La liberté sur deux roues!

Les enseignants et les élèves du Programme de cyclisme au site Mackay célèbrent après une autre leçon réussie. De gauche à droite : Gabriela, Sophia et Nathan. Debout, le kinésiologue Éric Parent (à gauche) et le physiothérapeute David Marcotte.
Les enseignants et les élèves du Programme de cyclisme au site Mackay célèbrent après une autre leçon réussie. De gauche à droite : Gabriela, Sophia et Nathan. Debout, le kinésiologue Éric Parent (à gauche) et le physiothérapeute David Marcotte.

L’Équipe de réadaptation du CIUSSS ouvre le monde du cyclisme aux enfants souffrant de troubles de la coordination

Auparavant, Sophia Giraldo avait peur de faire du vélo, elle craignait de perdre l’équilibre et de tomber. Elle regardait ses ami(e)s s’amuser sans elle. « Je me sentais exclue. Cela me rendait triste », explique la fillette âgée de 10 ans qui souffre d’un trouble de la coordination.  

Au printemps, Sophia s’est engagée dans une démarche qui lui a ouvert une nouvelle voie : elle s’est inscrite au Programme de cyclisme du site Mackay, au Centre de réadaptation Lethbridge-Layton-Mackay. Peu à peu, Sophia a surmonté sa peur. Elle a appris à se tenir en équilibre sur son vélo, puis à le propulser en avant, et sa confiance en elle augmentait à chaque leçon. Rapidement, Sophia avançait allègrement toute seule.

« Je suis tellement heureuse », a dit Sophia récemment avec un large sourire à la fin d’une leçon, sous le regard bienveillant de sa mère. « Je suis fière de moi. »

Récemment, la Sophia craintive s’est transformée en cycliste souriante. Tout comme Sophia, la douzaine d’enfants participant au Programme arrivent au site Mackay, situé sur le boulevard Décarie, avec leur vélo, leur casque et une bonne dose de persévérance, uni(e)s dans l’espoir de réaliser un objectif commun : la joie de faire du vélo.

Regardez les enfants qui apprennent à faire du vélo dans le cadre du Programme offert par le site Mackay

Pour les enfants, apprendre à faire du vélo est un rite de passage qui marque un pas vers la liberté et l’indépendance. Grâce à l’Équipe de réadaptation du Programme de développemental et moteur, cette liberté devient accessible aux enfants atteints de paralysie cérébrale, de troubles du développement de la coordination et d’autres problèmes neuromusculaires.

Le kinésiologue Éric Parent et le physiothérapeute David Marcotte soutiennent les enfants qui sont âgés de cinq à 13 ans, en fragmentant les leçons de vélo en étapes faciles à gérer. Ils enseignent d’abord aux enfants à avoir de l’équilibre, puis à avancer. Par la suite, les pédales sont installées sur les vélos lors de la quatrième de six leçons. À chaque coup de pédale, les enfants progressent vers un objectif qui leur semblait inatteignable peu de temps auparavant.

Le fils de Jean-François Gibeau, Thomas, âgé de 10 ans, est arrivé à la leçon en doutant de lui-même. « Je ne peux pas le faire. Je vais tomber », disait-il à son père. Cependant, après une seule leçon, Thomas a découvert qu’il pouvait tenir en équilibre sur son vélo, exactement comme les autres enfants. Le garçon était fou de joie.

« C’est la plus belle journée de ma vie », a-t-il dit à son père.

Chaque nouvelle leçon donne aux enfants un sentiment d’accomplissement « Ce sont des petites victoires », a souligné Monsieur Gibeau pendant qu’il regardait son fils participer à la leçon.

« Comme parents, on est fier de l’avoir accompagné dans ce cheminement. »

Jean-François Gibeau

Le cyclisme procure non seulement les bienfaits d’une activité physique, mais il dissout aussi l’isolement social. Les enfants qui participent aux leçons ont éprouvé des difficultés en raison de leur développement différent de celui des autres. Mais, en compagnie des autres apprenti(e)s cyclistes, ces enfants sentent qu’ils et qu’elles font partie d’un groupe. 

« Ces enfants ne craignent pas d’être ridiculisés ni d’échouer, puisqu’ils sont tous dans le même bain », ajoute Monsieur Parent. Entourés de parents et de spécialistes, les enfants sont plus enclins à prendre des risques. « Ils et elles sont dans un environnement social au sein duquel ils et elles se sentent soutenus et en sécurité. »

Dernièrement, après avoir guidé les enfants pendant une série d’exercices, Monsieur Parent et Monsieur Marcotte leur ont proposé le dernier défi de la journée — un tour de piste pour s’entraîner. Ensemble, les enfants ont pris place avec enthousiasme dans leur couloir pour la grande finale.

Ensuite, à l’approche de leur tour, Monsieur Parent criait : « Trois, deux, un—go, go, go! »

Les enfants pédalaient dans leur couloir, penché(e)s sur leur guidon, les yeux fixés sur la voie devant eux et le visage contracté par l’effort et la concentration. En franchissant la ligne d’arrivée, chaque enfant semblait voir de nouveaux horizons s’ouvrir à lui ou à elle. Thomas a dit qu’il annoncerait à ses amis qu’il pourrait bientôt faire du vélo avec eux.

Ces moments, lorsqu’un(e) enfant termine le cours, et sait qu’il ou qu’elle a réussi quand il ou elle pensait échouer, sont la source de la motivation et de la satisfaction profonde du personnel du Centre de réadaptation.

« Mon plus grand plaisir », note Monsieur Parent, « c’est de voir leur grand sourire, quand ces enfants disent, “Je suis capable! Je suis capable!” ».