De nouvelles avenues s’ouvrent en santé

Dr. Rosenberg

De nos jours, les soins de santé connaissent une évolution très rapide, gagnant toujours en précision.

Prenons le séquenceur d’ADN, par exemple : cette machine de comptoir quelconque s’impose pourtant rapidement comme un outil indispensable à la médecine moderne. Connectée à un ordinateur, elle devient un incontournable pour décoder le génome, ouvrant la porte à la médecine de précision en permettant aux chercheurs de déceler les voies qui sont affectées par de nombreuses maladies graves.

Nous assistons déjà à ce genre d’avancées pour le cancer, et nous en verrons pour d’autres maladies. En fait, nous en verrons probablement pour toutes celles qui ont une base auto-immune, soit la majeure partie des maladies. Et une fois qu’on a isolé précisément la cause, on peut élaborer un traitement très spécifique selon les besoins de chaque patient.

Un autre élément révolutionnaire en soins de santé qui a émergé parallèlement à la médecine de précision est la numérisation, au sens large du terme. Tout le monde a un téléphone, que ce soit un Appel ou un Samsung. Les téléphones intelligents sont tellement répandus chez les adolescents au pays qu’une étude de Santé Canada a montré qu’ils sont un outil très efficace pour transmettre des messages à propos de la santé.

Ces développements vont complètement changer la donne et auront deux répercussions. Je nomme la première la démocratisation de la connaissance. Les interventions pratiquées d’abord exclusivement par les spécialistes, puis par les omnipraticiens plus récemment peuvent désormais être effectuées par les autres professionnels de la santé, que ce soit les infirmières praticiennes, les pharmaciens, les physiothérapeutes, les ergothérapeutes ou les travailleurs sociaux. Dans certains cas, les soins peuvent même être prodigués efficacement par un membre bien informé de la famille.

Quant aux milléniaux, ou aspirants milléniaux, ils mènent la démocratisation de la technologie. Comme ce sont ceux que nous allons embaucher d’ici cinq à huit ans, nous devrons nous adapter à leur conception du lieu de travail. En tant que bénéficiaire de soins, ils auront des attentes sur où et quand les soins devraient leur être prodigués.

Cet changement dans la prestation des soins de santé fait perdre la tête aux médecins, et je parle en tant que médecin. La désintermédiation est une conséquence de ces changements, et nous constatons que les médecins sont en train d’être retirés de l’équation. Certains diront : « Mais nous aurons toujours besoin d’un médecin », et je suis d’accord. Mais quels sont les gestes que posera ce médecin, où les posera-t-il, et comment sera-t-il rémunéré?

Cette transformation profonde ouvre donc de nouvelles avenues en santé.

Mais les modèles de prestation de soins de santé plus anciens demeurent néanmoins bien ancrés. À l’école de gestion de McGill, j’ai été invité à donner une conférence sur le rôle des hôpitaux et des systèmes de santé. Le contenu a évolué pour tenir compte de ces changements dans les soins de santé. Je parle toujours des systèmes de santé, mais plus des hôpitaux.

Après une ou deux séances, on pouvait facilement distinguer les étudiants au MBA qui aspiraient à devenir des professionnels de la santé : c’était ces personnes à l’arrière qui tiquaient dès que je laissais entendre que les hôpitaux n’étaient peut-être pas si importants. Cette notion ne compromet en rien un pilier essentiel des centres universitaires de santé : la recherche fondamentale. Mais pour des raisons évidentes, d’importants volets de la recherche centrée sur le patient sont désormais établis dans la communauté.

Maintenant que Francine Dupuis et moi nous intéressons à cette nouvelle sphère du développement de système depuis près de quatre ans, nous constatons que les hôpitaux, en fait, ne sont pas le centre de l’univers. Les hôpitaux ont un rôle précis à jouer, mais au fil des jours, les soins dont ont besoin les patients sont de plus en plus offerts dans la communauté.

Lawrence Rosenberg, MD, Ph. D.
Président-directeur général

 

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