Faire sourire les personnes neurodivergentes

Les membres de l’Équipe médicale, dentaire et de réadaptation, ainsi que les représentants de la Fondation Azrieli, se sont réunis le 2 avril pour inaugurer la Clinique Azrieli pour la communauté neurodivergente, située au CLSC René-Cassin.
Les membres de l’Équipe médicale, dentaire et de réadaptation, ainsi que les représentants de la Fondation Azrieli, se sont réunis le 2 avril pour inaugurer la Clinique Azrieli pour la communauté neurodivergente, située au CLSC René-Cassin.

Lancement de la première clinique à Montréal à offrir des services médicaux et dentaires aux adultes ayant un trouble du spectre autistique ou une déficience intellectuelle

Dernièrement, lorsque l’hygiéniste dentaire Deysi Lemus a accueilli une patiente à la clinique Azrieli pour la communauté neurodivergente, cette dernière était tendue et agitée. La patiente était effrayée d’être à la Clinique et trop nerveuse pour l’allonger sur le fauteuil dentaire.

Madame Lemus a pris le temps de la mettre à l’aise. Elle s’est elle-même allongée dans le fauteuil et elle a permis à la patiente, qui est trisomique, de manipuler certains outils dentaires et de les utiliser sur elle. Peu à peu, la patiente s’est détendue, et à la fin du rendez-vous, elle était tellement heureuse qu’elle a exécuté une petite danse avec Madame Lemus.

« Elle ne voulait pas partir », se souvient Madame Lemus. « Mon but est de diminuer les craintes et de faire vivre aux clients une belle expérience. »

« Je veux montrer qu’on est gentil et qu’on est là pour les aider. »

Deysi Lemus, hygiéniste dentaire

Madame Lemus, qui est membre de l’Équipe du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal, tire parti de ses compétences pour appuyer la réussite de la Clinique Azrieli, la première à Montréal à offrir sous un même toit des services médicaux et dentaires aux adultes ayant un trouble du spectre autistique (TSA) ou une déficience intellectuelle (DI).

L’hygiéniste dentaire Deysi Lemus.
L’hygiéniste dentaire Deysi Lemus.

Inaugurée le 2 avril par le ministre des Services sociaux Lionel Carmant, la Clinique offre un environnement de sons, de couleurs et d’éclairage apaisants, et comporte de l’équipement spécialisé comme des tables d’examen et des fauteuils dentaires modifiés, des appareils de levage et des balances conçus pour les fauteuils roulants, des portes et des salles d’attente aménagées différemment. Une salle multisensorielle Snoezelen aide à réduire l’agitation des patient(e)s. De plus, à la Clinique les rendez-vous durent de 45 minutes à une heure, soit plus longtemps que ceux de 15 minutes dans les cliniques conventionnelles.

« Je ne regarde pas l’horloge et je ne vois pas le temps passer », ajoute Madame Lemus, dont le rendez-vous avec la patiente a duré près de 90 minutes. « C’est dire à quel point j’aime travailler ici! »

La Clinique Azrieli offre une alternative aux cliniques dentaires et médicales conventionnelles, qui peuvent être stressantes pour les personnes neurodivergentes.

« Ces endroits sont souvent trop bruyants et trop achalandés, et ce type d’environnement peut déclencher une crise d’anxiété », explique la Dre Shari Joseph, psychologue et coordonnatrice en réadaptation à la Résidence Miriam et pour les services de CLSC. « Et, ces patient(e)s interagissent avec des personnes qui n’en savent souvent pas beaucoup à leur sujet. »

La nouvelle Clinique, fondée grâce à un partenariat entre notre CIUSSS et la Fondation Azrieli, avec le soutien de la Fondation de l’Hôpital général juif, compte sur l’expertise et le dévouement de nombreux professionnels médicaux et dentaires, comme les dentistes, les médecins, les infirmier(ère)s et les hygiénistes dentaires. De plus, les ergothérapeutes, les éducateur(trice)s spécialisé(e)s, les analystes du comportement et d’autres spécialistes de la Résidence Miriam ont été d’un apport essentiel au développement des services de la Clinique tout en offrant un soutien soutenu à la clientèle.  

« À la Résidence Miriam, nous avons des spécialistes du trouble du spectre autistique, de la déficience intellectuelle et de la déficience physique, et ces personnes savent ce qu’il faut faire. »

Dre Shari Joseph

« Ils connaissent aussi certains de facteurs de risque associés aux différentes déficiences » , ajoute la Dre Joseph.

L’éducateur Sony Dupoux, du Complexe résidentiel Guimont de la Résidence Miriam, accompagne le client Ronald Coyle à l’inauguration de la Clinique Azrieli.
L’éducateur Sony Dupoux, du Complexe résidentiel Guimont de la Résidence Miriam, accompagne le client Ronald Coyle à l’inauguration de la Clinique Azrieli.

Sony Dupoux, un éducateur au Complexe résidentiel Guimont de la Résidence Miriam, a accompagné des clients à des cliniques médicales et dentaires conventionnelles, qui peuvent parfois susciter de l’anxiété et de l’impatience chez ces personnes. À la Clinique Azrieli, il a vu une différence.

« Les membres du personnel s’adaptent à la personne. L’approche est centrée sur la clientèle », précise-t-il. « Ce type de démarche donne à ces personnes une forme de sérénité et de confiance qu’ils n’avaient pas forcément ailleurs. »

La Clinique Azrieli démontre déjà son importance : certain(e)s client(e)s adultes consultent un dentiste pour la première fois de leur vie, tandis que d’autres reviennent volontairement pour une visite de suivi, dit Sean Stirrup, le gestionnaire de la Clinique.

« Certaines personnes reviennent parce qu’elles sont à l’aise après une première visite réussie », ajoute Monsieur Stirrup, qui est également chef d’administration de programme à la Résidence Miriam. « C’est très gratifiant. Nous faisons ce type de travail pour aider les gens. Il est très important d’être en mesure de leur fournir des soins médicaux et dentaires pour améliorer leur qualité de vie. »

Regardez cette vidéo pour en savoir plus au sujet de la Clinique Azrieli pour la communauté neurodivergente.