Soins de première ligne : un avantage dès la ligne de départ

L’équipe de première ligne spécialiste des maladies chroniques du CLSC de Benny Farm
L’équipe de première ligne spécialiste des maladies chroniques du CLSC de Benny Farm sensibilise ses clients aux facteurs de risque de l’AVC. Les dépliants de la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC sur la prévention de l’AVC sont très utiles. Une partie des membres de l’équipe multidisciplinaire figurent sur la photo. De gauche à droite : Nathalie Léveillé, kinésithérapeute; Helen Xanthakos, diététiste-nutritionniste; Claudia Corbu et Lys Razanakarivelo, infirmières cliniciennes.

Puisque les différentes phases de soins s’enchaînent avec fluidité, l’UPI a une longueur d’avance dans la course qui s’engage pour fournir un traitement rapide aux victimes d’AVC. Une gamme complète de services de réadaptation aident ensuite ceux-ci à parvenir à la ligne d’arrivée : le retour, de la manière la plus autonome possible, chez eux et dans leur communauté.

Et si notre CIUSSS pouvait intervenir plus vite encore auprès d’un patient?   Idéalement, avant même qu’il ne devienne un patient?

« Au début du projet d’UPI spécialisée dans les AVC, nous avons étudié les besoins des usagers et compris l’avantage de l’intervention la plus rapide possible », rapporte Paula Yiannopoulos, coordonnatrice des services de première ligne, qui supervise la formation du personnel infirmier des équipes. « Nous nous sommes demandé quels services offrir pour renseigner nos clients sur la prévention, et qui était le mieux placé pour transmettre l’information. Le médecin de famille ne peut pas toujours expliquer aux patients tous les détails de la prise en charge de leur maladie. »

C’est là que le personnel infirmier entre en scène : il encadre les personnes référées par leur médecin pour une maladie chronique comme le diabète, l’hypertension ou un problème cardiaque. Le personnel infirmier d’un CLSC peut consacrer un an et demi au suivi des plus vulnérables. En séances individuelles ou collectives, il les renseigne sur la nature de leur maladie et les facteurs de risque qui y sont associés, dont l’AVC. « Une personne qui connaît les symptômes les plus révélateurs consultera vraisemblablement plus tôt », explique madame Yiannopoulos. « S’ils sont fournis à temps – que ce soit avant, pendant ou après l’AVC – les soins préviennent des détériorations et des complications plus graves. »

Ces clients plus vulnérables sont également suivis par d’autres professionnels de la santé du CLSC au besoin, dont des nutritionnistes et des kinésithérapeutes. « L’équipe des soins de première ligne aide les gens à mieux prendre en charge leur maladie en faisant les bons choix », ajoute madame Yiannopoulos. « Elle prend le temps d’examiner avec eux leurs habitudes en matière d’alimentation, d’activité physique et de prise de médicaments, et elle s’assure qu’ils consultent régulièrement leur médecin. »

Un outil d’apprentissage en ligne sur la prévention et les facteurs de risque de l’AVC sera bientôt mis à la disposition du personnel infirmier du CIUSSS. Conçue par des coordonnateurs cliniques des soins infirmiers, la formation aidera notamment le personnel du service 811 à repérer chez les appelants les symptômes d’un AVC.

Pour informer encore mieux le public, le CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal renforce ses liens de collaboration avec divers partenaires, comme la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC, dont le matériel visuel sur la prévention de l’AVC est affiché dans les CLSC et les groupes de médecine de famille (GMF) du réseau.

Des établissements de recherche au chevet des survivants d’AVC pour améliorer la mobilité des patients 

Conscientes du rôle essentiel que jouent les patients dans leur propre guérison, les équipes de soins aux victimes d’AVC du CIUSSS consultent ceux-ci et leur famille au moment de dresser le plan de soins. Les chercheurs du réseau comprennent aussi le rôle fondamental que peuvent jouer les clients dans l’amélioration de l’efficacité de leur réadaptation, et de celle des autres. Les résultats des études auprès de victimes d’AVC peuvent éclairer le processus décisionnel, et ainsi orienter la recherche vers les formes de traitement les plus personnalisées et les plus utiles.

UPI Dr Thiel
Réadaptation du bras assistée par robot sous la supervision des Drs Alexander Thiel et David Ostry (Université McGill), laquelle améliore les fonctions motrices des patients après un AVC.

C’est ce modèle, combinant recherche et pratique clinique, qu’ont adopté les neuroscientifiques de l’équipe du Dr Alexander Thiel à l’Institut Lady Davis, qui travaillent depuis longtemps en parallèle avec l’unité de soins aux victimes d’AVC de l’Hôpital général juif. Le programme de recherche en neuroplasticité du Dr Thiel a été le premier au Canada à installer au chevet du patient un laboratoire de stimulation et d’imagerie cérébrales non effractives. Les équipes peuvent ainsi examiner le patient dès les premiers stades de la maladie, puis tout au long du processus de rétablissement. Les chercheurs sont ainsi en mesure de mieux comprendre les effets d’un AVC sur le cerveau et de trouver des traitements plus efficaces, en plus de la rééducation orthophonique traditionnelle.

En 2016, le Dr Thiel a fait franchir un pas important à la recherche translationnelle en créant un programme d’essais cliniques au K10 visant à faciliter la réadaptation de la parole et des fonctions motrices après un AVC.

De même, passant d’un contexte de soins actifs à la réadaptation, un laboratoire de recherche utilisé conjointement par le Centre de recherche interdisciplinaire en réadaptation du Montréal métropolitain (CRIR) et le Centre de réadaptation Constance-Lethbridge, adjacent à la salle de réadaptation de ce dernier, a été doté récemment d’une infrastructure technologique de pointe qui permet de mesurer et d’observer en temps réel la mobilité des clients qui se remettent d’un traumatisme cérébral. 

Enfin, la Dre Sarah Ahmed, responsable de site, mène un projet de recherche appelé Biomedical Research and Informatics Living Laboratory for Innovative Advances of New Technologies (BRILLANT) en partenariat avec divers établissements de recherche du CIUSSS et de l’extérieur du réseau. L’objectif est d’offrir aux équipes de réadaptation les options de traitement personnalisé les plus efficaces.

« Nous voulons aider nos clients à développer leur endurance et leur autonomie, de sorte qu’ils puissent prendre part à la société d’une manière gratifiante pour eux », ajoute la Dre Ahmed.

 

 

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