Vous changez les choses Etienne Nikiema révèle comment « on change vraiment les choses »

Etienne Nikiema, chef de service en Radiologie à l’Hôpital général juif (à l’arrière) avec les technologues spécialisées en radiologie Jessica Napper (à gauche) et Anna Romano.
Etienne Nikiema, chef de service en Radiologie à l’Hôpital général juif (à l’arrière) avec les technologues spécialisées en radiologie Jessica Napper (à gauche) et Anna Romano.

Une collection de diplômes et de certificats, tous bien encadrés et soigneusement disposés, orne les murs du bureau d’Etienne Nikiema à l’Hôpital général juif. Et il y a encore plus de certificats dans son tiroir. Chez lui, M. Nikiema compte parmi ses précieux ouvrages de référence une série de dictionnaires et d’encyclopédies Larousse.

« J’aime faire des découvertes », commente le chef de service en Radiologie de l’HGJ. « Je crois que les études ouvrent l’esprit. »

Nikiema croit qu’il accorde de l’importance à l’apprentissage parce qu’il a grandi au Burkina Faso, un petit pays d’Afrique occidentale. « Là-bas, l’éducation est valorisée », explique-t-il. « En Afrique, c’est souvent la meilleure façon de gravir les échelons de la société. Mais il y a moins de débouchés. »

Vous changez les choses Etienne Nikiema
Vous changez les choses Etienne Nikiema

Après avoir obtenu un diplôme en radiodiagnostic, un certificat en finance et en comptabilité et une maîtrise en sciences de la gestion au Burkina Faso, M. Nikiema a immigré en 2007 à Montréal.

« J’avais soif d’aventure », précise-t-il. « L’Amérique du Nord m’intriguait, et le Canada encore plus, étant donné son bilinguisme. » Le français étant sa langue maternelle, il a naturellement choisi de s’établir à Montréal.

Depuis son arrivée, M. Nikiema n’a jamais cessé d’apprendre. Il a obtenu une maîtrise en administration des services de santé de l’Université de Montréal en 2015, et l’an dernier, un certificat de leadership en santé de l’Institut des cadres de McGill. Il a en outre obtenu la certification ceinture verte Lean Six Sigma du même institut.

« Je suis toujours à l’affût de programmes ou de cours qui peuvent enrichir mon travail de chef de service en santé », ajoute-t-il. 

Nikiema est responsable des divisions IRM, CT Scan et Angio du service Radiologie de l’HGJ, qui comptent plus de 30 employés. Son style de gestion est simple : humaniste et centré sur le patient.

« J’aime beaucoup être sur le terrain, parce que c’est de là que je viens », souligne M. Nikiema, qui a travaillé comme technologue en imagerie médicale pendant 18 ans. « C’est important pour moi de rester près de mon équipe et de mes patients. Quand je parle à un patient, je ne le traite pas comme un numéro, mais comme une personne qui est venue recevoir un service. »

Quand il est entré en poste en novembre 2016, le temps d’attente moyen pour une IRM était de plus d’un an. Aujourd’hui, la moyenne est passée à trois mois, ou à deux semaines pour les cas ne nécessitant pas l’injection d’un agent de contraste.

Mais pour accomplir de telles réalisations, il faut surmonter des défis. M. Nikiema croit que ce sont les situations difficiles qui ont permis à son équipe et lui d’apprendre et de croître, et d’améliorer le sort des patients. 

« On peut servir 150 patients comme si de rien n’était, puis arrive un patient avec un problème complexe; c’est quand on l’a résolu qu’on sent qu’on a vraiment changé les choses », remarque-t-il.

Il se souvient d’un patient qui ne s’était pas présenté à plusieurs rendez-vous. Une politique ministérielle veut qu’après un certain nombre de rendez-vous manqués, le patient et son médecin soient informés du retrait du patient de la liste d’attente.

D’abord incapable de joindre le patient, M. Nikiema a fini par trouver les coordonnées de son établissement de soins de longue durée. Il a découvert que le patient, qui avait un handicap et se remettait d’une intervention au cerveau, n’avait jamais eu connaissance de ces rendez-vous. M. Nikiema a organisé auprès de l’établissement le transport et l’accompagnement du résident pour qu’il soit examiné à l’hôpital.

« Il y a toujours un contexte à prendre en considération. On ne sait jamais ce que vit le patient », précise M. Nikiema. « Quand on prend le temps d’en faire un peu plus, le patient en est réellement reconnaissant. Si on est en mesure de lui offrir un service exceptionnel, on doit le faire. »

Vous changez les choses Etienne Nikiema
Vous changez les choses Etienne Nikiema

Nikiema ajoute qu’une équipe doit avoir la latitude nécessaire pour offrir d’excellents soins. Il faut pour cela lui permettre de participer aux discussions entourant les projets et à leur élaboration.

« Ma solution à un problème est peut-être bonne, mais les idées de mon équipe ouvriront la porte à de nouvelles possibilités. Au bout du compte, c’est elle qui accomplit le travail sur le terrain. »

Chaque matin, M. Nikiema fait le tour des membres de son équipe. Que ce soit en les faisant rire ou en résolvant un problème avant l’arrivée des patients, il leur montre qu’il est là pour eux.

« J’ai l’impression que les membres de mon équipe me respectent parce que j’ai déjà été à leur place », remarque-t-il. « Ils se sentent compris, parce que je connais les réalités de ce travail. » Il reconnaît l’importance de donner de la rétroaction et des preuves de reconnaissance à son équipe, et il l’invite aussi souvent à commenter son travail à lui.

« Si j’ai une interaction ou une relation avec une personne – que ce soit un membre de mon équipe ou un patient – ce qui compte le plus pour moi, c’est qu’elle se sente valorisée. »

Vous changez les choses

Pour présenter la candidature d’un membre du personnel du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal qui fait preuve d’un dévouement exceptionnel, communiquez avec Laure-Elise Singer à lsinger@jgh.mcgill.ca.

 

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