Les étudiants bénévoles embrassent l’intensité des soins intensifs

Susan Cameron (à gauche), infirmière-enseignante au sein de l’Unité des soins intensifs médicaux-chirurgicaux, est en compagnie de l'étudiante bénévole Rabbia Akhtar-Tariq devant le salon des familles de l'USIMC, où des bénévoles accueillent les visiteurs et les guident au sein de l'Unité.
Susan Cameron (à gauche), infirmière-enseignante au sein de l’Unité des soins intensifs médicaux-chirurgicaux, est en compagnie de l'étudiante bénévole Rabbia Akhtar-Tariq devant le salon des familles de l'USIMC, où des bénévoles accueillent les visiteurs et les guident au sein de l'Unité.

L’an dernier, lors d’une journée d’été, Rabbia Akhtar-Tariq, une étudiante en psychologie à l’Université McGill et bénévole au sein de l’Unité des soins intensifs médicaux-chirurgicaux (USIMC), a fait la connaissance d’une patiente qui l’a profondément touchée.

En effet, comme Madame Akhtar-Tariq parle urdu, elle a été chargée de communiquer avec une patiente dans la cinquantaine, qui n’avait pas de famille ou d’amis pour l’aider.

Progressivement, des liens très étroits, et imprévus, se sont tissés entre Madame Akhtar-Tariq et cette patiente, et c’est l’une des raisons principales qui l’ont incitée à revenir cet été, pour la troisième fois, comme bénévole à l’USIMC, malgré l’incidence émotive considérable de cet engagement. 

Pendant ses quarts de travail, Madame Akhtar-Tariq écoutait et réconfortait la patiente, qui s’est confiée à elle peu à peu, en dévoilant une vie de traumatismes et de mauvais traitements.

 « Tu es mon enfant, tu es mon bébé », lui disait la patiente. 

« Elle avait un tel besoin de contact humain », se souvient Madame Akhtar-Tariq. « À ses yeux, je suis devenu comme un membre de sa famille ». 

Rabbia Akhtar-Tariq, une étudiante bénévole à l’Unité des soins intensifs médicaux-chirurgicaux, aide un membre de la famille d’un patient à entrer dans l’Unité.
Rabbia Akhtar-Tariq, une étudiante bénévole à l’Unité des soins intensifs médicaux-chirurgicaux, aide un membre de la famille d’un patient à entrer dans l’Unité.

Madame Akhtar-Tariq rêvait parfois de pouvoir aller faire une promenade avec la patiente, quand la santé de cette dernière serait suffisamment stable, pour qu’elle sente encore une fois la chaleur du soleil sur sa peau. 

« L’un des médecins me disait « elle rayonne chaque fois que vous entrez dans sa chambre ». Comme si ma présence lui insufflait un peu de vie. » 

Malheureusement, cette patiente est décédée un mois plus tard. Et, c’est en raison de ce décès que Madame Akhtar-Tariq est allée à un enterrement pour la première fois. « Cette patiente a changé ma manière d’envisager la vie », dit-elle. « À mon âge, il est rare de côtoyer une personne mourante. La mort semble habituellement un événement très lointain ». 

Quand Madame Akhtar-Tariq, qui est âgée de 23 ans, est revenue à l’USIMC, à titre d’étudiante bénévole, dans le cadre du Programme de liaison de l’USI, implanté à l’HGJ à l’automne 2016. 

« L’objectif du programme est littéralement de créer un pont entre les membres de la famille qui attendent à l’extérieur de la chambre et les membres du personnel de l’USIMC », explique Susan Cameron, infirmière-enseignante à l’USIMC. 

« Le programme m’a permis de découvrir ma force émotionnelle », dit Madame Akhtar-Tariq en ajoutant qu’elle collabore également avec l’équipe de marketing du programme. « Je ne pensais jamais être en mesure d’affronter des situations aussi émotionnellement chargées ». 

Dans la plupart des cas, les étudiants bénévoles aident les visiteurs qui viennent à l’USI, plutôt que les patients. Qu’il s’agisse d’accueillir les visiteurs, de les escorter jusqu’au chevet de leur personne chère, ou de leur expliquer comment sortir de l’Unité, les bénévoles s’assurent que les familles se sentent à l’aise et en sécurité. 

Comme il s’agit d’une Unité verrouillée, les familles doivent utiliser le téléphone situé à l’extérieur de l’Unité pour avoir accès à l’USIMC, mais cette simple démarche peut être intimidante pour certains, ajoute Madame Cameron. La présence des bénévoles facilite ce processus, puisque la carte d’identité des étudiants permet d’ouvrir la porte.  

« Au début, j’ai été très étonnée de voir combien les visiteurs partageaient leurs émotions avec les bénévoles », dit Madame Akhtar-Tariq. « Ils revenaient la semaine suivante et me remerciaient de les avoir écoutés. Je n’avais jamais réalisé l’importance de prêter une oreille attentive ». 

Au cours de l’été, 44 étudiants de niveau universitaire ont été affectés à l’USIMC de l’HGJ. Ils travaillent deux par deux, pendant des quarts de quatre heures, soit de 8 h à minuit, sept jours sur sept. Trois heures de leur quart de travail sont consacrées à aider les familles. Pendant la quatrième heure, ils peuvent observer de près le membre de l’équipe l’USIMC de leur choix.  

« Ils peuvent observer tout ce que nous faisons », dit Madame Cameron, qui anime également une séance d’orientation et de formation pour les groupes au début du semestre de bénévolat. « Qu’il s’agisse d’un protocole de transfusion massive ou d’une tournée médicale, ils peuvent être présents et poser des questions ».  

Madame Akhtar-Tariq aime tout particulièrement observer les tournées multidisciplinaires. « Tous des membres du personnel se réunissent et toute l’attention est concentrée sur un seul patient », dit-elle. « C’est ce que j’aime ici : les membres du personnel s’entraident et collaborent étroitement. Je me suis toujours demandé comment les membres de l’équipe de l’USI arrivaient à gérer leurs émotions, et maintenant je comprends qu’ils s’appuient les uns sur les autres et tirent parti de leurs forces ». 

Selon Madame Cameron, la présence des étudiants consolide également l’équipe de l’USIMC. « Ils nous offrent une aide précieuse. Nous remarquons leur absence quand ils ne sont pas parmi nous. Ils sont devenus des membres de notre équipe ». 

Marathon Rock ’N’ Roll

Les 22 et 23 septembre, deux membres de l’équipe du Programme de liaison de l’USI ont participé au Marathon Rock ‘N’ Roll de Montréal, l’événement de course le plus important au Québec.

Adamo Donovan, cofondateur du Programme de liaison de l’USI, et Lauriane Forest, membre de l’équipe de financement, ont recueilli plus de 1 700 $ pour les projets du Programme.

« La course était vraiment passionnante », déclare M. Donovan, qui a couru les 42,2 kilomètres en trois heures et 52 minutes. « Courir un marathon faisait partie de mes objectifs, et c’était formidable de pouvoir le faire au profit de cette grande cause, sous les encouragements des membres de ma famille et de mes amis.».  

Les fonds recueillis seront utilisés pour acheter un iPad pour le Programme des journaux intimes de l’USI. Dans le cadre de cette initiative, les membres de la famille, les bénévoles et les membres du personnel documentent électroniquement le séjour d’un patient à Hôpital avec des photos des progrès réalisés par le patient et des mises à jour sur les événements de la vie de la famille pour créer un souvenir qui est remis au patient lors de son congé. Le programme est offert à l’HGJ, mais les fonds amassés pendant le Marathon seront versés à l’Hôpital Royal Victoria.

Donovan est déjà inscrit au Marathon de l’an prochain, et il espère former une équipe plus nombreuse pour courir avec lui, y compris des bénévoles et des membres du personnel de l’USI.

 

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