Au cœur de l’action, virtuellement

Dans les bureaux d’OROT à l’HGJ, les formatrices en Soins infirmiers Chedly Augustin (à gauche) et Julie Verville (au centre) portent un casque de réalité virtuelle (RV) dans le cadre d’une séance de formation au sujet des technologies immersives. Elles reçoivent l’aide de Johana Dahan (debout), agente de planification, de programmation et de recherche au sein de la Direction des partenariats d’apprentissage et activation des savoirs.
Dans les bureaux d’OROT à l’HGJ, les formatrices en Soins infirmiers Chedly Augustin (à gauche) et Julie Verville (au centre) portent un casque de réalité virtuelle (RV) dans le cadre d’une séance de formation au sujet des technologies immersives. Elles reçoivent l’aide de Johana Dahan (debout), agente de planification, de programmation et de recherche au sein de la Direction des partenariats d’apprentissage et activation des savoirs.

Les scénarios réalistes de la nouvelle bibliothèque de prêt de RV enrichissent l’apprentissage du personnel.

Dernièrement, à l’HGJ, quatre infirmières ont été plongées dans une situation d’urgence aiguë dans un bloc opératoire : un patient en arrêt cardiaque avait besoin d’une réanimation immédiate. « Placez les électrodes! », ordonne le médecin, pendant qu’une infirmière mettait les électrodes du défibrillateur sur la poitrine du patient. « Écartez-vous! »

Johana Dahan (à gauche) aide la formatrice en Soins infirmiers Julie Verville à ajuster son casque de RV, pendant que la formatrice en Soins infirmiers Catherine Newberry suit un scénario immersif.
Johana Dahan (à gauche) aide la formatrice en Soins infirmiers Julie Verville à ajuster son casque de RV, pendant que la formatrice en Soins infirmiers Catherine Newberry suit un scénario immersif.

Les quatre infirmières étaient au cœur de l’action, sans même avoir quitté leur bureau. Chacune portait un casque de réalité virtuelle (RV) qui les plongeait dans la situation. Cette séance avait lieu dans le cadre d’une nouvelle initiative de la Direction des partenariats d’apprentissage et activation des savoirs, en collaboration avec OROT.

Depuis le mois de janvier, les membres du personnel de notre CIUSSS ont accès à des casques de RV et à un catalogue de modules offrant des expériences immersives en soins de santé. La bibliothèque de prêt de RV, considérée comme la première du genre dans un milieu de soins de santé au Québec, fonctionne de la même manière qu’une bibliothèque traditionnelle, mais plutôt que de prêter des livres, elle prête des expériences.  

Le personnel de n’importe quel site de notre CIUSSS peut emprunter un casque de réalité virtuelle, recevoir une formation sur la manière de l’utiliser et accéder au catalogue de modules de la bibliothèque qui couvre une vaste gamme de sujets. Ces derniers portent sur des situations réelles auxquelles les professionnel(le)s de la santé sont confronté(e)s régulièrement, par exemple, quel est votre rôle en salle d’opération lorsqu’un(e) patient(e) fait un arrêt cardiaque? Que ressentent les patient(e)s atteint(e)s de démence?  

Johana Dahan (au centre) et Harold Fortin (à droite) de la Direction des partenariats d’apprentissage et activation des savoirs, aident Luz Arroyave, conseillère en Soins infirmiers au sein de l’Équipe santé communautaire de la Direction des services de première ligne, à utiliser la technologie de RV.
Johana Dahan (au centre) et Harold Fortin (à droite) de la Direction des partenariats d’apprentissage et activation des savoirs, aident Luz Arroyave, conseillère en Soins infirmiers au sein de l’Équipe santé communautaire de la Direction des services de première ligne, à utiliser la technologie de RV.

« La mission d’une bibliothèque a toujours été de relier les gens aux connaissances », explique To Nhu Nguyen, directrice des Partenariats d’apprentissage et activation des savoirs (anciennement les Affaires académiques). « Mais, la manière dont nous accédons aux connaissances aujourd’hui est bien différente de ce qu’elle était il y a cinq ou dix ans. »

Grâce à des expériences immersives en 3D, les membres du personnel peuvent se plonger dans des environnements cliniques réalistes pour se préparer à des situations auxquelles ils et elles ne sont pas confronté(e)s quotidiennement, précise Madame Nguyen. De telles simulations peuvent s’avérer particulièrement utiles pour recréer des scénarios très stressants. Par exemple, l’une des simulations de RV place l’utilisateur(trice) au cœur d’une crise avec un(e) patient(e) victime d’une surdose.

« Nous pouvons lire sur un sujet, mais tant que nous ne sommes pas confronté(e)s réellement à la situation, nous retenons moins bien comment composer avec elle ».

To Nhu Nguyen

Les quatre infirmières qui participaient à une séance de formation dans les locaux d’OROT à l’HGJ étaient impatientes de découvrir comment la RV pouvait appuyer la formation de leurs équipes. Les quatre femmes, Luz Arroyave, Catherine Newberry, Chedly Augustin et Julie Verville, sont formatrices et conseillères en Soins infirmiers au sein de l’Équipe santé communautaire de la Direction des services de première ligne. Elles ont constaté rapidement les avantages de ces expériences en RV.

Le scénario présentant un(e) patient(e) en arrêt cardiaque, par exemple, a permis de bien mettre en lumière le rôle de chaque professionnel(le) de la santé pendant une situation d’urgence de type Code bleu, ajoute Madame Newberry. « Nous avons vu une équipe s’organiser, et chaque personne assumait un rôle précis. Regarder une vidéo nous permet de nous sentir davantage au cœur de l’action. »

Johana Dahan (centre) donne une formation sur la technologie immersive aux éducatrices en Soins infirmiers de l’Équipe de première ligne. De gauche à droite : Chedly Augustin, Luz Arroyave, Julie Verville et Catherine Newberry.
Johana Dahan (centre) donne une formation sur la technologie immersive aux éducatrices en Soins infirmiers de l’Équipe de première ligne. De gauche à droite : Chedly Augustin, Luz Arroyave, Julie Verville et Catherine Newberry.

Madame Verville, pour sa part, a regardé un module qui place le spectateur dans la peau d’une femme atteinte de démence qui se promène à l’extérieur. La femme confond une flaque d’eau sur le trottoir avec un trou et elle est soudainement envahie d’une grande panique. « Ce module m’a permis de me sentir plus proche de ce qu’elle ressentait et de la comprendre davantage », explique Madame Verville. « J’ai éprouvé de l’empathie et de la compassion pour elle. »

Johana Dahan et Harold Fortin, tous deux de la Direction des partenariats d’apprentissage et activation des savoirs (DPAAS), participent à la formation.

Bien que certains modules permettent principalement aux participant(e)s d’observer, d’autres, comme celui présentant l’anatomie du cœur, sont interactifs. La bibliothèque actuelle est d’ailleurs appelée à s’élargir : la DPAAS invite le personnel à partager du feedback et des suggestions afin de participer au développement du catalogue.

La RV joue un rôle de plus en plus important dans la formation des membres du personnel de notre CIUSSS. Outre les modules disponibles par le biais de la bibliothèque de prêt, l’Équipe de la DPAAS a développé ses propres expériences immersives. En 2025, une série de scénarios de RV sur la prévention de la maltraitance a été proposée à des centaines de membres du personnel du volet hébergement de SAPA, dans le cadre d’une approche d’apprentissage qui favorisait également des discussions et la réflexion. Une autre série de scénarios immersifs a été élaborée par la DPAAS à l’intention des membres de l’Équipe de soins virtuels qui appuient les patient(e)s recevant des soins palliatifs à domicile.

Le feedback a été extrêmement positif, et le personnel trouve que la formation par le biais de la RV est moins passive que le visionnement d’un exposé en PowerPoint ou d’un webinaire, note Madame Nguyen.

« Les connaissances sont partout autour de nous, et l’information n’a jamais été aussi abondante », conclut-elle. « Nous voulons tirer parti la technologie pour connecter les personnes d’une manière significative aux connaissances dont elles ont besoin pour faire leur travail. »

*Les membres du personnel de n’importe quel site du CIUSSS peuvent réserver un casque de RV et planifier une séance de formation auprès d’OROT, salle A-200 à l’HGJ. Les séances de formation peuvent également être organisées sur demande pour les équipes des autres sites du CIUSSS.