Des chambres plus intelligentes, des soins plus sûrs : l’IA permet d’assurer un meilleur suivi des résident(e)s

Jovilyn Deatras, infirmière et cheffe d’équipe, explique le fonctionnement d’un capteur pour matelas au CHSLD juif Donald Berman.
Jovilyn Deatras, infirmière et cheffe d’équipe, explique le fonctionnement d’un capteur pour matelas au CHSLD juif Donald Berman.

L’avenir est déjà arrivé au quatrième étage du pavillon Kastner au CHSLD juif Donald Berman, où des capteurs alimentés par l’IA aident à améliorer les soins aux résident(e)s.

Des capteurs discrets et sans contact ont été installés dans les nouvelles chambres intelligentes, afin de surveiller en permanence la fréquence cardiaque, la respiration, les habitudes de sommeil et les niveaux d’activité des résident(e)s. Cette technologie alimentée par l’IA, développée par la société privée Amba, est non intrusive. Elle ne comporte ni caméra, ni microphone, ni appareil portable.

Stephanie Brown et sa mère, Roslyn.
Stephanie Brown et sa mère, Roslyn.

Après avoir appris que cette technologie était déjà utilisée ailleurs dans l’est du Canada, l’Équipe du SAPA (Programme de soutien à l’autonomie des personnes âgées) a commencé a étudier comment elle pouvait être adaptée aux réalités des soins prodigués au CHSLD juif Donald Berman.

Grâce à l’appui essentiel d’OROT, l’incubateur de santé connecté du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal et aux conseils de mise en œuvre du Bureau de la transformation, la technologie Amba a fait l’objet d’un projet pilote au quatrième étage du pavillon Kastner au CHSLD juif Donald Berman. Ce projet a également bénéficié du soutien du réseau envisAGE, une initiative dirigée conjointement par MEDTEQ+ et AGE‑WELLl, financée par le Fonds d’intervention stratégique du gouvernement du Canada, ainsi que de partenaires philanthropiques comme la Fondation du CHSLD juif Donald Berman, qui ont contribué au lancement du projet.

Le CHSLD juif Donald Berman est le lieu idéal pour lancer ce projet. Non seulement le personnel est habitué à l’introduction de nouveaux outils et technologies, mais les résident(e)s présentent des niveaux plus élevés de troubles cognitifs et de perte d’autonomie, ainsi qu’un risque accru de chutes et de changements soudains de leur état de santé.

Comment cette technologie fonctionne-t-elle? Les infirmier(ère)s et les préposé(e)s aux bénéficiaires (PAB) sont avisé(e)s immédiatement de tout changement important dans les habitudes d’un(e) résident(e) par le biais d’un appel téléphonique ou d’une alerte envoyée à un téléphone cellulaire réservé à cette fin.  

L’appel précise le problème décelé, ainsi que le nom et le numéro de chambre du(de la) résident(e), ce qui permet une intervention rapide en cas d’urgence.

Outre les situations urgentes, les Équipes soignantes sont également en mesure de fournir des soins plus proactifs et personnalisés. Lorsque le système Amba décèle des signes précoces d’une détérioration de l’état de santé ou d’un comportement présentant un risque, par exemple, lorsqu’un(e) résident(e) présentant un risque de chute a quitté son lit, le personnel peut intervenir plus rapidement.  

Sophie Benhamou et son  mari, Yoram.
Sophie Benhamou et son mari, Yoram.

Grâce à une surveillance continue des signes vitaux, le système permet souvent d’éviter de réveiller les résident(e)s pendant la nuit, ce qui favorise une meilleure qualité de sommeil et un mieux-être général.

Pour les familles dont une personne proche bénéficie désormais de cette nouvelle surveillance 24 heures sur 24, la technologie procure une tranquillité d’esprit supplémentaire. 

Stephanie Brown, qui est fille unique, vit en Angleterre, tandis que sa mère Roslyn réside au quatrième étage du pavillon Kastner. « La sécurité de ma mère est primordiale, et je crois qu’Amba offre un niveau de sécurité supplémentaire pour les résident(e)s, en permettant au personnel de réagir rapidement en cas d’incident. », explique Madame Brown.

Sophie Benhamou, dont le mari Yoram se déplace en fauteuil roulant depuis qu’il a été victime d’un AVC grave à l’âge de 50 ans, considère elle aussi l’arrivée de la technologie de chambre intelligente comme un atout majeur. Elle confirme qu’Amba lui apporte une plus grande tranquillité d’esprit, avant d’ajouter :

 « Si cette technologie permet de renforcer la touche humaine, tout en la rendant plus efficace, alors je trouve cela formidable ».

Sophie Benhamou, dont le mari est l’un des résidents du CHSLD juif Donald Berman.

C’est là l’essentiel. Cette technologie a été conçue en collaboration avec le personnel de première ligne afin d’appuyer, et non de remplacer, le jugement clinique. En fournissant de l’information pertinente en temps opportun, elle aide les équipes à intervenir plus tôt et à mieux prioriser les soins, ce qui favorise des interactions plus ciblées et centrées sur la personne avec les résident(e)s. Le feed-back soutenu du personnel permet de garantir que la technologie reste harmonisée étroitement avec les pratiques de soins quotidiennes.  

L’infirmière et cheffe d’équipe Jovilyn Deatras regarde le tableau de bord d’Amba. L’information au sujet des patients est fictive et présentée uniquement aux fine de démonstration.
L’infirmière et cheffe d’équipe Jovilyn Deatras regarde le tableau de bord d’Amba. L’information au sujet des patients est fictive et présentée uniquement aux fine de démonstration.

Jennifer Clarke, directrice du SAPA, affirme que l’IA dans les soins de longue durée est déjà bien enracinée. « Nous n’avons d’autre choix que de trouver de nouvelles manières de prodiguer des soins aux adultes plus âgé(e)s et aux personnes vulnérables, et il s’agit d’une solution idéale. L’utilisation de données passives pour éclairer la pratique clinique et prioriser les soins représente l’avenir. »

Kathy Malas, cheffe de la Qualité, Innovation, Intelligence artificielle et Valeur et directrice d’OROT, est du même avis. « Nous n’avons d’autre choix que d’utiliser l’IA pour nous aider à travailler plus intelligemment. Tirer parti des données et de la technologie pour améliorer les soins prodigués aux patient(e)s et faire gagner du temps à notre personnel est toujours notre objectif. »

« Ce projet reflète ce qui nous tient profondément à cœur », ajoute Caroline Hauguel, conseillère en conception et innovation au sein de l’Équipe OROT, qui décrit Amba comme une « innovation ancrée dans des besoins réels et portée par les personnes qui l’utilise quotidiennement. »

Une fois le projet pilote achevé, les résultats seront évalués. En fonction des commentaires du personnel et des familles, le système pourrait être mis en œuvre à d’autres étages du CHSLD juif Donald Berman, ainsi que dans d’autres centres de soins de longue durée du CIUSSS.

Madame Benhamou souligne déjà les résultats positifs du projet pilote, et ce qu’il promet pour l’avenir. « D’après ce que j’ai entendu et la direction que cela prend, je trouve que c’est une idée brillante! »