Le comité d’Humanisation des soins humanise la maladie mentale

De la gauche : Neomi Kronish, bénévole du comité d’Humanisation des soins (HDS); Marie-Claire Mailloux, membre de la Maison UP Donald Berman, organisme intervenant dans l’accès à l’emploi, à la formation, au logement et au mieux-être; Vivian Konigsberg, coprésidente du comité HDS; Philip Silverberg, fondateur du Festival du Film Au Contraire; Isabelle Bisaillon, agente de planification, programmation et recherche au sein de la Direction du programme de santé mentale et dépendance.
De la gauche : Neomi Kronish, bénévole du comité d’Humanisation des soins (HDS); Marie-Claire Mailloux, membre de la Maison UP Donald Berman, organisme intervenant dans l’accès à l’emploi, à la formation, au logement et au mieux-être; Vivian Konigsberg, coprésidente du comité HDS; Philip Silverberg, fondateur du Festival du Film Au Contraire; Isabelle Bisaillon, agente de planification, programmation et recherche au sein de la Direction du programme de santé mentale et dépendance.

La plupart du temps, la salle de conférences du personnel infirmier de l’Hôpital général juif reflète bien son nom, accueillant des conférences de professionnels de la santé sur une foule de sujets médicaux. Or, dernièrement, le lieu a été transformé en cinéma et les films projetés, quoique très engageants, étaient tout aussi instructifs que les tournées cliniques.

La santé mentale et ses différentes manifestations étaient le sujet de trois courts métrages d’animation présentés le 9 mai dans le cadre du lancement de la campagne de sensibilisation à la santé mentale menée par le comité d’Humanisation des soins. Organisée en collaboration avec le comité des usagers de l’Hôpital, la campagne vise à sensibiliser le personnel de l’Hôpital, les patients et les membres de leur famille aux questions liées à la santé mentale. 

Philip Silverberg, fondateur du Festival du Film Au Contraire (FFAC), l’un des festivals de films consacrés à la santé mentale les plus importants au monde, était invité pour présenter les productions. (La 6e édition du FFAC aura lieu à Montréal du 16 au 19 octobre.)

« Peu de personnes sont à l’aise avec le sujet de la santé mentale, de dire M. Silverberg. Ces films ne sont pas cliniques – ils visent à inspirer, à éduquer et à stimuler le public. »

Selon M. Silverberg, la technique de l’animation est de plus en plus utilisée pour aider les personnes aux prises avec la maladie mentale. Le court métrage d’animation autobiographique, Patients, d’Alex Widdowson, en est un bon exemple. Admis à l’hôpital pour un épisode de psychose, le personnage principal du film se voit administrer des médicaments et tranquillisants qui, de l’avis du patient, ne font que masquer ses symptômes plutôt que de l’aider à surmonter sa maladie.

« Le film est un moyen puissant pour déboulonner les mythes entourant la santé mentale, travail de démystification important à faire pour éliminer la stigmatisation qui mine le parcours de vie des personnes souffrant de maladie mentale, explique M. Silverberg. En effet, c’est parce qu’elles sont stigmatisées que les personnes aux prises avec la maladie mentale refusent souvent de se faire soigner. »

Fractured, court métrage de trois minutes de Jocie Juritz, illustre l’anxiété sociale qu’une femme ressent lors d’une sortie dans une boîte de nuit avec des amis. Paralysée par l’anxiété, la femme semble s’effondrer au contact d’autres personnes, qu’il s’agisse du barman qui lui donne son verre ou d’un homme qui essaie de danser avec elle. Pendant tout le film, elle se montre distante et mal à l’aise, même si elle est entourée d’amis et de gens qui s’amusent.

Le dernier film, Leben! (Touching Life), de Carolin Färber, décrit la réalité de Ben, personne souffrant de trouble obsessionnel-compulsif, qui a du mal à accomplir des tâches aussi banales que manger ou faire du ménage.

« Ces films sensibilisent le public sur le fait que la maladie mentale n’est ni une tare ni une faiblesse, mais bel et bien une maladie », précise M. Silverberg.

 

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