Aller au-delà des cultures pour découvrir les pratiques locales de soins infirmiers

Maimo soins infirm
Dahlia Dumpa Villariez, infirmière-chef, Équipe des Soins infirmiers au Centre gériatrique Donald Berman Maimonides, fait visiter l’établissement de soins de longue durée à un petit groupe d’étudiantes japonaises en soins infirmiers pour leur présenter les résidents et les pratiques de soins de longue durée.

Des étudiantes japonaises élargissent leurs perspectives lors d’une visite au Centre gériatrique Donald Berman Maimonides

Même dans une ère de communications numériques instantanées, une visite en personne est essentielle pour acquérir une réelle connaissance des innovations et des pratiques d’une culture étrangère dans le domaine des soins de santé. C’est la raison pour laquelle, au printemps, un groupe d’étudiantes japonaises en soins infirmiers se sont rendues à l’autre bout du monde pour voir de première main comment les soins sont prodigués dans certains établissements notoires de Montréal, y compris le Centre gériatrique Donald Berman Maimonides.

Découvrir les technologies de pointe et les programmes novateurs du domaine de la santé et des services sociaux constitue seulement une partie de l’équation. Les sensibilités culturelles et les communications efficaces jouent également un rôle central dans la santé, le bien-être et la satisfaction de nos usagers.

Reconnaissant qu’il y a beaucoup à apprendre des cultures des régions éloignées du monde et à partager avec ces dernières, l’Unité de langue et de communication interculturelle (LICU) de l’École d’études permanentes de l’université McGill (Language and Intercultural Communication Unit (LICU) of the McGill School of Continuing Studies) accueille des étudiants de l’université internationale St. Luke, de Tokyo, au Japon, ainsi que des participants d’autres universités partenaires.  

Pour la cinquième année consécutive, la LICU invite des étudiants de premier et de deuxième cycles, ainsi que des infirmières et infirmiers pratiquant dans des centres de soins de santé affiliés, qui poursuivent des études de spécialisation dans leur pays natal, qu’il s’agisse de soins infirmiers, d’unité des soins intensifs, de pratique de sage-femme ou de soins en santé mentale. C’est la raison pour laquelle la tournée de cette année à Montréal visait plusieurs volets et établissements, y compris des hôpitaux et des installations communautaires ainsi que des programmes de soins à domicile.

Les étudiants ont abandonné les salles de cours et les manuels théoriques pour côtoyer des usagers des soins de santé et interagir avec ces derniers en milieux cliniques. Ils ont ainsi acquis une connaissance plus approfondie des soins centrés sur le patient par le biais des services offerts d’un bout à l’autre de la trajectoire de vie, des soins prénataux aux soins de fin de vie.   

« En préparation de la visite au Centre gériatrique Donald Berman Maimonides, nous expliquons aux étudiants en soins infirmiers les différents types de résidents, de personnel de soins de santé et de services offerts dans un tel établissement», explique Effie Dracopoulos, directrice adjointe de l’Unité de langue et communication interculturelle. « Nous présentons les soins gériatriques par le biais de manuels de cours, de conférences données par le personnel infirmier et les éducateurs en soins de santé. Les participants sont ensuite invités à prendre part à une discussion en groupe portant sur leurs connaissances des soins aux personnes âgées, et plus particulièrement sur la comparaison entre les démarches japonaises et canadiennes.»

Une inspiration à réinventer les soins gériatriques

Les discussions franches au sujet des soins gériatriques et des traditions entourant le décès sont des sujets difficiles à aborder pour les Japonais, remarque Mme Dracopoulos. Roz Friend, coordinatrice, Formation et perfectionnement, Services de bénévolats au Centre gériatrique Donald Berman Maimonides était sur place pour accueillir les participants et les encourager à parler de leurs expériences et de leurs attentes.

Infirmieres Japon
Roz Friend, coordinatrice, Formation et perfectionnement, Services de bénévolats au Centre gériatrique Donald Berman Maimonides, rencontre les d’étudiantes japonaises en soins infirmiers avant leur tournée de l’établissement de soins de longue durée. Madame Friend a animé un dialogue sur les soins de santé gériatriques, et a expliqué aux participants comment différentes traditions culturelles sont respectées au sein de l’établissement juif.

« Roz sait vraiment comment inciter les participants à s’exprimer et elle les écoute comme si elle voulait réellement entendre leurs réponses », ajoute Ioana Nicolae, coordinatrice du programme LICU qui accompagne le groupe chaque année. « Nous savons qu’il peut être difficile pour les étudiants de parler ouvertement de leur point de vue; mais, par la suite, ils nous disent souvent que cet échange facilite les questions et le partage des connaissances. Dans l’autobus, pendant le trajet de retour à l’université McGill, ils parlent souvent de leur dynamique avec les membres plus âgés de leur famille, et s’interrogent si la manière dont ils interagissent pouvait être influencée par leur culture ».

Les participants sont particulièrement intrigués par la vocation double d’un établissement de soins de longue durée, soit milieu de vie des résidents et établissement de soins de santé très spécialisé. « La visite à une résidence juive comme le Centre gériatrique Donald Berman Maimonides illustre réellement comment une culture peut être intimement liée aux rituels quotidiens des résidents, des habitudes alimentaires, aux activités récréatives, en passant par la spiritualité », explique Madame Friend. « Nous parlons aussi de la manière dont chacun de ces aspects est lié au vieillissement et à la mort. Il est important de contribuer à cette sensibilisation. Dans le cadre de la pratique de soins infirmiers, elle permet de saisir des occasions de venir en aide aux patients et à leur famille et de mieux comprendre les besoins et les traditions culturelles. »

Pendant leur visite de deux semaines à Montréal, au mois de mars, les étudiants sont entraînés dans un tourbillon d’activité, explique Mme Nicolae, parce que ce séjour coïncide avec la fin de l’année scolaire dans leur pays. Les cerisiers sont en fleurs au Japon, mais à Montréal le temps est souvent gris et triste. « Toutefois, l’énergie est palpable dès le pas de la porte du Centre gériatrique Donald Berman Maimonides », dit-elle. « Je crois qu’ils ne s’attendent vraiment pas à ce qu’une telle atmosphère règne dans un établissement de soins de longue durée. Ils sont stupéfaits quand un patient ou un membre du personnel les salue ou leur dit un mot en japonais ou mentionne un endroit au Japon. C’est un endroit dynamique et les participants se sente à l’aise de le découvrir ».

Étudiants sans frontières

Pour permettre aux les étudiants de découvrir un autre aspect des soins de fin de vie au sein d’un établissement juif de soins de santé, Ida Caputo, adjointe administrative et coordinatrice d’événements spéciaux au Centre gériatrique Donald Berman Maimonides, a organisé une visite à l’Unité des soins palliatifs de l’Hôpital Mont-Sinaï. Auparavant, un atelier sur les soins palliatifs, les cours des spécialistes en soins infirmiers de l’université McGill sur les piliers de McGill et les pratiques locales en matière soins infirmiers, comme les soins centrés sur le patient avaient permis aux étudiants d’acquérir certaines connaissances théoriques à ce sujet. « Il s’agit d’une superbe expérience d’apprentissage, parce que la plupart de participants n’ont pas encore passé de temps au chevet des patients », de dire Mme Nicolae. Au Japon, le programme de soins infirmiers aborde d’abord la théorie avant de passer à l’expérience clinique.   

Les visites au Centre gériatrique Donald Berman Maimonides et à l’Hôpital Mont-Sinaï mettent les étudiants en contact avec les traditions culturelles juives. « À Montréal, nous prenons pour acquis que les étudiants en soins infirmiers possèdent déjà une certaine expérience culturelle, soit personnellement ou acquise dans le cadre de pratique clinique. Ce n’est pas le cas au Japon. Nous leur parlons du rôle et des attentes en matière de compétences culturelles, conformément à la description du programme des soins infirmiers de l’université McGill et de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Canada. Les étudiants reconnaissent l’importance d’une sensibilisation et d’une ouverture accrue à la culture, mais, selon moi, les cours et les exemples théoriques ne suffisent pas. C’est la raison pour laquelle l’expérience acquise à l’étranger est irremplaçable », dit-elle en parlant du programme, qui était coordonné auparavant en collaboration avec Mme Caputo.

La découverte d’occasions de perfectionnement professionnel

Les étudiants en soins infirmiers sont également avides de découvrir la structure d’une équipe de soins de santé ainsi que les occasions et les rôles disponibles dans ce champ d’activités.

« Roz a joué un rôle important pour expliquer les conditions de travail locales et décrire les activités quotidiennes des membres du personnel », dit Mme Nicolae. « Par exemple, les participants sont curieux de savoir comment les membres du personnel infirmier interagissent entre eux et avec les patients, et de connaître les directives qu’ils reçoivent. Ils aiment aussi avoir plus d’information sur les occasions de perfectionnement professionnel, comme la formation spécialisée suivie par le personnel infirmier pour continuer à combler les besoins des usagers. Bien sûr, ils veulent aussi en savoir plus sur l’équilibre vie-travail, soit combien de nuits et combien d’heures consécutives sont travaillées par les infirmières et infirmiers. Ces connaissances les motivent souvent à exprimer leur opinion à titre de professionnels de la santé ».

 

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