Comment « l’équipe SWAT » de notre CIUSSS s’efforce de protéger les personnes âgées vulnérables contre la COVID-19

Les membres de l’équipe spécialisée en matière d’infections de la COVID-19 lors de l’une de leurs réunions. En haut, de gauche à droite: Diane Brault, Marcelo Busignani, Fanny Bourgeois. Rangée du milieu, de gauche à droite : Manon Labine, Julie Dwyer, Brenda Lecouteur. En bas, de gauche à droite : Chantal Bellerose, Kathryn Verville- Provencher, Habiba Boutaleb
Les membres de l’équipe spécialisée en matière d’infections de la COVID-19 lors de l’une de leurs réunions. En haut, de gauche à droite: Diane Brault, Marcelo Busignani, Fanny Bourgeois. Rangée du milieu, de gauche à droite : Manon Labine, Julie Dwyer, Brenda Lecouteur. En bas, de gauche à droite : Chantal Bellerose, Kathryn Verville- Provencher, Habiba Boutaleb

Ils sont rapides, ils sont souples et ils interviennent rapidement pour éviter une crise. Il n’est donc pas étonnant qu’ils soient connus sous le nom d’équipe spécialisée en matière d’infections de la COVID-19, surnommée équipe « SWAT ».

Depuis le début de la pandémie, une équipe multidisciplinaire de notre CIUSSS travaille en coulisse pour lutter contre l’une des menaces les plus importantes présentées par le coronavirus : les éclosions dans les résidences pour personnes âgées.

Dans le cadre de plusieurs rencontres hebdomadaires, les gestionnaires du Service de prévention et contrôle des infections (PCI), du programme de Soutien à l’autonomie des personnes âgées (SAPA) et du Directorat de la qualité, innovation, évaluation, performance et éthique (DQIEPE) unissent leurs efforts pour prévenir les éclosions du coronavirus et pour se mobiliser, le cas échéant.

Ils agissent rapidement et stratégiquement, et c’est la raison pour laquelle ils ont adopté le nom d’équipe spécialisée en matière d’infections. « Dès qu’il y a une éclosion, notre équipe est souvent sur place dès le premier jour. Nous sommes vraiment efficaces », explique Luc Méthot, directeur adjoint intérimaire du programme Soutien à l’autonomie des personnes âgées (SAPA). « C’est dans la rapidité d’une intervention que nous pouvons mesurer notre succès. »

L’équipe cible les 29 résidences privées pour personnes âgées du territoire du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal, mieux connues sous le nom de Résidences privées pour aînés (RPA). De plus, l’équipe est également chargée des 16 congrégations religieuses du territoire.  

L’efficacité de l’équipe repose sur des personnes comme Kathryn Verville-Provencher, l’une des infirmières du Service de PCI à l’Hôpital général juif. Un jour, cet automne, elle a été avisée qu’une femme qui habitait dans une résidence privée avait eu un test positif de contamination à la COVID-19.

Madame Verville-Provencher a évalué la situation et s’est rendue à la résidence dans les heures qui ont suivi, accompagnée d’un représentant de la Direction régionale de santé publique de Montréal. « Pour nous, l’intervention était lancée », se souvient Madame Verville-Provencher.

Ensemble, Madame Verville-Provencher, l’exploitant de la résidence et le gestionnaire des services de santé ont passé en revue la liste de contrôle : Qui avait été en contact direct avec la personne infectée au sein de la résidence? Avait-elle joué aux cartes avec d’autres résidents? Avait-elle reçu des soins d’un proche aidant externe?

Madame Verville-Provencher s’est ensuite penchée sur les mesures requises pour contenir le virus. Elle s’est assuré que les draps et les serviettes de la personne contaminée seraient lavés séparément de ceux des autres résidents, et que la vaisselle et les plateaux de nourriture qu’elle utiliserait seraient détruits.

Les personnes avec qui la résidente avait eu des contacts étroits dans la résidence ont également subi un test de contamination; trois tests sont revenus positifs. En raison de ce résultat, l’ensemble des résidents ont été testés pour une contamination à la COVID-19.

Finalement, le pire a été évité : le nombre d’infections dans la résidence, qui compte des centaines de résidents a été limité à six. « Nous avons réussi à limiter les dégâts », de dire Madame Verville-Provencher. « Nous sommes vraiment une équipe tactique ».

Le groupe a commencé à poser les bases de ses interventions dès le début de la pandémie. Les membres ont conclu des partenariats avec les exploitants des résidences privées en leur offrant des conseils en matière de santé et de sécurité et en tissant des liens de confiance. Ces liens sont vitaux en cas d’éclosion.  

Diane Brault, adjointe à la Directive des soins infirmiers de notre CIUSSS, souligne que les RPA représentent un tout nouveau domaine de responsabilité pour son équipe de Prévention et contrôle des infections. Cependant, les employés ont assumé ces rôles élargis. « C’est la grande force de l’équipe. C’est extrêmement agile », dit-elle.

Une autre des forces de cette équipe provient de l’unification des différents Départements et Services de notre CIUSSS pour former ce que l’équipe appelle un « centre de commandement » central dont les membres se réunissent régulièrement en ligne. Outre le groupe central, d’autres partenaires du CIUSSS participant ponctuellement à ces réunions, y compris les Ressources humaines, la Direction de santé publique et les Services intégrés de première ligne.

« C’était une formule gagnante », ajoute Chantal Bellerose, adjointe à la DQIEPE et dont les responsabilités comprennent la certification des RPA. « Nous unissions nos forces et chacune de nos expertises pour offrir le meilleur soutien possible aux exploitants – et, fondamentalement, à la population d’aînés de notre territoire ».

Stefania Iapaolo, l’une des conseillères Qualité de la DQIEPE, répond à la ligne téléphonique réservée et aux courriels de groupe et elle s’assure de la diffusion des documents et de l’information auprès des partenaires. « Nous avons même des réunions virtuelles bihebdomadaires avec tous les exploitants de résidences », dit-elle.

Cet esprit de collaboration du CIUSSS pourrait être la clé de notre réussite dans la lutte contre le coronavirus parmi les personnes âgées vulnérables. « Il y a un effort collaboratif », ajoute Monsieur Méthot, « c’est vraiment exceptionnel ».