Il est important de maintenir une vie saine et équilibrée, et de soutenir nos collègues pendant la pandémie de COVID-19 selon le psychiatre en chef de l’HGJ

Our health care workers are the heroes of the COVID-19 pandemic, says Dr. Karl Looper, JGH Chief of Psychiatry
Our health care workers are the heroes of the COVID-19 pandemic, says Dr. Karl Looper, JGH Chief of Psychiatry

La rédaction de l’Infolettre 360 a posé quelques questions au Dr Karl Looper, psychiatre en chef du Service de psychiatrie de l’Hôpital général juif et codirecteur du Programme de santé mentale de notre CIUSSS, sur les effets de la pandémie de COVID-19 sur le personnel de notre CIUSSS. Voici les réponses du Dr Looper.

Les membres du personnel sont encouragés à s’occuper autant de leur bien-être physique que de leur santé mentale. Quels sont les types de problèmes auxquels ils font face?

Les craintes provoquées par l’incertitude sont certainement éprouvantes : comment se protéger, quelle sera l’ampleur de la crise et quels seront les effets de ce virus sur notre santé et sur celle de nos proches, sont des questions qui causent de l’anxiété.

Bien d’autres défis exacerbent ces préoccupations à savoir, la perte d’emploi par l’un de nos proches, les difficultés financières, la nécessité de s’occuper de jeunes enfants ou de membres plus âgés de la famille qui sont particulièrement vulnérables et, pour les soignants en première ligne, la peur de ramener le virus à la maison.

Y a-t-il autre chose?

Parfois, des questions très pragmatiques augmentent le stress. Par exemple, le fait de devoir se rendre au travail en transport en commun provoque de la peur en raison du risque de contagion qui y est associé.

Bien que la pandémie de COVID-19 soit à maints égards sans précédent, pourrait‑on s’inspirer d’indicateurs du passé pour comprendre ses effets sur notre société?

Au Canada, la plus récente expérience qui pourrait servir de point de comparaison est l’épidémie du SRAS de 2003. Toronto a été l’une des villes les plus touchées au monde et les études démontrent que près de la moitié des médecins et un tiers des travailleurs de la santé ont souffert de détresse psychologique associée aux soins prodigués aux patients atteints du SRAS.

Est-ce possible d’atténuer le stress vécu par le personnel?

Les vagues de remerciements du public envers nos travailleurs de la santé, qui sont les véritables héros de cette pandémie, sont réconfortantes.

Je pense qu’il nous faut reconnaître à la fois le travail extraordinaire qu’ils accomplissent et la détresse qu’ils ressentent. Il est essentiel que la direction de l’Hôpital, et nos spécialistes en prévention des infections continuent à communiquer avec notre personnel et à les informer régulièrement pour les rassurer. Parallèlement, des efforts sont déployés pour permettre aux gens de travailler à partir de la maison ou de prodiguer des télésoins, si possible.

Auriez-vous des conseils à offrir?

Il faut essayer de maintenir une vie saine et équilibrée –  faire de l’exercice, sortir marcher en journée, bien dormir et bien manger. Nous devons rester en contact, appeler nos amis et nos proches pour maintenir des liens sociaux malgré les mesures d’éloignement social imposées.

Le plus important est certainement de nous soutenir les uns les autres, c’est-à-dire, de s’assurer que nos collègues tiennent le coup et de les orienter vers de l’aide, au besoin.

Si vous avez besoin d’aide psychsociale, appelez la ligne d’écoute confidentielle pour soutenir les employés et les gestionnaires (514-265-6588 /514‑266‑2529), ou le Programme d’aide aux employés de notre CIUSSS, 24 heures sur 24, au 1-800-361-2433.

Les médecins peuvent rejoindre le Programme d’aide aux médecins du Québec (PAMQ) http://www.pamq.org/fr/ au (514) 397-0888, sans frais au

1 (800) 387-4166, ou par courriel à info@pamq.org