L’HGJ tend une main secourable aux personnes sans-abri

À l’HGJ, au Bureau de la sécurité situé dans le hall d’entrée de la rue Légaré, Joseph Nshimirimana (deuxième à gauche), superviseur de la Sécurité, équipe de jour, à l’HGJ, et Denis Brochet, (troisième à gauche), chef de la Sécurité globale du CIUSSS, s’entretiennent avec Anaclet Kapome Danga (à gauche) et Louis Lovensky, membres de l’Unité mobile multisectorielle visant l'itinérance de MultiCaf.
À l’HGJ, au Bureau de la sécurité situé dans le hall d’entrée de la rue Légaré, Joseph Nshimirimana (deuxième à gauche), superviseur de la Sécurité, équipe de jour, à l’HGJ, et Denis Brochet, (troisième à gauche), chef de la Sécurité globale du CIUSSS, s’entretiennent avec Anaclet Kapome Danga (à gauche) et Louis Lovensky, membres de l’Unité mobile multisectorielle visant l'itinérance de MultiCaf.

Notre CIUSSS s’associe à un groupe communautaire pour aider ceux qui se réfugient à l’intérieur de l’Hôpital

Louis Lovensky et Anaclet Kapome Danga, intervenants sociocommunautaires de l’Unité mobile multisectorielle MultiCaf, avec certains des aliments qu’ils offrent aux personnes en situation d’itinérance dans l’arrondissement Côte-des-Neiges—Notre-Dame-de-Grâce.
Louis Lovensky et Anaclet Kapome Danga, intervenants sociocommunautaires de l’Unité mobile multisectorielle MultiCaf, avec certains des aliments qu’ils offrent aux personnes en situation d’itinérance dans l’arrondissement Côte-des-Neiges—Notre-Dame-de-Grâce.

Dernièrement, lors d’une soirée froide, un homme, entouré de ses possessions, était assis à l’extérieur du Département de l’urgence de l’HGJ. Il n’avait pas de domicile, pas de compagnon et nulle part où aller, mais un ange gardien était sur le point de l’aider.

Anaclet Kapome Danga, un intervenant sociocommunautaire, s’est approché de lui pour lui poser quelques questions : Voulait-il un sandwich? Une boisson? Un endroit où dormir? À la demande de cet homme, Monsieur Kapome Danga lui a donné une bouteille de jus et un coupon pour prendre un taxi afin de se rendre au domicile d’un ami. Plutôt qu’une contravention ou un séjour au poste de police, cet homme a pu saisir une main secourable.

Cet échange s’inscrivait dans le cadre d’une nouvelle entente conclue entre le CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal et l’organisme communautaire MultiCaf dans Côte-des-Neiges—Notre-Dame-de-Grâce. En effet, devant la hausse de personnes sans-abri qui se réfugient à l’intérieur de l’HGJ et dans les lieux avoisinants, l’HGJ a cherché des solutions empreintes de compassion et d’appui, plutôt que de répression.

« Les personnes qui se tournent vers nous vivent des situations difficiles. On veut les aider », explique Denis Brochet, chef de la Sécurité globale du CIUSSS.

« Il est important qu’on intervienne d’une manière conforme à notre rôle d’établissement de soins de santé, c’est-à-dire en les appuyant, plutôt qu’en les expulsant. »

Denis Brochet, chef de la Sécurité globale

L’entente avec MultiCaf, conclue par le biais de la Direction des services de première ligne du CIUSSS, a donné lieu à une approche décrite comme étant unique à Montréal. Les travailleurs des équipes communautaires, comme Monsieur des Kapome Danga, répondent aux appels et sillonnent l’arrondissement Côte-des-Neiges—Notre-Dame-de-Grâce pour aller au-devant des personnes sans-abri et leur offrir un soutien social.

Les affiches distribuées partout dans l’arrondissement Côte-des-Neiges—Notre-Dame-de-Grâce, ainsi qu’à l’HGJ, publicisent les services de l’Unité mobile multisectorielle visant l'itinérance de MultiCaf.
Les affiches distribuées partout dans l’arrondissement Côte-des-Neiges—Notre-Dame-de-Grâce, ainsi qu’à l’HGJ, publicisent les services de l’Unité mobile multisectorielle visant l’itinérance de MultiCaf.

Comme les autres arrondissements de Montréal, le quartier connaît une hausse de l’itinérance. L’Équipe de MultiCaf doit intervenir régulièrement dans les lieux publics où les personnes en situation d’itinérance trouvent un refuge, des bibliothèques municipales aux centres d’achats en passant par les restaurants-minute et l’oratoire Saint-Joseph.

MultiCaf a publicisé son nouveau service, l’Unité mobile multisectorielle visant l’itinérance, et répond aux appels 24 heures sur 25, sept jours sur sept. L’objectif est d’améliorer la « cohabitation sociale » avec la communauté au sens large, et de trouver des solutions pour les personnes sans-abri. 

« Le but n’est pas de déplacer la personne, mais plutôt de l’aider », a déclaré Jean-Sébastien Patrice, directeur général de MultiCaf. « On adopte une démarche humaine. On lui dit : ‘On est là pour toi. Qu’est-ce qu’on peut faire pour répondre à tes besoins?’ ».

Cela peut signifier offrir un repas, un endroit pour se réchauffer, une aide médicale immédiate ou un transport vers un refuge au centre-ville. Le lendemain, l’Équipe fait un suivi afin d’orienter la personne vers les ressources qui pourraient l’aider à plus long terme, notamment l’Équipe Connexion des Services de première ligne de notre CIUSSS.

« On n’est pas en mode de répression, nous sommes en mode d’accompagnement », ajoute Monsieur Patrice.

En s’associant à notre CIUSSS, MultiCaf ajoute un palier d’aide aux agents de sécurité qui composent avec les sans-abri qui dorment ou marchent autour de l’Hôpital, dont certains ont des problèmes de santé mentale ou de toxicomanie. De la mi-septembre à la fin novembre, le personnel de MultiCaf est intervenu 22 fois à l’HGJ, orientant des personnes sans-abri vers les ressources pertinentes.

Selon Catherine Roberge, cheffe d’administration de programmes, Dépendance et itinérance de notre CIUSSS, ce partenariat souligne la valeur du travail communautaire en équipe. « Les membres de notre Équipe de sécurité à l’Hôpital général juif savent qu’ils ont des coéquipiers qui peuvent les aider », dit-elle.

« En fin de compte, on ne peut pas composer seuls avec un problème comme l’itinérance. La force est dans la recherche de partenariats. »

Catherine Roberge, cheffe d’administration de programmes, Dépendance et itinérance

Et, si cette entente permet à une seule personne de quitter la rue et de vivre dans un logement stable en ayant accès à des soins, l’effort en vaudra la peine, souligne Monsieur Brochet. « On ne peut pas changer le monde, mais si on peut aider une seule personne en lui offrant d’autres possibilités et d’autres solutions, je serai satisfait. »