d’une longue hospitalisation plusieurs doivent recevoir des traitements de réadaptation en raison d’une perte de masse musculaire, d’une diminution de leur capacité pulmonaire et d’autres séquelles débilitantes.

Ces patients gravement touchés par la COVID-19 sont recommandés à l’Hôpital Mont-Sinaï en raison de l’expertise de cet Hôpital en matière de réadaptation pulmonaire, ainsi que pour les autres services disponibles notamment le système de distribution d’oxygène centralisé qui permet aux patients de recevoir un flux d’oxygène élevé. Depuis l’automne dernier, l’Hôpital Mont-Sinaï a soigné près de 70 patients qui se rétablissaient de la COVID-19, référés par des hôpitaux de la grande région de Montréal.

« Nous recevons les personnes les plus gravement touchées par la COVID-19, celles que cette maladie a vraiment démolies », ajoute la Dre Suzanne Levitz, la gestionnaire du programme d’hospitalisation à l’Hôpital Mont-Sinaï. « Nous avons la réputation d’obtenir de bons résultats ».

Le Programme de réadaptation pulmonaire pour les patients hospitalisés à l’Hôpital Mont-Sinaï peut recevoir 30 patients, et il s’agit du plus important de ce genre dans la grande région de Montréal. Une équipe de médecins, d’infirmières et d’autres professionnels de la santé se penchent non seulement sur le rétablissement physique des patients terrassés brutalement et soudainement par la COVID-19, comme Monsieur Rosales, mais aussi sur l’anxiété qui les mine.

Avant d’être contaminé, Monsieur Rosales, le père de trois enfants, était un homme en santé qui faisait des promenades quotidiennes d’une heure et travaillait comme conducteur de chariot élévateur dans une usine de transformation alimentaire.

Après avoir été infecté par le coronavirus et admis à un hôpital près de son domicile à Repentigny, au nord-est de Montréal, il a été dans le coma pendant huit semaines et pendant quatre mois à l’Unité de soins intensifs. Il a également subi une trachéotomie qui l’a rendu temporairement incapable de parler.

À son arrivée à l’Hôpital Mont-Sinaï, le poids de Monsieur Rosales avait chuté de 81 kilos (180 livres) à 63 kilos (140 livres). Il avait constamment le sentiment de ne pas pouvoir reprendre son souffle. Un médecin a comparé les cicatrices de ses poumons aux mains d’un grand brûlé qui commençaient à guérir.

Maintenant, après avoir reçu des soins thérapeutiques comprenant des exercices et de la physiothérapie, et à avoir reçu de la formation et appris des techniques de respiration à l’Hôpital Mont-Sinaï, Monsieur Rosales est capable d’utiliser un vélo stationnaire, de se lever seul d’une chaise et de parcourir de courtes distances sans marchette; il peut également de nouveau s’habiller et se laver sans aide.

« En général, les patients arrivent ici parce qu’ils ne peuvent ni marcher ni respirer sans oxygène. Par la suite, quand ils quittent l’Hôpital par leurs propres moyens, ils sont plus confiants en leur capacité de gérer leurs vies ».

– Dre Suzanne Levitz

Toutefois, contrairement aux patients ayant une maladie pulmonaire chronique, il a dû réapprendre les bases depuis le début.

« Avec les patients qui ont eu la COVID-19, nous devons commencer à la case départ, puisque tout est nouveau pour eux », explique l’ergothérapeute Sabrina Campisi, qui a soigné M. Rosales dernièrement avec le thérapeute en réadaptation physique Ivan Rivera. « La formation joue un rôle important ».

Selon la Dre Levitz, voir les progrès réalisés par des patients comme Monsieur Rosales est profondément gratifiant.

« En général, les patients arrivent ici parce qu’ils ne peuvent ni marcher ni respirer sans oxygène. Par la suite, quand ils quittent l’Hôpital par leurs propres moyens, ils sont plus confiants en leur capacité de gérer leurs vies », dit-elle. Et elle ajoute que les patients expriment souvent leur gratitude non seulement pour les soins qu’ils reçoivent, mais aussi pour la bienveillance des membres du personnel. « Chaque personne met vraiment du sien pour prodiguer des soins aux patients ».

Monsieur Rosales sait que son combat n’est pas terminé. Mais, au moment où il s’apprête à rentrer chez lui pour la première fois en cinq mois, il voit briller une lueur d’espoir. La dernière fois qu’il a vu sa maison, elle était entourée de neige.

« Je sais que j’ai une deuxième chance à la vie », dit-il en remerciant les membres du personnel de l’Hôpital Mont-Sinaï de l’avoir aidé. « Ce ne sera pas facile. Mais au moins, je suis en vie ».