Un de vos proches envisage une carrière en santé? MISSIVE s’impose!

Participation des bénévoles du programme MISSIVE à un exercice d’évacuation à Maimonides dans le cadre de la formation du personnel. Deux des étudiants illustrés sont de la parenté du personnel du CIUSSS. Allison, à gauche, est la fille de Susan Cliff, travailleuse sociale à Maimonides, et Benjamin, est le fils du rabbin Michael Wolf, aumônier à Maimonides et au CHSLD juif.

Programme de stage d’été unique recherche participants

Un de vos collègues porte un sarrau blanc? Son choix de carrière en santé remonte peut-être à l’été où il a revêtu un tee-shirt bleu à titre de participant à MISSIVE, programme de longue date destiné aux étudiants voulant occuper une profession dans le secteur de la santé.

Missive logo

MISSIVE (Maimonides Intensive Summer Session for Individual Volunteer Experience) expose les étudiants envisageant une carrière dans le domaine de la santé à une foule de disciplines dans le cadre d’une formation pratique et théorique.

« Notre programme prendra une nouvelle tournure cette année », explique Roz Friend, coordinatrice des Services de bénévolat, de formation et de perfectionnement au Centre gériatrique Maimonides Donald Berman. « En effet, à l’été 2019, MISSIVE sera intégré dans les sept établissements de soins de longue durée du CIUSSS et le fait d’appartenir au réseau nous permettra d’offrir plus de possibilités de bénévolat que jamais ». MISSIVE, fondé il y a 34 ans, était auparavant basé au Centre gériatrique Maimonides Donald Berman.

Comme de nombreux anciens participants du programme étaient des proches du personnel, les coordinateurs de MISSIVE se tournent vers les employés du CIUSSS pour qu’ils recommandent à leur tour cette expérience aux membres de leur famille. Pour être admissibles, les candidats doivent détenir un diplôme d’études secondaires, être inscrits dans un cégep ou une université et pouvoir travailler à temps plein du lundi au vendredi, pendant huit semaines.

Jumelés à un autre participant, les stagiaires admis au programme œuvrent quatre jours par semaine au sein d’une équipe dynamique de l’établissement de soins de longue durée. Ils interagissent avec les résidents dans deux domaines qu’ils ont choisis parmi une douzaine d’options, allant de l’amélioration de la qualité aux services sociaux en passant par les activités de loisirs et les soins infirmiers.

Les mercredis sont entièrement consacrés à la formation et au réseautage. « Réunis dans un établissement désigné, tous les stagiaires assistent à des séances visant à leur donner une vue d’ensemble des différents domaines de pratique à leur disposition, explique Mme Friend. Des invités présentent les aspects cliniques de leur travail, que ce soit en réadaptation, en gériatrie ou en orthophonie. De plus, ils renseignent les étudiants sur la variété des lieux de travail – par exemple, le fait qu’un pharmacien puisse travailler dans un hôpital, dans un laboratoire de recherche ou même dans un magasin de détail, souligne Mme Friend. Enfin, pour les familiariser avec les professions connexes, nous invitons des conférenciers pour expliquer le rôle d’un ombudsman, par exemple, ou d’un éthicien médical ».

Le programme de stage est complet et comprend aussi des possibilités de perfectionnement personnel. « À l’université, ils suivent des cours de biologie et d’anatomie, mais ici, nos bénévoles acquièrent des compétences générales, note Mme Friend. Grâce aux ateliers, et bien sûr à l’interaction avec nos résidents et équipes multidisciplinaires, les étudiants bénéficient d’un programme enrichissant qui les aide non seulement à développer un esprit d’équipe et des qualités de direction, mais aussi à préparer leur carrière ».

Les étudiants voulant en savoir plus sur le programme ou y postuler sont priés de communiquer avec Mme Friend.

MISSIVE profite aux bénévoles, au personnel de SAPA et surtout, aux résidents

Agente à Maimonides depuis 30 ans, Jeannette Tordjman connaît bien la population gériatrique de l’établissement de soins de longue durée. Mais ce n’était pas le cas de son petit-fils, Matan, bénévole au programme MISSIVE à l’été 2017, pour qui l’expérience était nouvelle et enrichissante.

« Je n’avais jamais vraiment interagi avec des personnes âgées, surtout celles atteintes de démence. Mais, grâce à l’aide de l’ergothérapeute, il ne m’a fallu qu’une semaine pour me sentir à l’aise avec elles », explique Matan. « Si bien qu’il s’est transformé, souligne sa grand-mère. Il est très calme et réservé; mais un jour, je l’ai vu en train de jouer du piano et chanter pour distraire les résidents. Je n’en croyais pas mes yeux! » Cet intermède musical faisait partie d’un spectacle que Matan aidait à organiser dans le cadre de son affectation en planification des événements. « Oui, j’ai dû sortir de ma zone de confort, mais c’était pour les résidents, et on s’est tous bien amusés! »

Matan a également aimé accompagner les résidents aux séances d’art-thérapie et note que les aînés, tranquilles à l’heure du repas, étaient plus animés rendus dans la salle d’art. « Ils sont devenus plus expressifs, plus ouverts et se sont mis à parler de leur peinture et de ce qui les inspirait. La transformation était fascinante à voir, tout comme l’énergie qu’ils mettaient dans cette activité de créativité ».

Le programme MISSIVE a aussi aidé Mélanie, stagiaire en 2015, à mieux comprendre la population vieillissante qu’elle rencontrait dans le cadre de son travail comme technicienne en pharmacie. « La première fois que j’ai eu à traiter avec un client souffrant de la maladie d’Alzheimer, je n’avais aucune idée de la manière d’agir, explique-t-elle dans le témoignage qu’elle a écrit après son stage. Je ne comprenais pas pourquoi il semblait si confus et m’accusait de faire des erreurs. Au cours de mes huit semaines de stage, j’ai appris à communiquer avec les personnes âgées qui souffrent de perte de mémoire ou de perte auditive. Les situations que j’ai vécues à MISSIVE ont été édifiantes et m’ont amené à revoir mes stratégies, surtout à la lumière du fait que j’ai choisi de devenir médecin ».

« Comprendre les besoins particuliers et la nature du patient, client ou résident fait partie intégrante des soins que nous devons prodiguer, déclare Brigitte Lavoie, responsable de la gestion des risques à SAPA qui supervise les stagiaires du programme MISSIVE depuis presque une décennie. « Je forme les étudiants en gestion des risques et leur montre comment recueillir des données et créer des rapports qui serviront à la recherche et aux audits sur la sécurité ». Les stagiaires apprennent à reconnaître les articles qui posent des risques aux résidents dans les établissements de soins de longue durée, comme les crèmes sur ordonnance, les appareils électriques et les produits d’hygiène et de nettoyage. Ils sont chargés d’aviser le personnel des risques décelés afin que des mesures de protection soient prises. Ils bénéficient également d’un exposé sur l’importance des dossiers de santé et des risques des erreurs médicales.

« Pour ma part, ce que je trouve le plus gratifiant, c’est de former les stagiaires sur la manière d’approcher le patient, dit Mme Lavoie. Même si notre rôle consiste à veiller à la sécurité de l’environnement des résidents, il ne faut pas oublier que leur chambre est leur ‘chez-soi’ – il n’est pas question d’y faire irruption, mais d’y entrer avec respect, de se présenter et d’expliquer le but de notre visite. »

« On voit déjà les étudiants qui vont poursuivre dans ce domaine, qui se reconnaissent ou pas dans ce métier, souligne Mme Lavoie. Ce n’est pas donné à tous de pouvoir travailler avec les personnes vulnérables ou en perte d’autonomie. Cette interaction sous-tend tout ce que nous sommes appelés à faire en soins de santé – c’est une leçon cruciale qu’il est préférable d’apprendre très tôt. »  

Médecin en herbe, Alexandra a beaucoup appris aux côtés du gériatre qu’elle a suivi pendant son stage. « J’ai pu apprendre de première main à gérer des questions éthiques complexes, un aspect des soins de santé qui est seulement abordé d’un point de vue théorique pendant nos études, explique-t-elle. Il faut passer du temps avec les résidents au quotidien pour comprendre que notre travail dépasse de loin le fait de traiter un problème de santé. Une situation anodine pour les uns peut être une grande source de stress pour d’autres. Le fait de simplement tenir la main d’un résident qui se sent seul et effrayé peut faire toute une différence pour lui. Les visages et les histoires des résidents ne me quittaient jamais, même lorsque je terminais ma journée de travail ». 

La compagnie des stagiaires est un baume pour les résidents, dit Karen Knie-Cahana, qui a supervisé deux étudiants bénévoles à la Maison Paternelle. « Nos stagiaires étaient passionnés et pleins de bonnes idées, souligne-t-elle. Ils débordaient d’enthousiasme et d’énergie, que ce soit pour engager la conversation avec nos résidents ou pour les accompagner au parc. Lorsque ces jeunes extraordinaires terminent leur mandat, nous avons déjà hâte d’accueillir les stagiaires MISSIVE de l’an prochain. C’est vraiment un programme précieux, qui enrichit la vie de tout le monde ».

Mme Friend note aussi que la présence des jeunes dans les résidences est stimulante. « Ils apportent un vent de fraîcheur », dit-elle. « C’est pourquoi des programmes semblables devraient être instaurés dans tous les établissements de santé au Québec, ajoute Mme Lavoie. D’un point de vue intergénérationnel, les stagiaires ont un effet miraculeux sur les résidents, car un bon nombre n’ont pas de famille à côté. Pour eux, ces visites comblent un vide ».

Selon Joanne Laing, chef des Services de bénévolat, de loisirs et d’aumônerie du CIUSSS, le fait que le programme soit étendu à tous les établissements de soins de longue durée est un pas dans la bonne direction. « Les étudiants sont d’une grande aide à nos équipes, et lorsque le personnel est content, les résidents le sont aussi ».

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