La télésanté se révèle être un héritage positif de la pandémie de la COVID-19 selon les responsables médicaux

La Dre Diane Francoeur, présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec et le Dr Louis Godin, président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec
La Dre Diane Francoeur, présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec et le Dr Louis Godin, président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec

La télésanté est bien enracinée et la réussite de son déploiement pendant la pandémie de la COVID-19 pourrait s’avérer être une conséquence positive de cette crise de santé publique, selon les principaux groupes de médecins du Québec.

Les dirigeants des fédérations représentant les médecins omnipraticiens et spécialistes du Québec affirment que l’Hôpital général juif et d’autres installations du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal sont sur la bonne voie en adoptant les consultations à distance et en tirant parti des autres outils numériques pour offrir de meilleurs soins de santé.  

« Vous allez dans la bonne direction, il faut juste continuer » de dire la Dre Diane Francoeur, présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec. « Vous êtes en avance à l’Hôpital général juif. Vous vous êtes donné des moyens que les autres hôpitaux n’ont pas toujours, et je vous en félicite. »

Depuis le début de la pandémie, notre CIUSSS a implanté ou élargi plusieurs services à distance, des rendez-vous en médecine familiale aux évaluations psychiatriques en passant par les suivis postpartum des nouvelles mères.  

Le Dr Louis Godin, président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, déclare que la télésanté a permis aux médecins de l’ensemble de la province de continuer à traiter leurs patients pendant la pandémie et la réponse a été largement favorable.

« Selon les premiers échos que nous recevons, les médecins sont très satisfaits », dit le Dr Godin.

« La télésanté donne beaucoup de flexibilité aux médecins et aux patients. Cela nous nous a permis de traverser cette crise. »

Il estime que 80 pour cent des consultations des médecins généralistes pendant la pandémie du coronavirus ont été effectuées à distance, surtout par téléphone. Il s’attend à ce que ce taux diminue pour se situer à environ 25 ou 30 pour cent, au fur et à mesure de la reprise des visites à l’hôpital et dans les cliniques. Et, il ajoute que les consultations face à face seront toujours un élément essentiel des soins de santé.

Cependant, les soins numériques, que ce soit par téléphone, par Zoom ou par le biais d’autres outils de vidéoconférence, resteront un élément permanent du paysage médical au Québec. Il aura fallu la pandémie de la COVID-19 pour que le gouvernement du Québec autorise finalement les médecins à facturer les consultations en télésanté au régime d’assurance maladie du Québec, un changement que les médecins réclamaient depuis des années. 

Maintenant que l’urgence du déploiement est passée, le Dr Godin veut négocier avec la province des ententes de télésanté à plus long terme, qui couvriraient les normes, les directives et les structures tarifaires.  

« Nous avons essentiellement lancé un immense projet pilote à vitesse grand V. Cela nous a permis de comprendre que la télésanté était un outil qui donnait des résultats très positifs. Personne ne peut imaginer faire marche arrière maintenant. »

Le Dr Lawrence Rosenberg, président-directeur général de notre CIUSSS est du même avis.

« L’expérience acquise pendant la pandémie illustre clairement les raisons pour lesquelles nous devons embrasser la télésanté et tirer pleinement parti de son potentiel », dit-il. « Bien que l’usager et le professionnel de la santé soient loin l’un de l’autre, le lien entre eux reste solide. La télésanté donne aux usagers l’assurance que leurs besoins peuvent être comblés rapidement et de manière satisfaisante. » 

Selon la Dre Francoeur, il y a du travail à accomplir pour accroître l’accès à la télésanté dès maintenant, avant le début d’une deuxième vague éventuelle du virus. Notre objectif est d’aider les personnes âgées à utiliser les ordinateurs et les iPads pour communiquer avec leurs médecins.

Après que le premier ministre François Legault ait sollicité des candidatures pour combler les postes de préposés aux bénéficiaires dans les centres de soins de longue durée du Québec, 70 000 personnes se sont inscrites note-t-elle. « Peut-être que certains ne sont pas aptes à être préposés, mais ils pourraient très bien circuler dans une résidence et aider les personnes âgées à comprendre ce que le médecin leur demande à l’écran du iPad ».

La Dre Francoeur aimerait voir plusieurs fronts numériques progresser dans le domaine des soins de santé, y compris en ce qui a trait aux ordonnances et aux dossiers médicaux électroniques. « Dans l’ensemble, au Québec nous en sommes encore aux balbutiements en matière d’utilisation de la santé virtuelle ».  

« Les autres provinces ont beaucoup d’avance sur nous », dit-elle. « Nous sommes en 2020, dans la ville qui se proclame être un phare en matière d’intelligence artificielle. Comment se fait-il que la chose la plus importante pour toutes les Québécoises et tous les Québécois – la santé – soit tellement en retard ? »

Elle fait néanmoins des éloges à l’HGJ pour ses innovations et son rôle de chef de file à titre de centre désigné de traitement de la COVID-19. « Vous avez fait la différence pendant la pandémie ».