Comment deux infirmières de l’HGJ ont transformé un rêve musical en succès dans les médias sociaux

Les infirmières Serena Baffour (à gauche) et Jackie Boudreau (à droite) du Département de l’urgence à l’Hôpital général juif
Les infirmières Serena Baffour (à gauche) et Jackie Boudreau (à droite) du Département de l’urgence à l’Hôpital général juif

Chantant d’une seule voix, le Département de l’urgence suscite un écho de solidarité

Ce qui a commencé avec l’idée de chanter à l’unisson pour montrer leur solidarité s’est soldé par une réussite  – qui a fait sensation dans les médias sociaux!

En avril, les infirmières Serena Baffour et Jackie Boudreau du Département de l’urgence à l’Hôpital général juif ont commencé à ébaucher un projet. Pendant une période de stress sans précédent au travail, en raison du coronavirus, les deux femmes voulaient réunir leurs collègues pour qu’elles et qu’ils expriment ensemble leur solidarité les uns envers les autres par le biais d’une chanson.

Elles ont choisi Lean on Me, un classique lancé en 1972, dont le titre reflétait le message qu’elles voulaient transmettre.

« Nous sommes tous préoccupés par la COVID-19. Nous voulions resserrer les liens entre les membres de l’équipe et souligner que nous pouvions compter les uns sur les autres », se souvient Madame Boudreau.

En seulement deux semaines, leur rêve est devenu réalité. Et, la vidéo de leur chant en cœur à l’HGJ, produite et promue par l’Équipe des communications et relations médias du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal, s’est répandue rapidement dans les médias sociaux. À la mi-mai, la vidéo avait été vue par près de 30 000 personnes et partagée plus de 330 fois.

L’initiative des infirmières a réellement pris forme quand les membres du personnel du Département de l’urgence ont ressenti la pression causée par la COVID-19, et constaté combien leurs collègues et leurs familles avaient de la difficulté à composer avec ce coronavirus. La vie quotidienne au travail était stressante. Plusieurs infirmières et infirmiers étaient également séparés de leurs personnes chères, parce qu’ils avaient pris la décision de s’isoler à leur domicile ou en s’installant ailleurs pour protéger leur famille d’une contamination potentielle. « Nous vivons une période vraiment déstabilisante. Les gens souffrent », de dire Madame Boudreau. « Je voulais seulement trouver quelque chose de positif pendant ces mois difficiles ».  

Elle a contacté Madame Baffour après l’avoir vue chanter sur Facebook. Rapidement, elles ont commencé à inviter leurs collègues à se joindre à leur projet de chanter en cœur le 8 mai, juste avant la fête des Mères. Certains ont répondu qu’ils aimeraient participer, mais que leur voix n’était pas la meilleure : cela n’avait pas d’importance, puisqu’ils pouvaient synchroniser le mouvement de leurs lèvres avec les paroles.

Les deux complices espéraient une bonne participation. La date de l’événement approchait, mais elles ne savaient toujours pas combien de personnes se présenteraient.

Le 8 mai, vers la fin de l’après-midi, des employés ont commencé à prendre place sur l’escalier du pavillon K. Quelques minutes plus tard d’autres sont arrivées. Et d’autres encore par la suite. Quand ils ont commencé à chanter, vers 17 h, il y avait près de 50 personnes sur les marches – infirmières et infirmiers, médecins, inhalothérapeutes et agents de sécurité.

Quand la bande sonore a commencé, leurs voix se sont élevées et n’ont fait qu’une pour entonner ensemble « Lean on me » derrière les masques. Les spectateurs filmaient l’événement sur leurs téléphones. Un patient regardait assis dans son fauteuil roulant.

« J’ai essayé de retenir mes larmes pendant toute la chanson », se souvient Madame Baffour. « J’étais complètement bouleversée. C’était magique de voir le déroulement de cet événement ».

Madame Boudreau était tout aussi touchée. « Autour de moi, les gens avaient des larmes de joie aux yeux. Nous sentions à quel point ils étaient fiers d’être là et de chanter », dit-elle. « À un moment, je mes suis dit ‘j’ai du mal à croire que cet événement a lieu. Que nous nous sommes tous connecté les uns aux autres’ ».

Et, tout aussi étonnant, ce récital a eu lieu pratiquement sans répétition. Les paroles de la chanson étaient collées sur le dos de chaque participant, de manière à ce que la personne qui était derrière puisse les lire.

Le projet a eu un appui en coulisse des membres de l’Équipe des communications du CIUSSS, qui ont aidé à coordonner, à filmer et à monter la vidéo puis à la promouvoir dans les médias sociaux    

Finalement, cette réussite incarne la raison d’être du Département de l’urgence : en nous unissant vers un but commun, chaque personne devient plus forte. « Que votre voix soit aigüe ou grave ou que vous n’ayez pas de voix du tout, nous avons réussi », ajoute Madame Boudreau. « Nous étions unis ».

Ce point de vue est partagé par Madame Baffour. « Nous nous soutenons mutuellement », dit-elle. « Nous sommes loin de notre conjoint, de nos enfants, de nos frères et sœurs. Mais, nous avons une famille au Département de l’urgence sur laquelle nous pouvons compter ».