Santé connectée : si pas maintenant, quand?

En tant que grand amateur de lecture, j’aime les histoires, surtout lorsqu’elles traitent d’innovation et de nouveaux départs.

L’an dernier, j’ai lu une histoire intéressante à propos de chevaux à Londres, en Angleterre, dans les années 1800. Ville à l’époque la plus peuplée au monde, Londres comptait sur les chevaux comme premier moyen de transport. Or, quiconque s’est récemment promené dans le Vieux-Port de Montréal sait qu’il existe un ennui particulier aux chevaux : le fumier.

Le nombre de chevaux à Londres se chiffrant à quelque 50 000 en 1894, les journaux londoniens prévoyaient qu’en l’absence d’une solution viable, la ville se retrouverait enlisée dans neuf pieds de fumier d’ici une cinquantaine d’années. Ce problème ne touchait pas Londres uniquement, mais bien d’autres villes, dont New York où le nombre de chevaux s’élevait à au moins 100 000.

En 1898, lors de la première réunion de planification urbaine internationale, un sujet monopolisa la discussion, à savoir, comment régler la question du fumier? À la fin de la réunion, le consensus fut qu’aucune solution n’existait.

Arriva Henry Ford, constructeur de voitures à moteur à prix abordables – bientôt, tramways électriques et autobus motorisés remplacèrent les autobus tirés par les chevaux dans les rues. Et dès 1912, la question apparemment insoluble du fumier fut réglée, les véhicules à moteur étant désormais devenu le principal moyen de transport.

Devant les problèmes sans solution apparente, la grande crise du cheval de 1894 est une source d’inspiration. Il est souvent vrai que la nécessité est mère d’invention – et que la solution est bien plus inattendue qu’on pourrait l’imaginer.

Si nous appliquons cette histoire à notre situation actuelle par rapport à la santé connectée, il est tout à fait naturel de se demander pourquoi la mettre en œuvre maintenant? La réponse est plus simple qu’elle ne le paraît.

Du décodage du génome humain à l’arrivée de nouvelles inventions numériques en passant par la numérisation de presque tout dans nos vies quotidiennes, les soins de santé risquent de passer à côté de cette révolution si ne faisons pas le saut dans le monde numérique. Ce serait un sort bien plus effrayant que si nous nous en remettons simplement au destin.

L’espérance de vie s’allonge et les problèmes de santé sont plus complexes, mais la technologie pour traiter et soigner nos usagers de soins de santé n’a pas progressé au même rythme pour pouvoir relever ces défis de taille. Si une solution n’est pas trouvée, nous risquons de revivre le problème du fumier du début du siècle!

Alors, je demande à ceux et celles qui craignent les changements nécessaires qui nous attendent, si pas maintenant, quand?

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