Les animaux de compagnie robotisés sont une véritable source de joie pour les résidents des CHSLD et des Centres d’hébergement du CIUSSS

Sabrina Cabral, technicienne en loisirs au CHSLD juif Donald Berman, et Gordon Lyons, un résident, jouent avec un chat robotisé.
Sabrina Cabral, technicienne en loisirs au CHSLD juif Donald Berman, et Gordon Lyons, un résident, jouent avec un chat robotisé.

La technicienne en loisirs Sabrina Cabral frappe doucement à la porte de la chambre du résident Carroll Rosenberg. Elle entrouvre la porte et regarde dans la chambre. Deux murs sont décorés de photos réalistes de chiens et de chats. Dans l’un des coins, M. Rosenberg est allongé sur un fauteuil inclinable, les yeux fermés. Il semble s’être endormi en regardant la télévision, qui est encore allumée.

« Carroll, j’ai amené mon chat, aimeriez-vous le caresser? », dit Madame Cabral. Elle tient dans ses bras un chat tigré aux poils soyeux de couleur orange. Il ronronne et miaule comme n’importe quel chat le ferait, mais il s’agit d’un animal robotisé réaliste, animé par des piles.

M. Rosenberg se réveille doucement et ses yeux se fixent sur le chat. Il sourit et tend la main pour caresser le museau du chat, et rit timidement quand ce dernier commence à miauler.

Les animaux de compagnie robotisés, comme le chat tigré de Madame Cabral, sont utilisés par les techniciens en loisir comme outils d’intervention auprès des résidents dans l’ensemble du CIUSSS. L’interaction avec ces animaux vise à réduire les sentiments d’anxiété, de détresse et de solitude, et à stimuler la communication.

« L’utilisation du chat a été un succès immédiat », explique Madame Cabral, qui travaille au CHSLD juif Donald Berman. « Le chat suscite une réaction automatique des résidents : dès qu’ils le voient, ils cessent immédiatement ce qu’ils font pour concentrer toute leur attention sur le chat ».  

Wendy Foster et Amanda Mirarchi, techniciennes en loisirs au Centre d’hébergement St-Margaret, tirent parti des animaux de compagnie robotisés pour accroître le bien-être des résidents.
Wendy Foster et Amanda Mirarchi, techniciennes en loisirs au Centre d’hébergement St-Margaret, tirent parti des animaux de compagnie robotisés pour accroître le bien-être des résidents.

« Ces animaux nous permettent également d’engager la conversation », ajoute Amanda Mirarchi, technicienne en loisirs au Centre d’hébergement Saint Margaret. « Les résidents nous parlent souvent d’un animal de compagnie qu’ils ont eu, ou du nom qu’ils donneraient à notre animal ».   

Les mouvements des animaux robotisés sont déclenchés par les sons et le contact. Quand une personne caresse le chat, il ronronne, son corps vibre légèrement et il commence à se tourner sur le dos. Quant au chien, il gémit et remue la queue quand un résident lui parle ou le caresse.

« Il s’agit d’une activité non menaçante et facile à exécuter», dit Wendy Foster, technicienne en loisirs au Centre d’hébergement Saint Margaret. « Il y a très peu de risque pour les membres du personnel qui utilisent ces animaux, comparativement à un animal vivant ».

Les résidents doivent avoir les mains propres pour toucher aux animaux; pour s’en assurer, les membres du personnel ont toujours des lingettes humides lors des visites aux résidents. Habituellement, ils passent de 10 à 15 minutes avec chaque résident.

Selon les résultats d’une étude publiée dans le Journal of Alzheimer’s Disease, en 2016, les animaux robotisés réduiraient le niveau de stress et d’anxiété chez les patients atteints de démence, ce qui permettrait de restreindre l’utilisation de substances psychoactives et analgésiques. Depuis que ces animaux sont utilisés, le personnel remarque plusieurs effets positifs, qu’il s’agisse de résidents anxieux qui s’endorment quand un animal est sur leurs genoux ou d’autres résidents agités ou agressifs qui sourient ou rient après la visite d’un animal. Les bienfaits sont également évidents chez les résidents lucides. 

« Les résidents dont le niveau de fonctionnement est plus élevé comprennent qu’il s’agit d’un animal robotisé, mais ils veulent quand même participer à l’activité », dit Madame Cabral. « Tenir un animal de compagnie dans leurs bras est une source de réconfort, comme s’il s’agissait d’un compagnon ».

Madame Mirarchi se souvient d’un résident extrêmement passif, qui refusait souvent de participer aux activités de loisir, parlait peu et ne souriait jamais.

Sabrina Cabral et Stana Cvitan, techniciennes en loisirs au CHSLD juif Donald Berman, utilisent des animaux de compagnie robotisés comme outils d’intervention.
Sabrina Cabral et Stana Cvitan, techniciennes en loisirs au CHSLD juif Donald Berman, utilisent des animaux de compagnie robotisés comme outils d’intervention.

« Quand nous lui avons donné le chien, son regard s’est transformé et reflétait seulement de l’amour », dit-elle. « Il était tellement heureux de tenir un animal. Il a caressé le chien pendant au moins 40 minutes ».

« Parfois, il s’agit seulement de rappeler aux résidents ce qui les rendait heureux », ajoute Madame Foster. « Nous leur montrons qu’il y a encore des choses qu’ils peuvent anticiper avec plaisir ». 

Les animaux robotiques ont d’abord été utilisés au Centre gériatrique Maimonides Donald Berman. Les membres du personnel espèrent être en mesure d’acquérir plus d’animaux, mais tout est une question de budget : chaque animal coûte un peu moins de 200 $.

« Je crois que nous essayons de démontrer que d’autres outils sont disponibles », dit Madame Foster. « Il y a d’autres possibilités pour aider cette population ».

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