Affronter la COVID-19, une radiographie à la fois

Les technologues en radiologie Joanne Schutter (à gauche) et Rubab Mohammad avec une unité de radiologie mobile
Les technologues en radiologie Joanne Schutter (à gauche) et Rubab Mohammad avec une unité de radiologie mobile

Au plus fort de la pandémie de la COVID-19, certains jours Joanne Schutter constatait que la blouse d’hôpital bleu clair, qu’elle avait enfilé au début de son quart de travail à l’Hôpital général juif, était devenue bleu foncé. En effet, le rythme de travail de cette technologue en radiologie chargée de préparer les patients pour les radiographies du thorax était tellement intense que la sueur imprégnait son uniforme.

Madame Schutter devait effectuer ses tâches vêtue d’une blouse de protection, d’un masque N95 épais, d’un écran facial et d’un tablier plombé de quatre kilogrammes et demi (dix livres). Au fur et à mesure que les vagues de patients arrivaient au Département de l’urgence, elle était chargée de prendre des radiographies afin de déterminer s’ils étaient infectés par la COVID-19. À cette fin, elle devait déplacer une unité mobile lourde, la soulever et la positionner correctement au chevet de patients nerveux.

Il s’agissait d’un travail gratifiant, mais qui était également profondément épuisant. Elle traitait jusqu’à 20 patients pendant des quarts de travail intense, comparativement à trois ou quatre pendant un quart habituel.

Le travail de Madame Schutter au sein de l’équipe de radiologie de notre CIUSSS a été crucial pour appuyer la lutte menée en première ligne contre la COVID-19. Cette année, pour souligner la Semaine de la radiologie, les organisateurs du Service de radiologie ont dû renoncer aux rassemblements et aux conférences habituellement. Ils se concentrent plutôt sur quelque chose de plus simple : la reconnaissance. Ils souhaitent souligner le travail, souvent négligé, effectué par les technologues en radiologie, dont l’apport a été inestimable pour établir le diagnostic des patients contaminés par la COVID-19 et appuyer leur traitement.

« Vous ne pouvez pas traiter ce que vous ne voyez pas », explique Madame Schutter. « Nous sommes les yeux de tous les diagnostics ».

Selon Giuliana Reda, enseignante clinique au sein du Service de radiologie, les technologies ont travaillé au côté des médecins, des infirmières, des inhalothérapeutes et d’autres professionnels pendant la pandémie, en fournissant des soins vitaux aux patients et à leurs familles.

« Les technologies en radiologie sont des travailleurs de première ligne », dit-elle. « Ils sont au Département de l’urgence, dans les salles d’opération, à l’Unité de soins intensifs, et à chaque unité où ils sont nécessaires dans l’Hôpital ».

Quand ils ne participent pas à la lutte contre la COVID-19, les quelque 110 technologues en radiologie de l’équipe à l’HGJ s’occupent d’une foule de cas, allant des fractures de doigt aux maux d’estomac en passant par les douleurs de poitrine.

Qu’ils effectuent des examens radiologiques, des ultrasons, des tomodensitométries (CT scans) ou des IRM, ils collaborent étroitement avec les radiologues et les autres professionnels de la santé pour aider à établir un diagnostic et prescrire un traitement.  

En ce qui concerne la COVID-19, cela signifiait faire plus que préparer et positionner les patients pour les radiographies du thorax. Les technologues devaient également se montrer rassurants au chevet des patients pendant des moments stressants.

« Les membres du public pensent que nous prenons simplement une photo », ajoute Rubab Mohammad, une technologue en radiographie. « Mais, nous calmons les patients, nous leur parlons, nous les soulevons et les déplaçons ». Les tabliers plombés qui protègent les technologues des radiations nocives ajoutent au stress physique. Le lendemain d’un quart de travail épuisant, Madame se réveille en éprouvant des douleurs musculaires qui ressemblent à celles ressenties après une séance d’entraînement particulièrement intense.

Toutefois, Madame Mohammad et Madame Schutter disent toutes deux qu’elles sont fières d’avoir participé à la lutte contre le virus menée par le CIUSSS, et qu’elles se sentent maintenant mieux préparées à affronter la seconde vague.  

« L’inconnu était ce qui était le plus terrifiant », dit Madame Schutter. « Maintenant, nous connaissons le protocole et nous n’avons plus peur d’être infectées par la COVID-19 et de contaminer nos familles. Nous savons ce qu’il faut faire ».  

La Semaine de la radiologie, qui a lieu du 8 au 14 novembre, commémore la découverte de la radiologie par le physicien allemand Wilhelm Röntgenon, le 8 novembre 1895.