Les douches dans le lit réconfortent les résidents des centres de soins de longue durée

Les PAB Latoya Maighan (à gauche) et Maria Barros préparent une résidente du CHSLD juif Donald Berman pour une douche dans son lit
Les PAB Latoya Maighan (à gauche) et Maria Barros préparent une résidente du CHSLD juif Donald Berman pour une douche dans son lit

Les unités de douches mobiles sont particulièrement bienfaisantes pour les patients atteints de démence et les survivants de l’Holocauste

Une femme âgée est allongée dans son lit, immobile, avec sa tête sur son oreiller pendant que de l’eau chaude coule dans ses cheveux argentés et descend lentement le long de son cou. En se déplaçant, les PAB Latoya Maighan et Maria Barros l’aspergent doucement par le biais d’une pomme de douche, et l’eau coule autour de la résidente dans le lit.

Il s’agissait d’une scène pour le moins inattendue : une résidente de l’un des centres de soins de longue durée du CIUSSS prenait une douche… allongée dans son lit. Pourtant, ce processus faisait naître une expression de profonde satisfaction sur son visage.

Jusqu’à cette année, à l’heure du bain cette résidente luttait contre les PAB. Effrayée et désorientée, elle se débattait pendant les déplacements vers la salle de douches et résistait bec et ongles.

Les PAB Latoya Maighan (à gauche) et Maria Barros avec une unité de douche mobile
Les PAB Latoya Maighan (à gauche) et Maria Barros avec une unité de douche mobile

Tout a changé quand le CHSLD juif Donald Berman du CIUSSS a commencé à doucher les résidents dans leurs chambres à l’aide d’une unité de douche mobile, une pratique qui apporte les soins d’hygiène aux résidents plutôt que le contraire.   

Les deux unités mobiles dont dispose le CHSLD juif Donald Berman, ainsi que les deux autres utilisées au Centre gériatrique Maimonides Donald Berman, ont eu un effet transformateur sur les résidents pour qui l’heure de la douche constituait une épreuve. Certains souffrent d’une perte cognitive, tandis que d’autres ont un excès de poids ou sont en fin de vie.

D’autres encore sont des survivants de l’Holocauste pour qui le mot « douche » évoque des moments sombres de leur passé pendant la guerre.

Les unités mobiles sont bénéfiques et permettent à tous les résidents de retrouver le plaisir de se détendre à l’heure du bain.

« Pouvoir prendre leur douche dans leur chambre les réconforte et leur procure un sentiment de bien-être. C’est rassurant », explique Daniela Vrabie, la coordinatrice du CHSLD juif Donald Berman. Elle a pu constater l’incidence de ces douches sur les résidents. « Ils en ressortent sereins et détendus. J’ai surnommé ces douches ‘le spa’ ».

La douche mobile est facile à déployer et Madame Maighan et Madame Barros peuvent effectuer l’ensemble du processus en 25 minutes environ. Après être entrées dans la chambre de la résidente et avoir annoncé joyeusement que c’était l’heure de la douche, elles soulèvent la résidente et glissent une grande serviette sous elle; la serviette sera utilisée plus tard, après la douche.

Ensuite, les PAB placent une sorte de couverture en caoutchouc munie d’un rebord sur la serviette. Cette couverture est fixée sur les côtés du lit et devient ainsi un bassin pour l’eau qui est ensuite évacuée par le biais d’un tuyau manuel. Une fois la douche terminée, la couverture en caoutchouc est retirée et la résidente est enveloppée de la tête aux pieds dans la serviette.

Les PAB disent qu’elles aiment les unités mobiles et les résidents l’aiment aussi. « C’est un moment paisible pour eux. Il n’y a pas de stress », dit Madame Maighan, qui portait ce jour-là un uniforme couvert de logos de Batman et qui surnomme l’unité de douche la Bathmobile.

L’intimité des douches dans les chambres est particulièrement réconfortante pour les survivants de l’Holocauste, qui sont encore présents dans les centres de soins de longue durée de notre CIUSSS, malgré leur nombre décroissant. Les salles de douches peuvent déclencher des souvenirs traumatisants pour les personnes qui ont survécu aux camps de concentration nazis. Pour les résidents atteints de la maladie d’Alzheimer et d’autres troubles cognitifs, les souvenirs les plus anciens deviennent souvent les plus clairs. « Pour eux, leur chambre est comme un milieu sécuritaire », souligne Madame Vrabie. « Les membres du personnel savent qu’ils doivent toujours essayer de comprendre le passé d’un résident à qui ils prodiguent des soins », ajoute-t-elle. « Si vous connaissez l’histoire et les expériences qu’une personne a vécues, vous êtes mieux en mesure de comprendre ses réactions et ses émotions ». Notamment la réaction d’un survivant à l’idée, qui peut sembler anodine, de prendre une douche. Pendant qu’ils sont plongés dans un bain apaisant, dans leur propre lit, ils sont délivrés de leur passé et transportés dans le moment présent plus apaisant.

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