La réalité virtuelle transporte les personnes âgées vers des horizons lointains

Dans une salle des loisirs au Centre gériatrique Maimonides Donald Berman, Tobie Bruner Schwartz (à droite) pendant une séance de réalité virtuelle supervisée par les thérapeutes en loisirs Lucy Bridgeman (à gauche) et Catherine Drew.
Dans une salle des loisirs au Centre gériatrique Maimonides Donald Berman, Tobie Bruner Schwartz (à droite) pendant une séance de réalité virtuelle supervisée par les thérapeutes en loisirs Lucy Bridgeman (à gauche) et Catherine Drew.

Le temps est gris et il fait froid dehors, mais cela n’incommode pas Tobie Bruner Schwartz. Elle nage actuellement dans une mer azur scintillante avec un groupe de dauphins, en regardant le soleil filtrer à travers la surface de l’eau.  

« Oh, c’est superbe! » s’exclame-t-elle. « Regardez les couleurs! »

Tobie Bruner Schwartz (à gauche) et Gloria Lallouz rient ensemble après avoir utilisé leur simulateur de réalité virtuelle.
Tobie Bruner Schwartz (à gauche) et Gloria Lallouz rient ensemble après avoir utilisé leur simulateur de réalité virtuelle.

L’expérience n’est pas réelle, mais son émerveillement l’est. Assise dans un fauteuil de la salle des loisirs au Centre gériatrique Maimonides Donald Berman, Madame Schwartz porte des lunettes de réalité virtuelle qui l’ont transportée vers un monde lointain et fabuleux.

Depuis l’été 2023, le Centre gériatrique Maimonides Donald Berman utilise cette technologie pour ouvrir de nouveaux horizons aux personnes âgées comme Madame Schwartz. Sans quitter leur résidence, ces voyageur(euse)s virtuel(le)s s’envolent en montgolfière, gambadent avec des chiots-guides, assistent à un concert de la neuvième symphonie de Beethoven et visitent les maisons de leur enfance.

Ces aventures sont surveillées par l’Équipe des loisirs du Centre de soins de longue durée, dont les membres supervisent et gèrent les séances de réalité virtuelle à partir d’une tablette. 

« Ces séances nous permettent d’amener le monde extérieur dans le Centre », explique la thérapeute en loisirs Lucy Bridgeman. « Les résident(e)s peuvent aller n’importe où, n’importe quand, dans le confort de notre Centre. »

« C’est comme s’ils avaient le monde dans la paume de leur main. »

Lucy Bridgeman, thérapeute en loisirs

Gloria Lallouz, une résidente du Centre, qui a nagé avec les dauphins en compagnie de Madame Schwartz, a utilisé les lunettes récemment pour faire une visite virtuelle d’une synagogue ornée de vitraux élaborés. « J’avais le sentiment d’y être réellement », dit Madame Lallouz. « J’ai été emportée vers un endroit où je ne pouvais pas aller et que je ne pouvais pas connaître. C’est la beauté de ces visites. »

La thérapeute en loisirs Lucy Bridgeman tient une tablette sur laquelle est affichée la nage avec les dauphins que les résidents peuvent expérimenter par le biais de la réalité virtuelle.
La thérapeute en loisirs Lucy Bridgeman tient une tablette sur laquelle est affichée la nage avec les dauphins que les résidents peuvent expérimenter par le biais de la réalité virtuelle.

Selon les adeptes, cette technologie aide à lutter contre l’isolement social et à stimuler les utilisateurs, particulièrement les personnes souffrant d’un déclin cognitif. La réalité virtuelle présente également certains avantages physiques : lorsque les résident(e)s tendent la main pour caresser des chiots virtuels, par exemple, ils et elles s’étirent, se penchent et utilisent leurs bras. 

Et, il y a aussi l’élément émotionnel. Grâce à cette plateforme numérique, les membres de l’Équipe des loisirs ont aidé des résident(e)s à trouver les maisons de leur enfance et les ont accompagné(e)s dans une visite virtuelle actuelle de leurs villes ou de leurs quartiers. Une femme, survivante de l’Holocaust, a revisité une ville de sa Pologne natale.

La thérapeute en loisirs Catherine Drew a aidé une autre femme à retrouver la maison de son enfance dans le quartier Outremont, à Montréal. Portant les lunettes, cette femme a pu voir l’extérieur de la maison tel qu’il est aujourd’hui, et elle a commencé à se souvenir de sa famille, des activités de son enfance et de l’arbre qui poussait devant sa fenêtre.

« Elle débordait de joie », se souvient Madame Drew.

« Pour certain(e)s résident(e)s, les souvenirs sont leurs biens le plus précieux. »

Catherine Drew, thérapeute en loisirs

Le CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal s’est associé à la société Rendever de Boston pour offrir la technologie de réalité virtuelle — un autre exemple de la manière dont notre CIUSSS tire parti de la technologie pour améliorer les soins aux patient(e)s et aux résident(e)s, peu importe leur âge ou leurs capacités physiques. En février, le programme de réalité virtuelle a été élargi pour inclure le CHSLD juif Donald Berman.

« Ce programme remet en question l’idée fausse selon laquelle les adultes plus âgés ne peuvent pas utiliser la technologie ou ne peuvent pas en tirer parti », dit Leah Berger, adjointe à la directrice du Programme de soutien à l’autonomie des personnes âgées (SAPA), Soins de longue durée.

Voici comment la technologie de la réalité virtuelle est utilisée au Centre gériatrique Maimonides Donald Berman :

Les résident(e)s peuvent utiliser les lunettes, qu’ils soient supervisé(e)s, seul(e)s ou en groupe depuis n’importe quel endroit de leur Centre, même dans leur lit. Et, les possibilités de réalités virtuelles seront élargies cette année : les proches pourront télécharger des vidéos pour permettre aux résident(e)s des centres de soins de longue durée de prendre part virtuellement aux voyages en famille ou aux célébrations. Ces personnes pourront également participer à des activités en groupe, comme des jeux-questionnaires avec les résident(e)s d’autres centres qui utilisent la technologie.

« Grâce à la réalité virtuelle, les résident(e)s peuvent continuer à explorer ce qui les intéresse et à être des membres actifs de la communauté, quelles que soient les restrictions physiques ou les frontières géographiques », ajoute Madame Berger. « Ce programme fournit le mécanisme nécessaire à cette connexion. »

Pour Madame Schwartz, cette visite virtuelle a suscité à la fois un sentiment de relaxation et d’émerveillement. « Je me suis sentie immergée, comme si j’étais dans un autre monde », a-t-elle déclaré après sa séance. « C’était comme partir en voyage, vers un endroit où je pouvais oublier tous mes problèmes. C’était très calme et apaisant. » Une escapade fort agréable lors d’un après-midi hivernal de janvier!

* Le financement de la technologie de réalité virtuelle au Centre gériatrique Maimonides Donald Berman a été fourni par la Fondation Maimonides Donald Berman. Le financement au CHSLD juif Donald Berman a été fourni par la Fondation du CHSLD juif Donald Berman.