Pour prendre soin des patients, il faut d’abord prendre soin de soi-même

Conférence scientifique de soins infirmiers sur l’humanisation des soins
De gauche à droite : Belinda Amodio, coordonnatrice administrative, comité d’Humanisation des soins (HDS); Gabi Rosberger et Rosemary Steinberg, coprésidentes du comité d’HDS; Susan Wener, conférencière invitée; Bessy Bitzas, coordonnatrice administrative clinique, Gériatrie et Soins palliatifs; Vivian Myron, coordonnatrice clinique de l’équipe Oncologie et travailleuse sociale aux Soins palliatifs; et Lucy Shapiro, membre du Comité des usagers de l’Hôpital général juif.

D’abord, on doit pouvoir reconnaître les premiers signes de la déprime.

« Je me pose une série de questions : est-ce que j’ai bien mangé aujourd’hui? Est-ce que j’ai pris du temps pour moi? Est-ce que j’ai fait de l’exercice? »

Lors de la conférence scientifique de soins infirmiers sur l’humanisation des soins, Susan Wener, thérapeute et éducatrice, avait bien des stratégies à communiquer au personnel de l’Hôpital général juif pour les aider à prendre soin d’eux-mêmes. Mais c’était peut-être son expérience comme patiente qui a fait le mieux ressortir l’importance des autosoins, souvent négligés par les cliniciens.

Conférence scientifique de soins infirmiers sur l’humanisation des soins
Susan Wener a expliqué aux infirmiers et aux cliniciens l’importance des autosoins lors d’une conférence scientifique du comité d’Humanisation des soins à l’Hôpital général juif.

Cette femme qui a vaincu deux fois le cancer leur a dit : « Quand vous vous sentez bien dans votre peau, vous prenez mieux soin des patients. Ceux-ci, presque à tout coup, vous consultent parce qu’ils n’en ont pas le choix. Je vous le jure, nous, les patients, ne voulons pas être ici. Dès que nous retirons nos vêtements pour enfiler une chemise d’hôpital, nous perdons notre identité. Nous avons besoin de votre gentillesse, de votre expertise et de votre présence. »

Madame Wener a expliqué au personnel que pour rassurer de nouveaux patients, des gestes simples suffisent, comme un sourire ou une question sur leur famille. « Des interactions agréables contribueront à établir une relation de confiance avec le patient », ce qui facilitera les choses pendant son séjour à l’hôpital.

« Si un patient vous donne du fil à retordre, souvenez-vous que ce n’est pas votre faute, a ajouté madame Wener. D’une certaine manière, la maladie nous transforme en être narcissique. Si nous crions contre vous, c’est seulement parce que c’est vous qui êtes devant nous. » Face à une telle situation, elle conseillait aux professionnels d’avoir recours à leur méthode d’autosoins préférée pour évacuer le stress et recommencer à neuf le lendemain. Il peut s’agir d’écouter de la musique calmante, de passer du temps avec leur famille ou leurs amis ou simplement de prendre le temps de respirer profondément.

Aux personnes dont l’horaire chargé complique la conciliation travail-vie personnelle, madame Wener conseillait de considérer les autosoins comme une manière de faire le plein et de reprendre haleine, plutôt que comme une autre tâche ou du temps perdu. « Sortez marcher, et rythmez vos pas en vous disant “droite, gauche, droite, gauche” pour calmer le flot de vos pensées, a-t-elle suggéré. Prenez une douche et imaginez-vous tous vos soucis évacués avec l’eau qui coule sur vous. »

En ayant recours aux autosoins, les cliniciens assurent leur bien-être et préviennent l’épuisement, a conclu madame Wener. « Après tout, si vous ne prenez pas soin de vous, comment allez-vous prendre soin de nous? »

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