Aller au-delà des attentes est monnaie courante pour l’Équipe du CHSLD juif Donald Berman 

Lisa Bercovitch (assise au centre), est entourée des membres du personnel de l’Unité de comportement au quatrième étage du pavillon Kastner au CHSLD juif Donald Berman.
Lisa Bercovitch (assise au centre), est entourée des membres du personnel de l’Unité de comportement au quatrième étage du pavillon Kastner au CHSLD juif Donald Berman.
Par Richard Dagenais, spécialiste en communication, Programme SAPA

Selon le dicton, le foyer est l’endroit où se trouve le cɶur, et grâce à des soins réellement exceptionnels, Lisa Bercovitch, qui est âgée de 60 ans, a appris qu’elle était entourée d’amour.

De petite taille, mais physiquement forte, Lisa Bercovitch est arrivée au CHSLD juif Donald Berman il y a cinq ans, avec un diagnostic d’autisme grave non verbal. La coordinatrice du site, Carla Baquiran reconnaît qu’au début, les choses n’ont pas été faciles.

Madame Bercovitch se cognait la tête contre les murs, se jetait par terre, s’arrachait les cheveux, se frappait et frappait les autres et criait et hurlait continuellement. 

Elle était également réfractaire à tout contact physique. Initialement, elle a été hébergée dans le pavillon Hope avant d’être transférée à l’Unité de comportement, au quatrième étage du pavillon Kastner.

« Le personnel du quatrième étage du pavillon Kastner a toujours été très réceptif aux cas différents et difficiles. »

Carla Baquiran, coordinatrice du site.

Bien que les directives initiales étaient de garder Madame Bercovitch isolée dans une chambre obscure, les PAB et les infirmier(ère)s du quatrième étage du pavillon Kastner ont remarqué qu’elle préférait être à l’extérieur de sa chambre et dans un environnement lumineux. C’est la raison pour laquelle elle a été autorisée à suivre la PAB Donna Koutsandreas.

Lisa Bercovitch (à gauche) profite d’un moment de calme avec la PAB Donna Koutsandreas.
Lisa Bercovitch (à gauche) profite d’un moment de calme avec la PAB Donna Koutsandreas.

« Lisa aime la compagnie et l’attention », explique Madame Koutsandreas. « Prendre soin d’elle est comme s’occuper d’un bébé. C’est une seconde nature pour moi. J’adore ça. C’est très agréable. »

Madame Koutsandreas est là pour tenir la main de Lisa lorsqu’elle s’endort, elle l’accompagne lors des déplacements stressants dans les lieux inconnus pour les mammographies, les échographies et toute autre procédure médicale.    

Madame Bercovitch est arrivée au CHSLD juif Donald Berman lourdement médicamentée en raison de différentes difficultés médicales. Aujourd’hui, sa médication est minimale.

La chambre de Madame Bercovitch a été équipée de musique et de lumières projetées, et des dessins et des jouets en peluche ont été placés sur les murs, à des endroits où elle ne peut pas les détruire.

Bien qu’elle tolère difficilement les procédures médicales invasives, son vocabulaire initial, qui comptait seulement deux mots, a décuplé.   

Les membres du personnel différencient maintenant les cris et les pleurs de Madame Bercovitch, et comprennent si elle veut quelque chose en particulier ou si elle souffre.   

La vie est faite de petites choses, et pour Madame Bercovitch, il s’agit d’avoir du chocolat, du cola, des croustilles et une main à tenir. 

« Nous savons que si elle tend la main, elle veut seulement tenir notre main ou nos doigts, c’est tout ce dont elle a besoin », ajoute la travailleuse sociale Mariana Sosa. « Quand elle n’en a plus besoin, elle lâche prise et s’en va. »

Il y a près de deux ans, le père de Madame Bercovitch, le seul membre de sa famille qui s’occupait d’elle, est décédé. Une belle-mère reconnaissante reste en contact régulier avec elle.

La qualité de vie de Madame Bercovitch s’est considérablement améliorée, et l’Équipe du quatrième étage du pavillon Kastner est fière qu’elle se sente en sécurité au sein de l’Unité. 

Madame Koutsandreas, et les autres membres de l’Équipe, y compris les PAB Dawnmarie Charles et Orlando Wright, ont fait preuve d’une patience, d’un dévouement, d’un soutien et d’une attention extraordinaires pour gagner la confiance de Madame Bercovitch. 

« Lisa est le bébé de la famille. Les membres du personnel la protègent beaucoup et agissent comme tampon lors de l’arrivée de nouvelles personnes et des membres de leur famille. Je trouve que c’est très touchant. »

Khaleda Begum, l’infirmière-cheffe du quatrième étage du pavillon Kastner.

Les visiteurs verront habituellement Madame Bercovitch marcher tranquillement dans le couloir, ou assise calmement sur une chaise, dans le couloir ou encore dans le bureau du gestionnaire. 

Madame Koutsandreas travaille souvent avec des résident(e)s qui sont seul(e)s au monde. En raison de la généreuse qualité des soins qu’elle a prodigués à Madame Bercovitch, en mai, elle a reçu un Prix d’excellence pour la qualité des soins du Comité exécutif du conseil des infirmières et infirmiers, CECII. Madame Koutsandreas a été reconnue dans la catégorie des préposé(e)s aux bénéficiaires (PAB) et auxiliaires aux services de santé et sociaux. 

Outre les soins prodigués par Madame Koutsandreas, Madame Baquiran attribue une grande partie des progrès réalisés par Madame Bercovitch à la culture Vos soins partout qui règne à l’échelle du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal. 

La vie est meilleure pour Madame Bercovitch. Elle continue à composer avec des défis, et elle lutte contre le cancer du sein, les infections urinaires et d’autres facteurs de risque, mais elle est entourée d’amour.   

Lisa Bercovitch est enfin arrivée chez elle.