L’amour au temps de la COVID-19 : rencontre et mariage de deux employés pendant la pandémie

Rania Hassen (à gauche) et Mansour Manna
Rania Hassen (à gauche) et Mansour Manna

Contre toute attente, au milieu de la douleur et de l’isolement de la COVID-19, Rania Hassen et Mansour Manna se sont rencontrés, sont tombés amoureux et se sont mariés.

Arrivés au Canada en provenance de différents pays, ils se sont connus au Centre gériatrique Maimonides Donald Berman après avoir répondu à l’appel lancé par le gouvernement pour aider les centres de soins de longue durée, au plus fort de la pandémie.   

Et c’est là, pendant une période marquée par la tragédie et le bouleversement, qu’ils se sont connus.

Dans le cadre de ses fonctions d’agent COVID-19, Monsieur Manna contrôlait les membres du personnel lors de leur arrivée au Centre, quand il a remarqué une jolie femme qui venait de pénétrer dans l’installation. « J’ai tout de suite couru pour regarder ce qui était indiqué sur le registre où le nom des personnes qui entrent est consigné, et j’ai vu qu’elle s’appelait Rania », se souvient-il. Il a attendu que l’occasion de lui parler se présente, jusqu’au jour où, lors de l’arrivée de Madame Hassen au Centre, au début de son quart de travail, Monsieur Manna était au poste de contrôle.

Par la suite, Madame Hassen et Monsieur Manna ont commencé à converser, découverts qu’ils parlaient tous deux l’arabe et partagé leurs histoires personnelles. Monsieur Manna était arrivé au Canada un peu plus de trois ans auparavant en provenance du Soudan, tandis que Madame Hassen avait immigré au Canada de la Tunisie, en 2013.

« Je lui ai offert de la déposer à la station de métro après son travail », dit Monsieur Manna, mais il a fini par l’accompagner jusqu’à son domicile. « Nous sommes restés assis dans la voiture et avons continué à parler pendant un long moment ».  

Madame Hassen, qui travaillait elle aussi comme agent COVID-19, appréciait les conversations qu’elle avait avec son collègue, mais elle a été surprise par la tournure de l’un de leurs entretiens. « Deux semaines après notre rencontre, il m’a demandé de l’épouser », dit-elle. « Je n’étais pas prête à cela ».   

Mais, Monsieur Manna a persisté, en continuant à parler de mariage à plusieurs reprises; il a même demandé à un autre agent COVID-19 d’essayer de la convaincre. Et, peu de temps après, son vœu s’est réalisé.  

« Il m’a conquise en un mois », avoue Madame Hassen. « J’étais follement amoureuse de lui ».

Elle décrit son mari comme « un homme bien élevé, honnête et gentil », Madame Hassen explique qu’être amoureuse lui apporte un sentiment de paix. Pour sa part, Monsieur Manna dit que sa nouvelle femme ne ressemble à aucune autre qu’il avait connue auparavant, et il loue ses qualités. « Elle est honnête, et cela me donne un sentiment de sécurité », ajoute-t-il. « Elle est aussi très jolie. »   

Chacun a présenté l’autre à sa famille et à ses amis par téléphone, en Tunisie et au Soudan, et leur union a reçu leurs bénédictions de loin.

Planifier un mariage pendant une pandémie présentait une foule de défis, mais ces obstacles n’ont pas arrêté le couple, qui s’est marié le 17 avril, lors d’une cérémonie intime devant un notaire, sans fête ni rassemblement. « La veille, nous sommes allés ensemble acheter ma robe et son habit », ajoute la mariée. « Je me suis habillée seule, sans personne même pour m’aider à fermer ma robe ».

Maintenant, au début de leur vie conjugale, ils s’installent peu à peu dans un nouveau condominium et envisagent l’avenir avec plaisir. Les nouveaux mariés prévoient de célébrer éventuellement leur mariage avec leurs amis et leurs familles et d’aller en lune de miel au Mexique aussitôt que les directives de la Santé publique le permettront.

Ils continuent tous deux à travailler au Centre gériatrique Maimonides Donald Berman, en veillant à la sécurité des membres du personnel et des résidents. Ils poursuivent également leurs études : Madame Hassen en éducation de la petite enfance et Monsieur Manna en génie informatique. Mais, ils disent qu’ils veulent continuer à faire du bénévolat auprès des personnes âgées. 

Monsieur Manna a commencé à travailler au Centre gériatrique Maimonides Donald Berman comme PAB adjoint pendant la première vague de la pandémie, et dans le cadre de ses fonctions il devait nourrir les résidents et interagir avec eux individuellement. « J’ai l’impression de voir mon père ou mon grand-père », dit-il. « J’ai appris à connaître ce qu’ils aiment et comment les faire rire – et des liens émotionnels se dont tissés ».  

Il continue à s’acquitter de ces tâches bénévolement pendant la fin de semaine, entre ses quarts de travail à temps plein à titre d’agent COVID-19, une aide grandement appréciée selon Jennifer Clarke, la coordinatrice du Centre gériatrique Maimonides Donald Berman.

« La joie de vivre de Mansour et son bon cœur sont évidents dans la manière dont il interagit avec toutes les personnes qu’il rencontre », de dire Madame Clarke. « Plusieurs résidents du Centre ont tissé de liens avec lui en tant que PAB adjoint, tellement qu’il continue à passer du temps avec eux entre ses quarts de travail comme agent COVID-19. Les résidents dont il s’occupe sont toujours heureux de le voir et l’accueillent en souriant et en applaudissant. Mansour est un atout pour notre équipe ».

En définitive, l’histoire d’amour de ce couple transmet le message qu’il faut chercher une humanité commune, même au cœur d’une crise. « La pandémie nous a tous montré que la race, la religion, la richesse n’ont aucune importance », ajoute Madame Hassen. « Le virus ne fait pas de discrimination. Nous sommes tous des êtres humains, et tous dans la même barque. Faire preuve d’humanité est ce qui est le plus important ». Monsieur Manna se fait l’écho de ces sentiments. « Même pendant une période sombre, il y a de l’amour et il y a de la lumière », dit-il. « Nous traverserons ces moments difficiles en nous aimant les uns les autres et en faisant preuve de bienveillance les uns envers les autres ».