Aider nos collègues de première ligne à affronter la COVID-19 en toute sécurité

Caroline Gilbert, technicienne en orthèses-prothèses, au Centre de réadaptation Constance-Lethbridge-Mackay, en plein travail de fabrication d’un écran facial pour protéger les professionnels de première ligne
Caroline Gilbert, technicienne en orthèses-prothèses, au Centre de réadaptation Constance-Lethbridge-Mackay, en plein travail de fabrication d’un écran facial pour protéger les professionnels de première ligne

Jusqu’à la fin mars, Daniel Rock était chargé d’adapter les fauteuils roulants et les autres aides à la mobilité au Centre de réadaptation Lethbridge-Layton-Mackay. Maintenant, le technicien a été muté à une nouvelle tâche cruciale : fabriquer des écrans faciaux pour ses collègues de première ligne.

M. Rock et d’autres membres du Service d’aides techniques ont travaillé à l’arrière-scène pour fabriquer près de 11 000 écrans faciaux pour les infirmières et infirmiers, les médecins, les aides-infirmiers et les autres professionnels qui ont besoin d’équipement de protection pour lutter contre le coronavirus (COVID-19).

« Si nous pouvons aider même une seule personne, nous avons fait notre travail », dit M. Rock, un technicien en orthèses-prothèses, au Centre de réadaptation Lethbridge-Layton-Mackay. « Nous ne travaillons pas en première ligne, mais nous faisons partie du réseau des soins de santé. Nous aidons de loin. »

Cette initiative a été citée comme un exemple de coopération et de solidarité au sein des différents services du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal. Pendant cette période de pénurie généralisée d’équipement de protection au sein du système de soins de santé, les membres du personnel du CIUSSS collaborent pour s’entraider.

« Pendant la crise actuelle, nous voulons contribuer le plus possible », de dire Filomena Novello, coordinatrice, Services de réadaptation à l’HGJ et Service d’aides techniques, Centre de réadaptation Lethbridge-Layton-Mackay.

« Je suis très fière de mon équipe », ajoute Madame Novello. « C’est incroyable de voir leur engagement et leur persévérance pour fabriquer un équipement dont les autres établissements ont cruellement besoin. »

Il a suffi de quelques jours pour que l’idée des écrans faciaux devienne une réalité.

En effet, le 28 mars les gestionnaires de notre CIUSSS ont appris que des écrans faciaux étaient fabriqués à l’Hôpital Saint-Justine. Ils ont compris que nous pouvions en faire autant en tirant parti du savoir-faire des membres du personnel formé pour mesurer et fabriquer des orthèses et des prothèses, au Centre de réadaptation Lethbridge-Layton-Mackay.

En quelques heures, l’une des salles de conférence du Centre de Notre-Dame-de-Grâce a été transformée en chaîne de fabrication. Il y avait suffisamment de matériel sur place pour fabriquer un premier lot. Les feuilles d’acétate, utilisées habituellement pour couvrir les documents PowerPoint ou les autres exposés, ont été adaptées pour fabriquer l’écran transparent, la rembourrure utilisée pour les coussins des fauteuils roulants a été reconvertie pour fabriquer le bandeau matelassé de certains modèles d’écrans faciaux.

Quelques jours plus tard, l’équipe avait fabriqué huit prototypes. Et, à la fin de la semaine, 500 écrans faciaux avaient été fabriqués, tous conformes aux normes de l’Équipe prévention et contrôle des infections de notre CIUSSS.

Les camions de livraison de l’Équipe de logistique du CIUSSS transportent maintenant jusqu’à 1 000 écrans faciaux tous les jours vers les différents sites de notre réseau, des centres de soins de longue durée aux CLSC (l’Hôpital général juif possède sa propre source d’approvisionnement distincte).

Chaque écran fait à la main coûte moins de 2 $ et il peut être désinfecté et réutilisé. La pénurie de cet article est tellement importante que des demandes proviennent des autres réseaux de soins de santé de la province. Mais, pour le moment, les efforts visent à répondre aux besoins des membres du personnel de notre propre CIUSSS.

Et, nos professionnels de première ligne sont profondément reconnaissants.

« Nos équipes sont plus confiantes et se sentent mieux protégées avec ces écrans », dit Judith Marchessault, infirmière-chef de l’Unité des soins palliatifs et de soins aigus à l’Hôpital Mont-Sinaï. Certains membres du personnel ont même décoré le leur avec des touches personnelles, dit-elle.   

« Nous remercions sincèrement notre équipe d’avoir pensé à cette technologie et d’en avoir tiré parti pour appuyer les autres Services et Départements à l’extérieur du Centre de réadaptation Lethbridge-Layton-Mackay », ajoute Madame Marchessault.

Ryan Biserrar, infirmier-chef de l’Unité de soins pulmonaires à l’Hôpital Mont-Sinaï, souligne que les écrans ont une incidence sur le bien-être du personnel. « Le niveau d’anxiété a beaucoup diminué, simplement grâce à la disponibilité de ces écrans », explique-t-il.

Les employés du Centre de réadaptation Lethbridge-Layton-Mackay, comme M. Rock, fabriquent des écrans faciaux tout en continuant d’effectuer leurs tâches habituelles. Les membres du personnel arrivent spontanément dans la salle de fabrication pour offrir leur aide, même s’ils disposent seulement de 30 minutes ou d’une heure.  

« Ils arrivent à la porte et demandent ‘Qu’est-ce que je peux faire?’ » dit M. Rock. Ensuite, ils se lavent les mains, enfilent des gants protecteurs et se mettent au travail. « Le personnel est fier. Si nous pouvons faire quelque chose pour aider les autres, nous pouvons changer un peu les choses ».

Ils ont illustré au moins une chose importante pendant la pandémie du coronavirus : pendant une crise, la meilleure protection peut provenir de nos collègues.