Journée de la recherche en psychiatrie à l’HGJ | Reconstruire les ponts pour améliorer l’expérience des immigrants

Participants in the 14th annual JGH Department of Psychiatry Research Day include, from left, Dr. Eric Jarvis; Dr. Phyllis Zelkowitz, the department’s Director of Research; Dr. Cécile Rousseau; Dr. Laurence Kirmayer; Dr. Jaswant Guzder; and Dr. David Dunkley, who organizes the event with support from the Gustav Levinschi Foundation.

Dans un passé pas si lointain, lorsque la diversité était largement reconnue comme une qualité, les nouveaux immigrants étaient considérés comme étant dignes de services de protection et de soutien.

« Or, cette vision a été bouleversée par l’environnement politique actuel, a expliqué la Dre Cécile Rousseau, chercheuse principale à l’Institut Lady Davis et spécialiste de l’incidence des politiques de migration. Par conséquent, les gens autrefois considérés comme en danger sont maintenant considérés comme un danger. »

Ce changement dans la perception du public a des répercussions, car l’accueil que réserve la société à ses nouveaux immigrants joue un grand rôle dans l’intégration et l’adaptation réussies de ces derniers à leur nouveau pays. C’est ce contexte qui a inspiré le sujet de la quatrième Journée annuelle de la recherche organisée par le Département de psychiatrie de l’HGJ, soit le diagnostic et le traitement des problèmes de santé mentale des populations immigrantes.

« Nous constatons une ‘inversion de la compassion’ a souligné la Dre Rousseau devant un auditoire composé de cliniciens et chercheurs en santé mentale, de travailleurs sociaux de première ligne et d’autres professionnels de la santé. En effet, contrairement à ce qui prévalait, ce ne sont plus les réfugiés qui sont considérés comme la partie vulnérable, mais la société d’accueil. Dès lors, le traumatisme vécu par les réfugiés ne se termine pas lorsqu’ils obtiennent le droit d’asile. »

« Le fait d’être apatride est profondément angoissant, ajoute le Dr Laurence Kirmayer, directeur de l’Unité de recherche en santé mentale et culture de l’HGJ. L’état de détresse du réfugié est souvent le critère déterminant de son acceptation par les sociétés d’accueil. Or, paradoxalement, un réfugié doit avoir un certain degré d’autonomie et de contrôle sur son avenir pour construire sa résilience. »

Les nouveaux immigrants se heurtent fréquemment à des préjugés et à de l’animosité, souvent en raison d’une méconnaissance de leur culture, et ce rejet peut, à son tour, nuire à leur santé mentale.

« Il arrive que les croyances culturelles d’un immigrant soient jugées, à tort, comme une psychose, note le Dr Eric Jarvis, directeur du Service de consultation culturelle et du Programme des premiers épisodes psychotiques de l’HGJ. Un comportement inhabituel de la part d’un récent immigrant peut être mal interprété, surtout si ce dernier ne sait pas s’exprimer en français ou en anglais. Le fait de connaître sa culture peut aider à mieux comprendre sa situation. En définitive, le diagnostic que pose le spécialiste en santé mentale peut radicalement changer s’il prend en compte le contexte culturel dans lequel évolue l’immigrant. »

C’est pourquoi les services de soins de santé doivent être assurés par des professionnels sensibilisés aux facteurs culturels. « C’est d’ailleurs l’idée d’altérité qui a mené à la création de l’Hôpital général juif, a rappelé la Dre Jaswant Guzder, ancienne chef du département de pédopsychiatrie de l’HGJ depuis peu à la retraite. C’est dans l’ADN de l’HGJ d’accueillir les membres de différentes communautés culturelles avec la dignité et le respect qui sont souvent absents du parcours de l’immigrant. »

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