Le projet OPUS-AP promeut des soins centrés sur le patient

projet OPUS-AP
Jodie Little (complètement à gauche), clinicienne, et l’équipe de soins infirmiers de Kastner 3 saluent la réussite de la première phase du projet OPUS-AP.

Plus de CHSLD adoptent l’initiative visant à réduire la prescription d’antipsychotiques

La culture des soins est en train de changer dans les établissements de soins de longue durée. Au Québec, de 40 à 60 pour cent des résidents dans les CHSLD qui présentent des symptômes comportementaux se voient prescrire des antipsychotiques et dans de nombreux cas, sans même avoir subi une évaluation psychiatrique.

Irlande Jean-Charles, infirmière, parle avec un résident de Kastner 3 au CHSLD juif Donald Berman.

Cette pratique était si répandue que le ministère de la Santé provincial a dû intervenir en développant la démarche OPUS-AP (Optimiser les Pratiques, les Usages, les Soins et les Services – AntiPsychotiques). Le programme a été lancé dans 24 CHSLD à l’échelle de la province pour étudier l’efficacité de différentes interventions sur les troubles du comportement.  

Kastner 3, unité de soins infirmiers au CHSLD juif Donald Berman, a pris part à la première phase du projet. Surnommée « unité de comportement », Kastner 3 héberge des personnes atteintes de symptômes comportementaux et psychologiques de la démence, qui peuvent s’exprimer sous forme d’agressivité.

« Nous avons eu la chance d’être choisis pour les premières phases pilotes de la démarche OPUS-AP, déclare Jodie Little, infirmière enseignante responsable du projet à Kastner 3. Avant le début de ce programme, 63 pour cent de nos résidents se voyaient prescrire des antipsychotiques. Ce chiffre est passé à 41 pour cent lorsque le recours aux médicaments pour gérer les comportements des résidents a diminué. Le projet OPUS-AP est une réussite autant pour les résidents et leurs familles que pour le personnel », souligne Mme Little.

Les résultats associés à la déprescription d’antipsychotiques au CHSLD juif Donald Berman reflètent le succès enregistré par les programmes semblables déployés dans les centres de soins de longue durée au Québec et dans d’autres provinces. Ces pratiques différentes pour gérer les résidents agités n’ont pas augmenté les problèmes de comportement, et le personnel a signalé une légère baisse du nombre de chutes. De plus, les familles ont trouvé que leurs proches somnolaient moins et étaient donc plus alertes.

Bertha Désir, chef d’équipe à Kastner 3, adopte la nouvelle démarche du projet OPUS-AP.

« Les commentaires des familles pendant la transition ont été constructifs, note Mme Little. Par exemple, les remarques comme ‘Il me reconnaît maintenant’ et ‘C’est la première fois depuis très longtemps qu’elle a dit mon nom’ étaient de précieuses sources d’information pour nous. Les familles ont été nos partenaires tout au long de ce nouveau processus. »

Pour veiller à la sécurité et au bien-être des résidents, la déprescription d’antipsychotiques a été accompagnée par une nouvelle pratique de soins. Les chefs d’équipe de l’unité Kastner 3, Bertha Désir et Irlande Jean-Charles, ont dû apprendre à évaluer différents comportements et à les traiter de manière appropriée. Elles ont ensuite participé à la formation du personnel soignant de l’unité et ont enseigné la démarche à leurs collègues.

« Le plus important est de procéder à une évaluation approfondie du résident avant de lui administrer des médicaments, explique Mme Désir. Nous essayons de déterminer ses besoins et de comprendre ses préférences uniques. »

« C’est comme un organigramme, renchérit Mme Jean-Charles. En premier, il faut déterminer si les besoins de base du résident sont satisfaits. Le résident est-il fatigué, a-t-il faim ou doit-il être changé? Si ses besoins de base ne sont pas comblés ou s’il ne peut pas les communiquer, le résident pourrait manifester des comportements perturbateurs ou agressifs. Alors, nous restons vigilants. »

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