À toute l’équipe de la Maison de naissance Côte-des-Neiges

Letter

J’ai besoin de vous écrire pour vous témoigner ma gratitude. J’ai besoin de vous dire à quel point ce que vous faites est important.

J’ai rarement, dans ma vie, été reçue avec autant d’écoute et de bienveillance. Le suivi prénatal, le temps accordé à chaque rendez-vous, la simple question « Comment vas-tu? » et l’écoute qui l’accompagne… Je sais déjà que ça va me manquer.

Tout est dans la posture que vous adoptez et le postulat que c’est moi qui sais ce qui est bon pour moi. Je ne vous cache pas que c’est déroutant, surtout arrivant de la sphère médicale-gynécologique. Sans parler du rapport au corps… La première fois qu’une sage-femme m’a demandé « Est-ce que je peux toucher ton ventre? », j’ai failli éclater de rire, tellement ça me semblait incongru. Une seconde plus tard, un vertige m’a prise, en réalisant que, de toute ma vie, on ne m’avait jamais posé cette question. Et qu’on aurait dû, évidemment ; ça tombe sous le sens. À ce moment, quelque chose s’est replacé à l’intérieur de moi. Quelque chose de juste.

25 ans de « soins » gynécologiques remis en perspective. 40 ans de vie de femme, dans un corps de femme, passive une grande partie du temps, dans le déni, avant d’avoir le courage de la reconquête de ce corps.

Dans cette reconquête, il y a désormais un avant et un après l’accouchement. Vous avez permis cela, par votre accompagnement. Vous avez rendu possible cette expérience initiatique, laissé l’espace à ma puissance. C’est tellement précieux que les mots me manquent pour le dire. Je n’avais jamais connecté à ce point avec ma puissance de femme. Ça ne pouvait passer que par le corps. Sur le chemin de la reconquête, c’est une pierre angulaire. Merci pour ce cadeau immense.

En tant que famille, nous nous sommes sentis respectés, choyés. Les aides natales aux petits soins, attentives et professionnelles, nous ont permis de vivre en douceur les premières heures.

Enfin, la disponibilité des sages-femmes en post-natal est infiniment précieuse également. L’écoute et la bienveillance sont toujours au rendez-vous, quels que soient notre état, nos petites et grandes inquiétudes, l’heure du jour ou de la nuit.

Je veux vous dire, par cette lettre, que vous faites du bien à l’humanité. Vous faites tourner le monde plus rond. Je sais que votre statut n’est pas la hauteur de cela, qu’il faut se battre pour ça. Vous avez sûrement d’autant plus besoin d’entendre que dans notre société qui marche souvent sur la tête, avec ses médias qui véhiculent du négatif, ses réseaux sociaux qui nous tirent vers le désincarné, vous veillez, ancrées dans la vraie vie de chair et de coeur. Vous nourrissez cette vie.

Vous êtes précieuses.

Comme le dit la chanson, « Une chance qu’on vous a ».

Je porterai longtemps avec moi mon passage à la Maison de naissance.

Avec la reconnaissance de toute la famille,

Caroline, Maxime, Hugo et Thomas, né le 1er avril.

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