Les étoiles des coulisses de la campagne contre la COVID-19

Les technologues de laboratoire médical avec le cobas 8800, utilisé pour dépister la présence du virus qui cause COVID-19. De gauche droite : Vanessa Bujwid, Dipika Patel, la coordinatrice technique Mina Patel et Vanessa Resendes.
Les technologues de laboratoire médical avec le cobas 8800, utilisé pour dépister la présence du virus qui cause COVID-19. De gauche droite : Vanessa Bujwid, Dipika Patel, la coordinatrice technique Mina Patel et Vanessa Resendes.

Loin des projecteurs, les technologues de laboratoire à l’HGJ travaillent 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour analyser les tests de dépistages de la COVID-19

Pendant la période des Fêtes, quand la plupart des gens se détendaient ou se réunissaient en petits groupes avec leur famille, au sein de notre CIUSSS une force de travail invisible était engagée dans une offensive contre la COVID-19, 24 heures sur 24.

Ils ont travaillé jour et nuit. Ils ont travaillé pendant les fins de semaine. Ils ont travaillé jusqu’à ce que leurs épaules soient courbaturées et que leurs doigts soient douloureux. Ces personnes sont les technologues du laboratoire médical à l’Hôpital général juif, et ils ont produit des milliers de résultats de tests de dépistage de la COVID-19 chaque jour pour aider à endiguer la vague de coronavirus qui menaçait d’engloutir la province.

Au travail dans le laboratoire de microbiologie à l’HGJ, de gauche à droite : les technologues médicaux Dipika Patel et Kamel Allam, et la spécialiste en microbiologie de la COVID-19, Hannah Perry.
Au travail dans le laboratoire de microbiologie à l’HGJ, de gauche à droite : les technologues médicaux Dipika Patel et Kamel Allam, et la spécialiste en microbiologie de la COVID-19, Hannah Perry.

Les technologues de laboratoire médical sont des travailleurs essentiels : le gouvernement dépend d’eux pour assurer le suivi des cas de COVID-19, et les patients comptent sur eux pour savoir si leurs résultats sont positifs ou négatifs. Pourtant, malgré le rôle crucial que jouent ces professionnels, peu de membres du public sont conscients de leur existence.

« Nous savons tous que le père Noël distribue les cadeaux, mais personne ne voit le travail effectué par les lutins dans l’atelier », dit Vanessa Resendes, technologue médicale à l’HGJ. « Nous sommes les lutins. Nous travaillons dans les coulisses. »

Leur rôle indispensable, mais largement méconnu, pendant la pandémie a incité les directeurs des laboratoires de biologie médicale du Québec à publier une lettre ouverte en décembre dans laquelle ils remerciaient le personnel des laboratoires de leur « travail acharné et de leur dévouement ». (Au Québec, les laboratoires médicaux sont regroupés en 11 grappes de services au sein du réseau Optilab, et l’HGJ est un partenaire majeur d’Optilab-Montréal CUSM).

« Nous savons tous que le père Noël distribue les cadeaux, mais personne ne voit le travail effectué par les lutins dans l’atelier. Nous sommes les lutins. »

Vanessa Resendes, technologue médicale

Selon le Dr Alan Spatz, directeur médical d’Optilab-Montréal CUSM et l’un des signataires de la lettre, les employés des laboratoires ont déployé des efforts considérables pour répondre à la demande et s’assurer que les capacités de dépistage de la province ne « s’effondraient pas ».   

La technologue médicale Vanessa Resendes.
La technologue médicale Vanessa Resendes.

« Nos employés de laboratoires ont été aux premières lignes pendant la COVID-19, et ils méritent d’être reconnus pour le rôle essentiel qu’ils jouent au sein du système de soins de santé », a déclaré le Dr Spatz, qui est également le directeur du Service de pathologie. « C’est grâce à leur engagement, à leur expertise et à leur dévouement que nous avons été en mesure de remplir notre mission et de servir le public. »

Outre l’énorme pression causée par le traitement des tests de dépistage de la COVID-19, les travailleurs des laboratoires devaient continuer à effectuer leurs tâches habituelles de diagnostics, comme l’analyse d’une biopsie du cerveau pour un patient atteint de cancer ou un test de coagulation sanguine pour une personne qui reçoit des soins cardiaques. Que l’analyse soit effectuée pour les Services d’hématologie, de biochimie, de pathologie ou de transfusions, environ 70 pour cent des décisions médicales dépendent d’un test de laboratoire.  

« Traiter les tests de dépistage de la COVID-19 est une tâche colossale, qui s’est ajoutée à leur charge de travail déjà colossale », explique Mathieu Provençal, directeur adjoint d’Optilab-Montréal CUSM. « Les technologues ont mis la main à la pâte pour répondre à la demande. J’applaudis leur résilience devant ce qu’ils ont enduré pendant 22 mois; ils ont fait un véritable effort de guerre. »

« Le laboratoire de microbiologie à l’HGJ est un phare de la microbiologie et des tests de dépistage de la COVID-19 pour toute la province. »

Dr Alan Spatz, directeur médical d’Optilab-Montréal CUSM

La tâche des technologues à l’HGJ a été facilitée par le cobas 8800, un instrument de pointe qui a permis d’accélérer le rythme des tests moléculaires grâce à une fonction d’analyse automatisée. Utilisé depuis avril 2021, le coba 8800 a aidé à transformer le laboratoire de l’HGJ en centre de tests et de service de premier plan.  

« Le laboratoire de microbiologie à l’HGJ est un phare de la microbiologie et des tests de dépistage de la COVID-19 pour toute la province », ajoute le Dr Spatz.

En dépit de cet équipement, le processus de tests de la COVID-19 repose sur le savoir-faire pratique des technologues. En effet, après la réception des écouvillons des centres de dépistage de la COVID-19, les employés doivent ouvrir et manipuler les tubes, les étiqueter, saisir les données dans un ordinateur et analyser les résultats.  

Il s’agit d’un travail exigeant. De plus, comme les laboratoires de l’ensemble du continent sont confrontés à une pénurie de personnel, et que certains de leurs collègues ont eux aussi été infectés par la COVID-19 pendant les Fêtes, les technologues à l’HGJ se sont parfois sentis poussés au bord de l’épuisement. Malgré tout, ils sont restés en poste, renonçant parfois à leurs vacances, mais motivés à contribuer pendant une crise de soins de santé historique. 

Selon Dipika Patel, technologue médicale à l’HGJ, chaque fois qu’elle voyait des personnes attendre en ligne à l’extérieur des centres de dépistage de la COVID-19 pendant les Fêtes, elle éprouvait une poussée d’anxiété parce qu’elle savait qu’elle serait inondée d’écouvillons à traiter et à analyser. Mais, elle était déterminée à livrer les résultats des tests à temps pour aider les personnes qui les attendaient.

« Certains jours, j’étais épuisée et j’avais l’impression que tout allait mal », de dire Madame Patel. « Mais, chaque fois que je voyais ces files d’attente, je savais que des gens comptaient sur nous pour obtenir leurs résultats. Je compatissais avec eux et j’étais heureuse de faire une différence. »

Et, le travail dans les coulisses a un aspect positif. Tout comme les lutins de l’atelier du père Noël, les technologues de laboratoire savent qu’ils peuvent compter les uns sur les autres pour effectuer le travail. « Nous nous serrons les coudes et formons un groupe solide », de dire Madame Resendes. « Même si pratiquement personne ne sait que nous sommes là, nous savons ce que nous accomplissons. ».