Ils protègent les autres contre la COVID-19, une dose de vaccin à la fois

Le pharmacien Wangqi Chen (à l’avant) porte des gants protecteurs pour retirer un sac de glace sèche du carton d’emballage des vaccins, au Centre gériatrique Maimonides Donald Berman. À l’arrière-plan, le pharmacien Julien Roy-Lafrance s’affaire également pour recevoir la livraison.
Le pharmacien Wangqi Chen (à l’avant) porte des gants protecteurs pour retirer un sac de glace sèche du carton d’emballage des vaccins, au Centre gériatrique Maimonides Donald Berman. À l’arrière-plan, le pharmacien Julien Roy-Lafrance s’affaire également pour recevoir la livraison.

Pendant plusieurs semaines, la dernière chose que le pharmacien Wangqi Chen faisait avant d’aller au lit était de rejeter un coup d’œil à son téléphone mobile. Il ne regardait pas le fil des activités sur Facebook. Non. Il s’assurait que la température du congélateur qui contenait les vaccins contre la COVID-19 au Centre gériatrique Maimonides Donald Berman était suffisamment froide.

Le vaccin Pfizer-BioNTech doit être entreposé dans un congélateur très particulier, à -75 o Celsius, soit à peu près la température qu’il fait en Antarctique pendant l’hiver, et il incombait à M. Chen de s’assurer que cette température était maintenue. Surveiller la température du congélateur à distance est l’une des nombreuses tâches que les pharmaciens, comme M. Chen, accomplissent en coulisses au sein de notre CIUSSS pour s’assurer que le déploiement de cette vaccination historique se déroule harmonieusement et en toute sécurité.  

 « Je fais ce que je peux pour m’assurer que les vaccins sont bons et prêts, et qu’ils ne sont pas gaspillés », dit M. Chen, qui vérifiait aussi la température du congélateur aussitôt qu’il se réveillait. « Grâce à ce vaccin, nous voyons enfin une lueur au bout du tunnel ».

Transporter le vaccin Pfizer de l’usine de fabrication, en Belgique, jusqu’au bras des gens, à Montréal, constitue un énorme casse-tête logistique, et les pharmaciens de notre CIUSSS doivent s’assurer que toutes les pièces d’emboîtent parfaitement. Pendant la campagne de vaccination, les pharmaciens et les techniciens en pharmacie préparent les doses précieuses qui protégeront leurs collègues et les autres personnes vulnérables.

« Mon équipe était impatiente de participer au processus visant à mettre fin à la pandémie », a déclaré Eva Cohen, chef du Département de pharmacie du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal. « Nous nous sommes tous engagés et avons déployé tous les efforts possibles pour aider. Nous sommes heureux de participer à la solution ».

La complexité et l’importance du travail des pharmaciens étaient évidentes en décembre, quand UPS a livré au Centre gériatrique Maimonides Donald Berman les premiers vaccins Pfizer à arriver à Montréal. M. Chen était sur place pour les recevoir. Après avoir enfilé des gants épais isolés, indispensables pour éviter les engelures, il a ouvert la boîte de carton avec un couteau et soulevé soigneusement deux plateaux de vaccins. Chaque carton d’expédition est emballé avec de la glace sèche et un traceur de géolocalisation (GPS) permettant de vérifier en tout temps la température des vaccins et le lieu où ils se trouvent pendant le transport.

M. Chen et le pharmacien Julien Roy-Lafrance ont placé les plateaux dans le congélateur ultrafroid, qui est à peu près de la taille d’un réfrigérateur domestique ordinaire. Ensuite, une série d’étapes doivent être effectuées avant que les vaccins soient prêts à être injectés.

Dès que les vaccins sont retirés du congélateur, le compte à rebours commence, puisqu’ils restent efficaces pendant seulement cinq jours à la température de réfrigération. Pour préparer les vaccins à être injectés, les pharmaciens doivent les diluer avec une solution saline, retourner doucement les flacons à plusieurs reprises, comme un sablier, et les inspecter soigneusement.

Après ces étapes, il reste très peu de temps pour les utiliser. En effet, les vaccins doivent être injectés dans les six heures après avoir été dilués. Comme pour une chorégraphie bien réglée, tous les mouvements doivent être synchronisés précisément, de manière à ce que quand les pharmaciens sont prêts à livrer les vaccins, des bras sont prêts à les recevoir. « C’était un calcul constant, tous les jours », explique M. Chen.

Les pharmaciens de notre CIUSSS ont collaboré étroitement avec les équipes des Ressources humaines et de Sécurité et mieux-être au travail afin que les horaires des rendez-vous soient harmonisés au processus de décongélation et qu’aucun vaccin ne soit gaspillé. « Nous nous sommes assurés de les utiliser jusqu’à la dernière goutte », ajoute Madame Cohen.

Gaëlle Abittan, chef adjointe, Département de pharmacie, prépare les seringues pour les vaccins contre la COVID-19
Gaëlle Abittan, chef adjointe, Département de pharmacie, prépare les seringues pour les vaccins contre la COVID-19

La pharmacienne se dit emballée de participer à un effort historique pour tourner la page de la pandémie. Gaëlle Abittan, chef adjointe du Départment de pharmacie, a fait partie de la brigade du CIUSSS qui participe à la vaccination des résidents des centres de soins de longue durée et des ressources intermédiaires. Outre son rôle dans le domaine de la santé publique, les efforts de Madame Abittan ont une dimension personnelle : elle a elle-même été infectée par la COVID-19.

« Penser qu’une personne et sa famille peuvent être épargnées est réellement énorme », dit-elle. « Je sais combien cette tâche est importante, et c’est formidable de pouvoir y participer ».