50 ans de soins aux enfants et de soutien à leurs familles

À l’heure du lunch au Centre de développement de l’enfance et de la santé mentale de l’HGJ, Monica Arnaldi, éducatrice (à gauche), et Mia Grillakis, infirmière clinicienne, engagent leurs élèves à parler d’une histoire qu’ils viennent de lire ensemble.
À l’heure du lunch au Centre de développement de l’enfance et de la santé mentale de l’HGJ, Monica Arnaldi, éducatrice (à gauche), et Mia Grillakis, infirmière clinicienne, engagent leurs élèves à parler d’une histoire qu’ils viennent de lire ensemble.

Cet automne marque le 50e anniversaire de la Division de pédopsychiatrie de l’Hôpital général juif, une occasion de revenir sur ses premières années et de célébrer ses nombreux succès.

Si les différences entre les premiers temps et les temps modernes sont considérables —  les enfants étant maintenant traités dans le pavillon Ruth et Saul Kaplan, plus spacieux et lumineux —  les fondamentaux des programmes n’ont pas changé. En effet, ils restent ancrés sur une démarche novatrice —  une stratégie de traitement engageant non seulement l’enfant, mais la collaboration entre parents, enseignants, thérapeutes, personnel infirmier et autres professionnels de la santé.

« Nous ne sommes pas une école mais un établissement de traitement, de dire la Dre Jaswant Guzder, ancienne directrice du Centre qui a pris sa retraite cet été après une carrière de plus de 40 ans au sein de l’HGJ. Nous guidons les enfants et leurs familles afin de leur donner la force d’évoluer dans une école normale. C’est cela l’objectif du traitement prôné ici. »

« C’est pourquoi il est si important pour les 56 enfants du Centre — dont la moitié est âgée de moins de 7 ans et l’autre, de 8 à 12 ans — de fréquenter leur école normale une journée par semaine, explique la Dre Guzder. Il est donc essentiel de maintenir des liens étroits entre le personnel du Centre et les enseignants des enfants. »

« Le nouvel édifice, inauguré en 2010, aide aussi à atténuer le stigmate associé au fait de fréquenter un hôpital ou un centre de pédopsychiatrie, ajoute la Dre Paola Habib, nommée directrice du Service de pédopsychiatrie cet été. Les patients et leurs familles sont rassurés et agréablement surpris du cadre. »

Dre Paola Habib, directrice du Service de pédopsychiatrie de l’HGJ
Dre Paola Habib, directrice du Service de pédopsychiatrie de l’HGJ

Ce qui a particulièrement impressionné la Dre Habib lorsqu’elle s’est jointe à l’HGJ en 2014, « c’est la démarche axée sur la culture, qui met fortement l’accent sur la thérapie familiale et une approche multidisciplinaire plutôt que sur la médication seulement ».

Lancée en 1967, la Division de pédopsychiatrie avait comme premier directeur le Dr Ronald Feldman. Située au 4e étage de la nouvelle aile nord-est de l’Hôpital, la Division est entrée dans l’histoire lorsqu’elle a établi la première unité pédopsychiatrique interne dans un hôpital général canadien.

Malgré cette percée, le Dr Feldman s’est par la suite vu obligé de fermer cette unité pour optimiser les fonds, le personnel et les ressources connexes. « Ce changement, dit-il, nous a permis de prodiguer des soins à plus du double de jeunes patients tout en répondant aux besoins des enfants nécessitant plus d’attention, surtout ceux souffrant de troubles autistiques. »

« Beaucoup a été accompli malgré le sous-financement chronique et les installations à peine suffisantes qui nous avons vécus pendant de nombreuses années », explique Rosemary Short, qui s’est jointe à l’HGJ en 1983 et a occupé le poste d’infirmière-chef du Service de pédopsychiatrie de 1990 jusqu’à sa retraite, en juillet dernier.

La grande difficulté était le fait de devoir disperser les divers éléments de pédopsychiatrie un peu partout dans l’HGJ et dans deux écoles externes. Les traitements étaient en grande partie assurés au 4e étage du pavillon A de l’HGJ, dont les salles étroites avaient auparavant servi à l’École des soins infirmiers de l’HGJ.

« Les professionnels n’avaient même pas leur propre bureau, se souvient Mme Short. Quatre ou cinq personnes devaient partager le même espace de travail, après moult négociations. Par exemple, ils devaient décider quand leurs collègues verraient une famille et s’ils pourraient malgré tout faire leurs appels téléphoniques. La question revenait sans cesse : ‘Comment vais-je pouvoir faire mon travail? Je n’ai nulle part où m’asseoir’. »

Conscientes qu’il était grand temps de doter le Service de pédopsychiatrie d’un « foyer » distinct, la Dre Guzder et Mme Short élaborèrent en 2005 une proposition qui mena éventuellement à la construction du pavillon Ruth et Saul Kaplan.

Inauguré en 2010, le nouvel édifice offre un cadre non seulement plus propice aux traitements, mais il permet également de centraliser tous les éléments du programme.

« C’est ce que je considère comme mon legs le plus important — réunir tous les éléments du Service sous un seul toit, de dire la Dre Guzder. Il cimente la fusion de nos services de recherche et de notre modèle de thérapie familiale, qui est à mon avis d’un des meilleurs au pays. »

« Nous voyons le fruit de nos efforts, souligne Mme Short, et avons réalisé tous les objectifs que nous nous étions fixés — et plus encore. »

 

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